Discussions intensives sur les conséquences des bouleversements actuels

Séminaire gouvernemental à Meseberg Discussions intensives sur les conséquences des bouleversements actuels

Le séminaire gouvernemental au château de Meseberg vient de se terminer. Les conséquences de la guerre en Ukraine et du changement climatique sur le modèle économique allemand étaient au centre des échanges. Le chancelier Olaf Scholz a souligné la qualité du climat de discussion. Selon lui, les membres du conseil des ministres fédéral sont « très proches sur le plan humain ».

Sur la photo, le chancelier fédéral Olaf Scholz, le ministre fédéral de l’Économie Robert Habeck et le ministre fédéral des Finances Christian Lindner derrière des micros avec, en fond, le château de Meseberg

Le chancelier fédéral Olaf Scholz s’est exprimé sur le séminaire gouvernemental aux côtés du ministre fédéral de l’Économie Robert Habeck et du ministre fédéral des Finances Christian Lindner

Foto: Gouvernement fédéral/Denzel

Le chancelier fédéral Olaf Scholz a tiré un bilan positif du séminaire gouvernemental qui s’est tenu pendant deux jours au château de Meseberg. À ses yeux, cette réunion de travail était une réussite. Les échanges ont porté sur des questions « en lien avec les bouleversements actuels et la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine ».

En ouverture du séminaire, les ministres ont discuté en particulier des répercussions de la guerre en Ukraine sur la politique de sécurité européenne. La première ministre suédoise Magdalena Andersson et son homologue finlandaise Sanna Marin étaient présentes en tant qu’invitées. Comme l’a expliqué Olaf Scholz, l’Allemagne suit avec intérêt les débats actuellement menés en Suède et en Finlande sur une éventuelle adhésion à l’OTAN. Si elles font ce choix, « elles pourront compter sur notre soutien », a indiqué le chancelier fédéral, précisant également que les deux pays pouvaient toujours s’appuyer sur l’Allemagne indépendamment de cette question.

La nécessité d’une Europe forte et souveraine

Le chancelier Olaf Scholz a réaffirmé la nécessité d’une plus grande cohésion en Europe : « nous avons besoin d’une Europe forte et souveraine », a-t-il déclaré. Selon lui, l’alliance transatlantique et la coopération au sein de l’OTAN ont acquis « une toute nouvelle importance pour notre sécurité ». L’Allemagne veut tout faire pour que « cette sécurité puisse être obtenue ensemble ». Pour cela, elle coopère étroitement avec ses partenaires, mais a aussi créé un fonds spécial pour la Bundeswehr et a l’intention de consacrer 2 % de son PIB à la défense.

Le chancelier fédéral Olaf Scholz, la première ministre finlandaise Sanna Marin et la première ministre suédoise Magdalena Andersson

Le premier jour de la rencontre, la première ministre finlandaise Sanna Marin (g.) et son homologue suédoise Magdalena Andersson (d.) avaient été conviées à l’événement

Foto: Gouvernement fédéral/Denzel

Vladimir Poutine « s’est complètement trompé »

Pour Olaf Scholz, le président russe Vladimir Poutine s’est complètement trompé en lançant une brutale guerre d’agression contre l’Ukraine. Ce qu’il obtient, c’est un « renforcement de l’OTAN et de l’organisation de la sécurité également dans les pays de l’est appartenant à l’OTAN », ainsi qu’une « Union européenne soudée et de nombreux pays agissant de concert dans le monde ». Les sanctions prises compromettront en outre considérablement les possibilités de développement économique de la Russie.

Les autres conséquences de la guerre en Ukraine figuraient également au programme du séminaire de Meseberg, en particulier l’accueil des réfugiés en provenance d’Ukraine. La question de l’avenir des personnes qui souhaitent s’installer à long terme en Allemagne a aussi été abordée. Il faut qu’elles aient « de bonnes perspectives » – pour elles, pour leurs enfants ainsi que pour leur intégration professionnelle, a déclaré le chancelier.

L’Allemagne veut rester un pays à l’économie fortement interconnectée

La guerre en Ukraine, les changements de paradigme de la mondialisation ainsi que la transformation de l’économie allemande auront des conséquences économiques à l’échelle internationale, « que nous devons comprendre en tant que pays », a expliqué le chancelier fédéral. L’Allemagne est l’un des pays les plus interconnectés au monde sur le plan économique, « et nous voulons le rester, en maintenant notre forte orientation sur la production industrielle ».

Le vice-chancelier et ministre de l’Économie Robert Habeck et la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock lors du séminaire gouvernemental

Tous les ministres fédéraux prennent part au séminaire gouvernemental : ici, le vice-chancelier et ministre de l’Économie Robert Habeck et la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock

Foto: Gouvernement fédéral/Denzel

Les défis que pose cette situation étaient au cœur des débats du mardi après-midi. Michael Hüther, directeur de l’Institut de l’économie allemande, et Sebastian Dullien, directeur de l’Institut de macroéconomie et de recherche conjoncturelle, ont pour cela été invités à Meseberg. Dans la soirée, le ministre fédéral de l’Économie et vice-chancelier Robert Habeck ainsi que le ministre fédéral des Finances Christian Lindner se sont exprimés sur le contenu des échanges. Le chancelier fédéral Olaf Scholz a fait savoir que tous les membres du conseil des ministres fédéral avaient jugé les discussions « enrichissantes », et les voyaient comme « une base de référence pour les nombreuses questions que nous avons à régler au quotidien ».

Une réunion du conseil des ministres fédéral aussi marquée par la guerre en Ukraine

Le conseil des ministres fédéral régulier qui a suivi mercredi a aussi été marqué par les questions que soulèvent la guerre en Ukraine et ses conséquences, a indiqué Olaf Scholz. Les discussions ont porté, entre autres, sur la question des travailleurs qualifiés arrivant aujourd’hui également de Russie. La crise alimentaire mondiale provoquée par la guerre a aussi été évoquée. L’Allemagne ne veut pas laisser seuls les pays dont la sécurité alimentaire est menacée, a souligné le chancelier.

Bientôt, le conseil adoptera également des projets de loi ayant pour objectif l’indépendance des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie, tels que la loi sur l’accélération de l’approvisionnement en GNL. Une loi sur l’application des sanctions devrait par ailleurs être finalisée sous peu afin de cibler les bénéficiaires du régime de Poutine.

Pour Olaf Scholz, tous ces sujets sont étroitement liés. C’est justement pour cela qu’il était important que « nous les examinions en profondeur en tant que gouvernement », a-t-il ajouté.

Michael Hüther, directeur de l’Institut de l’économie allemande, et Sebastian Dullien, directeur de l’Institut de macroéconomie et de recherche conjoncturelle, à la table de réunion du séminaire de Meseberg

L’après-midi, le conseil des ministres fédéral avait invité Michael Hüther (2e à partir de la droite), directeur de l’Institut de l’économie allemande, et Sebastian Dullien (d.), directeur de l’Institut de macroéconomie et de recherche conjoncturelle

Foto: Gouvernement fédéral/Denzel

Une coalition qui se distingue par la qualité de sa coopération

Les membres du conseil des ministres fédéral sont « très proches sur le plan humain », a souligné le chancelier. La coalition actuelle se distingue par la qualité de la coopération en son sein. Le séminaire gouvernemental a contribué une fois de plus « à faire avancer collectivement et de manière solidaire le travail ardu mais nécessaire que nous avons à accomplir en cette période difficile », a-t-il indiqué.

Le ministre fédéral de l’Économie et de la Protection du Climat Robert Habeck a partagé ce constat. Selon lui, les derniers mois ont été « une période d’extrême concentration », avec une prise de conscience profonde « que nous vivons un moment historique et que nous devons le surmonter en tant que gouvernement, en tant que pays et au sein de l’Europe ». Le séminaire gouvernemental a permis de prendre un peu plus de temps pour « poser des questions, réfléchir et embrasser à nouveau du regard ce qui se profile à l’horizon ».

Une ambiance concentrée mais parfois aussi détendue

Le ministre fédéral des Finances Christian Lindner a lui aussi mis en avant les difficiles questions abordées par le conseil des ministres fédéral lors du séminaire gouvernemental, dans « une ambiance concentrée mais parfois aussi détendue ». De temps à autre, des rires ont ainsi pu éclater, ce qui fait partie intégrante des périodes difficiles et témoigne de « la manière très collaborative dont nous abordons les choses ».

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