« L’Europe unie aux côtés du peuple ukrainien »

Déclaration gouvernementale avant la semaine de sommets « L’Europe unie aux côtés du peuple ukrainien »

Dans les jours à venir, trois grands rendez-vous diplomatiques sont inscrits au programme du chancelier fédéral : le Conseil européen à Bruxelles, le sommet du G7 à Elmau et le sommet de l’OTAN à Madrid. Tous traiteront en priorité de la guerre en Ukraine. Dans l’enceinte du Bundestag, Olaf Scholz a évoqué les objectifs de son gouvernement et déclaré que l’Allemagne prenait ses responsabilités.

Le chancelier fédéral Olaf Scholz le 22 juin 2022 pendant sa déclaration gouvernementale devant le Bundestag allemand

La nouvelle ère engage « notre pays, l’Europe et la communauté internationale » à agir, affirme Olaf Scholz devant le Bundestag.

Foto: Gouvernement fédéral/Kugler

« La sécurité est la promesse la plus élémentaire qu’un État doive tenir envers ses citoyennes et ses citoyens. Cette promesse, nous l’avons renouvelée. » C’est ce qu’a déclaré le chancelier fédéral Olaf Scholz en ouverture de sa déclaration gouvernementale devant le Bundestag allemand. Il a détaillé à cette occasion les objectifs de son gouvernement pour les sommets prévus tout prochainement, à savoir le Conseil européen de Bruxelles, puis le G7, qui réunit les chefs d’État et de gouvernement au château d’Elmau, et le sommet de l’OTAN à Madrid.

Le Fonds spécial pour la Bundeswehr constitue « le fondement d’une nouvelle architecture de sécurité pour notre pays », a estimé Olaf Scholz. L’Allemagne prend des responsabilités, pour elle-même et pour ses alliés, a-t-il ajouté, précisant que les partenaires de l’OTAN en Europe orientale peuvent, eux aussi, compter sur l’Allemagne. Il s’est montré confiant que la Suède et la Finlande seront sous peu membres de l’OTAN, leur entrée dans l’Alliance atlantique signifiant à ses yeux un « plus en termes de sécurité » pour l’OTAN et pour l’Europe entière.

L’OTAN, un message de cohésion et de détermination

Du sommet de l’OTAN émanera un message de cohésion et de détermination, Olaf Scholz en est convaincu. Un nouveau concept stratégique permettra à l’alliance de défense de se préparer à faire face aux défis du futur. Selon M. Scholz, un partenariat avec la Russie est inconcevable dans un avenir prévisible. Il a rappelé qu’il fallait néanmoins respecter l’Acte fondateur OTAN-Russie et que « nous devrions rappeler sans cesse au président Vladimir Poutine » les engagements qui y sont pris en matière de non-recours à la force, de respect mutuel des frontières et de souveraineté des États indépendants.

Soutien à l’Ukraine

Olaf Scholz a également évoqué son récent déplacement à Kiev. Des villes comme Irpin et Boutcha sont des lieux d’horreur, a-t-il déclaré. Néanmoins, Irpin et les autres villes qui ont été libérées donnent de l’espoir. À ses yeux, l’objectif reste de repousser les assaillants russes avec des forces unies.

Le chancelier allemand a assuré au président Volodymyr Zelensky que « nous continuerons à soutenir massivement l’Ukraine, tant sur les plans financier, économique, humanitaire et politique qu’en livrant des armes, et ce, tant que l’Ukraine aura besoin de notre appui ». L’Europe est solidaire du peuple ukrainien, a-t-il affirmé.

L’Ukraine reçoit les armes dont elle a le plus besoin, a poursuivi Olaf Scholz. « Nous les lui livrons aujourd’hui et nous le ferons à l’avenir. » Les obusiers blindés au maniement desquels nous avons entraîné de manière intensive des soldats ukrainiens ces dernières semaines sont entre-temps arrivés sur place en Ukraine.

Un « plan Marshall » pour l’Ukraine

La reconstruction de l’Ukraine est également une tâche pour plusieurs générations. Ces 100 derniers jours, l’Union européenne a mobilisé plusieurs milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine. Depuis le début de la guerre, l’Allemagne a, elle aussi, déjà consacré environ un milliard d’euros pour venir en aide à la population civile. Néanmoins, il est vrai que la reconstruction demande « de nombreux autres milliards d’euros et de dollars ». Or cela n’est faisable qu’en unissant nos forces, organisations internationales et pays donateurs. Au cours du sommet du G7 au château d’Elmau seront évoquées avec le président Zelensky les modalités possibles d’un « plan Marshall pour l’Ukraine ».

Sommet du G7 sur des questions mondiales

Les membres du G7 enverront des messages clairs pour un renforcement de la lutte contre le changement climatique, une coopération internationale accrue et une plus grande solidarité à l’échelle mondiale, a annoncé le chancelier, précisant que l’Allemagne avait lancé avec la Banque mondiale « l’Alliance pour la sécurité alimentaire mondiale ». Le G7 se propose de discuter du rôle des démocraties dans la défense de sociétés ouvertes et résilientes ainsi que dans la mise en œuvre des droits de l’homme. Olaf Scholz a par ailleurs renouvelé sa proposition d’un club climatique ouvert et coopératif. Il estime que les pays doivent être récompensés pour une gouvernance favorable au climat et protégés contre les désavantages en matière de concurrence.

« L’Ukraine fait partie de la famille européenne »

Concernant le Conseil européen, Olaf Scholz a annoncé vouloir « s’engager pleinement pour que toute l’Union européenne dise « oui » au statut de pays candidat de l’Ukraine », ajoutant qu’il en était de même pour la République de Moldova. Cette décision représente aux yeux du chancelier fédéral « la réponse stratégique de l’Europe à la nouvelle ère ». La Commission européenne a donné des recommandations allant dans ce sens. L’Allemagne souhaite aussi continuer à soutenir la perspective européenne de la Géorgie.

Il n’empêche que l’UE doit se préparer si elle veut accueillir de nouveaux membres. « Cela veut dire que nous devons réformer nos structures et procédures internes », a déclaré M. Scholz. Il a notamment appelé à prendre désormais des décisions à la majorité qualifiée dans le domaine de la politique extérieure.

Adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’UE

Le chancelier a également réaffirmé que « nous voulons accueillir les Balkans occidentaux dans l’UE et avons besoin d’eux ». Il a dit avoir envoyé ce message lors de son déplacement dans la région et souligné que le sommet UE-Balkans occidentaux devait également être porteur du même message. Cela fait près de 20 ans que l’Union européenne a donné à ces pays une perspective d’adhésion. M. Scholz a déclaré être intervenu à différents niveaux pour que soit donné le feu vert aux négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord. Il a annoncé vouloir faire de même à Bruxelles car « l’Allemagne se tient aux côtés des Balkans occidentaux », et ce, pour une bonne raison puisque « des Balkans occidentaux européens stables et prospères sont dans notre intérêt à tous ».

Pour finir, le chancelier Olaf Scholz a insisté sur le fait que la nouvelle ère n’a « jamais été uniquement un constat ». Selon lui, elle engage au contraire « notre pays, l’Europe et la communauté internationale » à agir. Or, conclut-il, l’Allemagne joue ici un rôle central et l’on attend aussi beaucoup d’elle, « et cette responsabilité, nous l’assumons ».