Le changement climatique est « le défi central de notre époque »

La chancelière aux 50 ans de Greenpeace Le changement climatique est « le défi central de notre époque »

L’organisation de protection de l’environnement Greenpeace a fêté ses 50 ans d’existence. La chancelière fédérale Angela Merkel a exprimé ses félicitations à l’Ozeaneum de Stralsund où elle s’était rendue pour l’occasion. Le travail de l’organisation a contribué « à l’objectif de relever un, sinon le défi central de notre époque : le changement climatique », selon Mme Merkel.

L’image montre Angela Merkel au pupitre devant un mur bleu. On peut lire sur le pupitre « Hope in Action, Greenpeace »

Angela Merkel à Stralsund : la cérémonie a eu lieu au musée océanographique Ozeaneum sur les bords de la mer Baltique

Foto: Bundesregierung/Köhler

« Tenace et combative, convaincue et persuasive, cette organisation environnementale montre depuis 50 ans la vulnérabilité des milieux marins, de l’atmosphère et de la nature ainsi que leur importance pour nous, êtres humains », a déclaré Angela Merkel dans son discours pour la cérémonie organisée à l’occasion du 50e anniversaire de l’organisation, ajoutant que sans l’action de Greenpeace, beaucoup de choses n’auraient pas été mises en route.

L’histoire de l’organisation de protection de l’environnement est intrinsèquement liée à la protection des océans. La chancelière a rappelé les premières manifestations de l’organisation en 1971 contre les essais atomiques américains au large de l’Alaska et ses actions de protection des baleines. Lors de la fondation de Greenpeace Allemagne en 1980, la protection des mers était également en première ligne, avec la manifestation contre le déversement de déchets acides en mer du Nord.

Contribution à la conscience environnementale

« La liste est longue des actions de Greenpeace visant à attirer l’attention publique mondiale sur les dysfonctionnements écologiques et humanitaires. Greenpeace ne s’est ainsi pas fait que des amis, comme n’ont cessé de le prouver les entraves et les poursuites contre des militants dans de nombreux pays du monde », a souligné Mme Merkel.

Selon la chancelière, ce qui a été atteint montre « que l’engagement de la société civile porte ses fruits ». Elle a cependant évoqué également l’« action ratée en parapente » qui a eu lieu pendant l’Euro de football en juin de cette année, insistant sur l’importance des regrets exprimés ensuite par l’organisation à ce sujet.

Le changement climatique, une tâche nationale, européenne et mondiale

Le travail de Greenpeace contribue selon Angela Merkel « à l’objectif de relever un, sinon le défi central de notre époque : le changement climatique ». « Il faut endiguer le changement climatique afin que la Terre puisse demeurer un endroit où il fait bon vivre pour nos enfants et petits-enfants. C’est là une tâche nationale, européenne, mondiale. Elle exige un changement de mentalité radical vers davantage de durabilité dans notre mode de vie, de travail et de gestion. Que ce soit chez nous ou dans le monde entier. »

Une telle transformation, selon la chancelière, va de pair avec des dépenses et des coûts. Les conséquences du changement climatique seront encore plus dramatiques et encore moins maîtrisables « si nous agissons trop peu ou encore plus tard que c’est déjà le cas actuellement. Elles nous coûteraient encore très nettement plus cher que des contre-mesures précoces. Plus cher sur un plan financier, et plus cher aussi sur le plan des pertes d’espaces naturels et d’habitats. » Mme Merkel a cité pour exemples les coûts de transformation de la sortie du charbon, atteignant 40 milliards d’euros, et le fonds d’aide après inondations d’un budget de 30 milliards d’euros.

Faire baisser les émissions de gaz à effet de serre – atteindre la neutralité climatique

Il a aussi été question d’équité intergénérationnelle lors de l’arrêt rendu en mars de cette année par la Cour constitutionnelle fédérale en matière de climat : celui-ci a notamment retenu que les efforts pour la protection du climat devaient être équitablement répartis entre les générations. « C’est aussi pour cela que le gouvernement fédéral a mis en œuvre cette décision au plus vite en ancrant des objectifs climatiques encore plus ambitieux dans la loi sur la protection du climat. En vertu de cette dernière, les émissions de GES devront être réduites d’au moins 65 % d’ici à 2030 et l’objectif de neutralité climatique être atteint dès 2045. »

L’UE a elle aussi présenté de vastes propositions législatives en vue d’atteindre la neutralité climatique. « Des délibérations intensives sont désormais prévues pour l’automne », selon la chancelière. La protection du climat ne peut en fin de compte réussir que mondialement et « sans action multilatérale, il n’en sortira que peu de choses, voire rien ».

Greenpeace est l’une des principales organisations de protection de l’environnement au monde. L’organisation dont le siège se trouve à Amsterdam compte, selon ses propres chiffres, près de trois millions d’adhérents dans le monde, et plus de 600 000 donateurs en Allemagne.

Dans les années 1980 et 1990, Greenpeace a fait les gros titres principalement en raison de ses actions spectaculaires et parfois risquées. Elle s’est fait connaître dans le monde entier par la lutte autour du sabordage de la plateforme de stockage « Brent Spar », mais aussi à travers son engagement pour des réfrigérateurs sans polluants. Les interventions du « Rainbow Warrior », l’un des bateaux de Greenpeace, dans la lutte contre le retraitement des déchets nucléaires, le massacre des bébés phoques, la chasse à la baleine et les essais atomiques de la France ont eu un retentissement international.