Évolution de la situation en Iran
Le message du gouvernement fédéral est clair : l’Iran doit s’asseoir à la table des négociations. L’Allemagne a un intérêt fondamental à la paix au Proche-Orient, y compris au regard de la situation économique. C’est ce qu’a souligné avec insistance le chancelier fédéral M. Merz.
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Le détroit d’Ormuz est un couloir maritime capital pour les exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Son blocage orchestré par l’Iran est l’un des principaux points de conflit.
Photo : Getty Images/Germán Vogel
« Le blocus iranien de cette voie maritime, le détroit d’Ormuz, nuit à notre économie », a déclaré le chancelier fédéral Friedrich Merz lors de la conférence de presse tenue à l’occasion de la visite à Berlin du premier ministre portugais Luís Montenegro.
Le gouvernement fédéral poursuit donc ses efforts afin de rétablir la liberté de navigation le plus rapidement possible. Si les conditions nécessaires sont réunies, a déclaré le chancelier, « l’Allemagne est prête à s’engager, y compris sur le plan militaire, afin de garantir durablement la liberté de navigation ». Dans ce contexte, un premier navire allemand est déjà en route vers la Méditerranée orientale, où il sera prépositionné.
Détroit d’Ormuz
Selon le chancelier fédéral, trois conditions doivent être réunies pour qu’une contribution allemande à la sécurisation du détroit d’Ormuz soit envisageable : « La guerre doit être terminée. Il doit exister une base juridique ainsi qu’un mandat du Bundestag. Enfin, il faut un concept global viable sur les plans politique et militaire pour permettre une telle démarche. »
L’Iran doit mettre un terme à son programme nucléaire
À l’occasion du Conseil européen à Chypre, le chancelier avait plaidé en faveur d’un renforcement des sanctions contre Téhéran si le détroit d’Ormuz devait rester bloqué : « L’Iran doit s’asseoir à la table des négociations. Il doit cesser de jouer la montre. » Le programme nucléaire militaire « doit être abandonné définitivement, et il ne doit plus y avoir de nouvelles attaques contre Israël et nos partenaires dans la région », a souligné le chancelier fédéral M. Merz.
Le chancelier fédéral condamne les attaques contre les Émirats arabes unis
« Les Émirats arabes unis ont de nouveau été la cible d’attaques iraniennes menées au moyen de drones et de missiles. Nous condamnons fermement ces attaques. Notre solidarité va aux habitants des Émirats arabes unis ainsi qu’à nos partenaires dans la région », a écrit le chancelier sur X. Téhéran doit cesser de prendre la région et le monde en otage. « Téhéran ne doit pas développer d’armes nucléaires. »
L’Allemagne engagée en faveur de la paix et de la sécurité
L’Allemagne reste engagée en faveur de la paix et de la sécurité dans la région. « Sur le plan diplomatique, nous constatons une première lueur d’espoir », a déclaré le chancelier fédéral Friedrich Merz en référence au cessez-le-feu convenu entre les États-Unis et l’Iran. Le gouvernement fédéral salue la médiation du Pakistan dans cet accord important. L’Allemagne est prête à assumer ses responsabilités et à veiller au maintien de la paix.
Mettre en œuvre un cessez-le-feu général
Négocier une fin durable du conflit ne sera possible que par la voie diplomatique. L’Allemagne soutient ces efforts au sujet desquels elle échange étroitement avec les États-Unis et d’autres partenaires.
Par ailleurs, dans une déclaration conjointe (en anglais uniquement) avec des partenaires européens et internationaux, la Commission européenne et le Conseil européen, l’Allemagne appelle « de manière pressante à des progrès rapides vers une solution négociée substantielle » – afin de protéger la population civile iranienne, de garantir la sécurité dans la région et d’éviter une crise énergétique majeure à l’échelle mondiale. « Nous appelons toutes les parties à mettre en œuvre le cessez-le-feu », peut-on lire dans la déclaration.
Le peuple iranien doit aussi pouvoir prendre son destin en main
Pendant des années et des décennies, le régime iranien a mené des actions terroristes dans le monde et déstabilisé la région. C’est ce qu’a clairement indiqué le chancelier fédéral Friedrich Merz dans sa déclaration gouvernementale du 18 mars dernier. « Ce régime est responsable de la crise que traverse actuellement la région », a-t-il affirmé.
L’Allemagne, Israël et les États-Unis partagent l’objectif d’empêcher l’Iran d’être encore une menace à l’avenir, pour Israël comme pour les États voisins dans la région. Le chancelier souhaite au peuple iranien « qu’il ait aussi la possibilité et le droit de prendre son destin en main et qu’il puisse par ailleurs se doter d’un gouvernement légitimement élu dans le cadre d’un vote démocratique ».
Le gouvernement fédéral veut un partenariat transatlantique
Dans sa déclaration gouvernementale, le chancelier fédéral a par ailleurs souligné qu’il ne voulait pas que cette guerre devienne un fardeau pour le partenariat transatlantique. Nous voulons ce partenariat et nous en avons besoin. » Le gouvernement fédéral échange avec Washington, à tous les niveaux. « Nous sommes en quête de points de consensus transatlantiques. »
Le chancelier fédéral Friedrich Merz a été parfaitement clair sur le sujet : « Avec les États-Unis, nous avons des objectifs majeurs en commun. Pour autant, nous ne manquerons pas d’indiquer en toute franchise à nos partenaires les sujets sur lesquels nos points de vue et nos intérêts divergent, et nous n’hésiterons pas à le faire. En effet, un tel partenariat doit pouvoir accueillir ces divergences, faute de quoi on ne peut pas parler de partenariat. »
L’engagement de l’Allemagne
L’Allemagne ne reste pas inactive, a déclaré le 16 mars le chancelier lors d’une conférence de presse avec le premier ministre néerlandais Rob Jetten – bien au contraire. L’Allemagne maintient sa présence sur les flancs est et nord de l’OTAN. « C’est l’action que nous menons, nous le faisons avec conviction et nous intensifions notre engagement », a déclaré Friedrich Merz. Dans le Grand Nord, 1600 militaires allemands participent actuellement à l’exercice Cold Response de l’OTAN.
Cela reflète par ailleurs la prise de conscience stratégique que les guerres en Iran et en Ukraine sont liées. « La Russie saisira toutes les occasions de tester l’OTAN et d’affaiblir l’Ukraine », a-t-il ajouté.
Prévenir les mouvements migratoires incontrôlés
Compte tenu de la situation au Proche et au Moyen-Orient, l’UE est prête à « mobiliser pleinement ses outils diplomatiques, juridiques, opérationnels et financiers pour prévenir les flux migratoires incontrôlés vers l’UE et préserver la sécurité en Europe », peut-on lire dans les conclusions du Conseil européen du 19 mars. La sécurité et le contrôle des frontières extérieures de l’UE seront encore renforcés. Le Conseil européen souligne l’importance de la coopération avec les partenaires de la région afin de garantir qu’ils reçoivent l’aide et le soutien nécessaires.
Conséquences économiques
Par ailleurs, le gouvernement fédéral s’emploie à limiter l’impact économique du conflit. C’est ainsi que les stations-service ne peuvent désormais plus augmenter les prix des carburants qu’une seule fois par jour. Les pays de l’Agence internationale de l’énergie ont débloqué leurs réserves stratégiques. « Nous allons maintenant aussi essayer de stabiliser l’offre sur le marché et suivre de près l’évolution des prix », a déclaré le chancelier fédéral à l’issue du Conseil européen.