Coopération de l'Union européenne avec la Turquie sur la question des réfugiés

Conseil européen à Bruxelles Coopération de l'Union européenne avec la Turquie sur la question des réfugiés

L'UE et la Turquie veulent répondre ensemble à l'afflux de réfugiés. Tel est l'un des résultats importants du sommet de l'Union européenne. La Turquie prend des engagements concernant le traitement des réfugiés. En contrepartie, l'UE est prête à aider la Turquie en partageant une partie du fardeau, a déclaré Angela Merkel.

La chancelière fédérale Angela Merkel et le porte-parole du gouvernement fédéral Steffen Seibert lors de la conférence de presse de clôture du Conseil européen

Conférence de presse de clôture du Conseil européen : des progrès ont été accomplis dans le dialogue avec la Turquie en matière de migration, selon Angela Merkel

Photo : Bundesregierung/Kugler

En peu de temps, un agenda très substantiel en matière de migration a été convenu. Ce dernier esquisse les contours d'une coopération avec la Turquie sur le dossier desmigrants. Une « discussion productive » a eu lieu à ce sujet, mais il reste encore un travail considérable à fournir, a affirmé la chancelière fédérale juste après la clôture du Conseil européen, à Bruxelles.

Partage du fardeau avec la Turquie

Cela fait plusieurs années déjà que la Turquie, pays voisin de l'Union européenne, assume la responsabilité de plus de deux millions de réfugiés.

« Cela est assurément une bonne chose que, dans un souci de partage du fardeau et de solidarité entre pays voisins, l'Union européenne aussi réfléchisse à la manière dont elle peut apporter une contribution », a indiqué Mme Merkel. Dans le même temps, la Turquie s'est engagée à améliorer le sort des réfugiés présents sur son sol. La chancelière a cité comme exemple les prestations sociales aux réfugiés dans le domaine de la santé. 

Dimanche (18 octobre), la chancelière fédérale rencontrera le président turc Recep Tayyip Erdogan. Compte tenu des avancées réalisées, la visite de Mme Merkel tombe à point nommé. Lors de ses prochains échanges avec la Turquie, la chancelière travaillera en très étroite collaboration avec le Conseil européen et la Commission.

Accélérer la mise en place de hotspots aux frontières extérieures de l'UE

Les chefs d'État et de gouvernement se sont également entretenus à Bruxelles de l'accélération de la mise en place des hotspots en Italie et en Grèce et des modalités concrètes de leur organisation. La chancelière fédérale a souligné qu'il s'agissait d'avoir des dispositifs aux frontières extérieures de l'UE permettant de procéder à l'enregistrement des réfugiés et d'évaluer leurs chances de pouvoir rester. Ces centres doivent être le point de départ du renvoi ou de la relocalisation des réfugiés vers d'autres pays de l'UE.

Mise en œuvre de mesures existantes

Le Conseil européen s'est également penché sur d'autres mesures déjà adoptées lors du sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement le 23 septembre. Il a ainsi réaffirmé que, pour assurer la protection des frontières extérieures de l'UE, il est nécessaire que les États membres mettent davantage de personnel à la disposition de l'agence européenne Frontex et du Bureau européen d’appui en matière d'asile (BEAA).

Les chefs d'État et de gouvernement ont aussi discuté de comment renforcer le mandat de Frontex en vue d'une protection plus efficace des frontières extérieures de l'Union européenne.

Aide humanitaire pour les camps de réfugiés

Les programmes d'aide humanitaire dans les camps de réfugiés des pays voisins de la Syrie, dont le Programme alimentaire mondial des Nations Unies et le fonds régional d'affectation spéciale de l'Union européenne en réponse à la crise syrienne (fonds « Madad »), doivent également être soutenus.

Lors de sa déclaration de politique générale prononcée jeudi (15 octobre), la chancelière avait souligné que l'Allemagne avait décidé d'allouer 100 millions d'euros aux organisations aidant les réfugiés hébergés dans des camps en Jordanie et au Liban, par exemple. « S’il se révèle que ce n’est pas suffisant, notamment à l’approche de l’hiver, nous augmenterons ces moyens », avait promis Mme Merkel.

Des moyens financiers doivent aussi être mis à disposition du nouveau fonds d'affectation spéciale de l'UE pour l'Afrique.

Lutter contre les motifs de fuite

La guerre civile en Syrie demeure l'une des causes de la crise des réfugiés. En amont du Conseil européen, la chancelière fédérale s'est entretenue avec le président français et le premier ministre britannique pour définir une position commune des trois pays en ce qui concerne la résolution du conflit syrien.

« Afin de stabiliser la situation dans ce pays si tourmenté par la terreur et la violence et de parvenir à une paix durable, il nous faut bien sûr un processus de dialogue politique qui inclue aussi la Russie et d'autres acteurs internationaux, y compris des acteurs régionaux », avait déclaré la chancelière fédérale dans sa déclaration de politique générale du 15 octobre. 

Le Conseil européen a aussi réaffirmé que l'Europe s'impliquait sans réserve dans la recherche d'une solution politique au conflit. Cependant, une paix durable en Syrie est impossible tant que le gouvernement actuel restera au pouvoir. Le Conseil européen a également exprimé son inquiétude face aux attaques russes visant l'opposition syrienne et des civils et à la menace d'une nouvelle escalade militaire.

Autres thèmes à l'ordre du jour du sommet

Les actuelles négociations du Royaume-Uni avec l'UE ont également été abordées lors du Conseil européen. Le premier ministre britannique David Cameron formulera ses revendications de manière concrète en novembre. Le Conseil européen se penchera à nouveau sur ce dossier en décembre.

Les chefs d'État et de gouvernement ont en outre fait le bilan des discussions en ce qui concerne l'avenir de l'Union économique et monétaire. Ce thème sera également à l'ordre du jour du Conseil européen de décembre.

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