Angela Merkel appelle à lutter contre l’antisémitisme

Jour de l'Holocauste Angela Merkel appelle à lutter contre l’antisémitisme

À l’heure où la xénophobie est en recrudescence sur Internet, dans la rue et au sein des partis populistes d’extrême droite, la chancelière Angela Merkel a profité de la Journée internationale à la mémoire des victimes de l'Holocauste, samedi 27 janvier, pour lancer un appel à lutter au quotidien contre l’antisémitisme et la haine de l’autre.

« Il est incompréhensible, et c’est une honte, qu’aucun établissement juif ne puisse exister sans une protection policière, qu’il s’agisse d’une école, d’un jardin d’enfants ou d’une autre institution comme une synagogue », a-t-elle déploré.

Le futur gouvernement allemand comprendra un délégué chargé de la lutte contre l’antisémitisme, a-t-elle annoncé.

À l’instar d’autres responsables allemands, la chancelière a rappelé la responsabilité historique de son pays. « Nous ne pourrons construire un bel avenir qu’en tenant compte du passé, et non en menant des débats dont nous n’avons plus besoin ».

Or, aujourd’hui, les survivants disparaissent. C’est un défi auquel il faut se préparer en « renforçant, et en quelque sorte en transformant notre façon de concevoir nos lieux de mémoire », a dit la chancelière. Il s’agira dorénavant de conserver la voix des victimes pour la transmettre aux générations futures

La Journée de commémoration des victimes de l’Holocauste a été instituée en Allemagne par l’ancien président Roman Herzog en 1996. Elle marque l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz par l’Armée Rouge en 1945, camp où périrent quelque 1,1 million de personnes entre 1940 et 1945, dont une bonne part des six millions de juifs assassinés par les nazis. À cette occasion, une séance commémorative est organisée au Bundestag, et des survivants sont invités à s’y exprimer.Depuis 2005, les Nations unies ont déclaré le 27 janvier Journée internationale à la mémoire des victimes de l’Holocauste.

Pour le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, « la commémoration des victimes du national-socialisme est porteuse d’une mission : celle de nous lever partout dans le monde contre l’exclusion et la haine, contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme, et celle de nous engager pour le respect des droits de l’Homme, la paix et la réconciliation ».