Respecter les principes de l'ordre de paix européen

Crise ukrainienne Respecter les principes de l'ordre de paix européen

Le gouvernement fédéral continue de déployer avec la même intensité ses efforts visant à désamorçer la crise dans l'Est ukrainien. C'est l'objectif qu'il poursuit en menant des entretiens intensifs, en particulier avec la Russie, a déclaré le porte-parole du gouvernement fédéral Steffen Seibert, à Berlin.

Le gouvernement fédéral a pris connaissance du discours prononcé jeudi par le président russe Vladimir Poutine, a indiqué le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert lors de la conférence de presse gouvernementale. Le discours s'adressait au peuple russe et il ne convient donc pas de le commenter de manière détaillée.

Position sans équivoque sur la crise en Crimée

Concernant la présentation de la Crimée en tant que « Mont du Temple » de la Russie, M. Seibert a affirmé que cette « élévation religieuse » ne justifiait naturellement aucunement la violation du droit international que la Russie a commise en annexant la Crimée illégalement. « Le président Poutine devrait aussi savoir que des peuples très différents considèrent depuis des siècles la Crimée comme leur terre d'appartenance. »

M. Seibert a souligné que le gouvernement fédéral énonçait depuis des mois sa « position sans équivoque sur tous les aspects de la crise ukrainienne et du conflit avec la Russie ». Cette position montre clairement « que notre politique n'est pas dirigée contre la Russie. » Elle vise plutôt à « désigner clairement une violation du droit international pour ce qu'elle est et contribuer à ce que soit trouvée une solution diplomatique à ce conflit. »

L'Allemagne a un intérêt à un partenariat harmonieux avec la Russie

Le porte-parole du gouvernement a souligné que des contacts entre le gouvernement fédéral et le gouvernement russe avaient lieu « en continu et à différents niveaux ». Parmi ceux-ci, il y a les contacts entre la chancelière fédérale et le président Poutine ainsi que les contacts entre les ministres des affaires étrangères, qu'ils aient lieu en personne ou par téléphone. « C'est ce genre d'entretien qui est le plus susceptible de mener à une solution diplomatique. C'est dans ce sens que nous travaillons. »

L'Allemagne a tout intérêt à ce que la Russie soit un bon partenaire pour nous et pour l'Europe, a affirmé M. Seibert. « Et nous voulons être un bon partenaire pour la Russie », a-t-il ajouté. Il est clair qu'il n'y a chez l'Allemagne aucun désir d'affaiblissement de la Russie, a expliqué M. Seibert. « Cependant, le respect par tous des principes fondamentaux de l'ordre de paix européen est également dans l'intérêt de l'Allemagne. » La Russie n'a pas respecté ces principes dans le cas de la Crimée et de l'Est ukrainien, a souligné le porte-parole du gouvernement.

La porte-parole adjointe du ministère fédéral des Affaires étrangères, Sewsan Chebli, a rappelé dans ce contexte une déclaration faite par le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier devant des représentants des milieux économiques : « Nos sanctions n'ont pas pour objectif de subjuguer la Russie économiquement. Cela serait hautement dangereux. Une Russie déstabilisée ou au bord de l'effondrement serait en définitive un danger bien plus grand pour elle-même et pour d'autres. »

Les multiples efforts des derniers mois ont montré que l'Allemagne avait une approche à double voie : pression politique en réaction à l'annexion illégale de la Crimée, d'une part, et ouverture au dialogue, d'autre part.

Au cours de l'histoire, la péninsule de Crimée a souvent changé d'appartenance nationale. Le 24 août 1991, à la suite de la dissolution de l'Union soviétique, ce qui était la République socialiste soviétique d'Ukraine est devenu un État indépendant aux frontières inchangées, incluant la Crimée.
Depuis des siècles, la population se compose de groupes d'appartenances nationales, ethniques et religieuses les plus diverses. Parmi ceux-ci, on compte des Russe, des Tatars de Crimée, des Ukrainiens, des Arméniens, des Grecs et des Allemands. Il y a des chrétiens orthodoxes de différentes tendances, des musulmans, des juifs et d'autres.

Suite à un référendum portant sur l'avenir de la Crimée, tenu dans des conditions douteuses le 16 mars 2014, la Russie a annexé la péninsule et l'a intégrée à la Fédération de Russie.