Le Bundestag dit « oui » au troisième plan d’aide

Vote de l’aide à la Grèce Le Bundestag dit « oui » au troisième plan d’aide

Le Bundestag a approuvé à une large majorité le troisième plan d’aide. Selon le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, les aides sont indispensables pour une « Europe forte et fiable ». Une enveloppe de 86 milliards d’euros est prévue sur les trois prochaines années.

Vote du Bundestag sur le troisième plan d'aide à la Grèce

Les députés allemands ont adopté à une large majorité le plan d'aide à la Grèce

Photo : Bundesregierung/Bilan

La demande d’octroi d’aides financières à la Grèce déposée par le ministre allemand des Finances a été adoptée par 453 oui contre 113 non et 18 abstentions. Le Bundestag vient donc de se prononcer à son tour en faveur du versement à Athènes de 26 milliards d’euros, le montant de la première tranche d’aide.

« Une Europe forte ne va pas sans la stabilité et la solidarité », a déclaré M. Schäuble dans sa déclaration gouvernementale devant le Bundestag. Le programme de réformes prévu doit remettre l’économie grecque sur les rails de la croissance, comme cela a déjà été le cas pour l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

La Grèce déterminée

« Après les expériences de ces dernières années, il est bien évident qu’il n’y a pas de garantie que tout puisse fonctionner et les doutes restent permis, mais compte tenu que le Parlement grec a déjà adopté une grande partie des actions prioritaires (« prior action »), il serait irresponsable de ne pas saisir cette chance de permettre à la Grèce de prendre un nouveau départ », a commenté M. Schäuble.

Si la Grèce met en œuvre tout ce qui a été convenu, a-t-il poursuivi, ce programme est conçu de façon à la replacer dans les trois ans à venir sur une trajectoire durable. Athènes devra alors pouvoir à nouveau se financer sur les marchés financiers, sans garanties du Mécanisme européen de stabilité (MES). « Ce que nous faisons ici est sérieusement calculé », a souligné le ministre allemand. Les sociaux-démocrates, partenaires de la coalition au gouvernement, lui donnent raison : « L’octroi d’aides financières ne peut s’effectuer qu’au fur et à mesure en échange de réformes », a insisté Thomas Oppermann, chef du groupe parlementaire SPD. À partir de 2016, la Grèce devrait pouvoir enregistrer à nouveau pour la première fois un excédent primaire de 0,7 %.

Une décote n’est pas possible étant donné que les traités européens l’excluent, a expliqué M. Schäuble. La soutenabilité de la dette d’Athènes peut également être assurée sans effacement de la dette. Il y a encore des marges de manœuvre pour alléger la dette, a-t-il constaté.

La décision du Bundestag repose sur l'accord de principe auquel sont parvenus la Grèce et ses créanciers. Les trois institutions (BCE, Commission européenne et FMI) étaient arrivées en début de semaine à s’entendre sur un mémorandum d'accord (« Memorandum of Understanding - MoU ») comportant des exigences de réformes pour les prochaines années et une multitude d’actions prioritaires (« prior actions »). À compter du 1er octobre 2015, le respect des engagements de réformes sera vérifié tous les trois mois.

Participation indispensable du FMI

M. Schäuble a dit considérer le maintien de la participation du Fonds monétaire international comme une condition incontournable pour que de nouvelles aides puissent être octroyées à la Grèce : « Aux yeux du gouvernement fédéral, il est indispensable que le FMI, avec sa grande expertise, reste impliqué dans la gestion de crises de la dette souveraine », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que c’était également l’avis de l’Eurogroupe.

M. Schäuble a précisé par ailleurs qu’il était déjà établi dans la déclaration du mois de juin que le FMI ne déciderait pas avant octobre de sa participation à un nouveau programme. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, s’est d’ores et déjà engagée à plaider en octobre auprès des organes du FMI en faveur de la poursuite d’une participation financière. Pour ce faire, certaines conditions devront être remplies, à savoir des réformes du système des retraites et de la gouvernance bancaire ainsi qu’un accord sur la soutenabilité financière de la dette.

Le ministre allemand a conclu en ces termes : « Nous avons besoin d’une Europe forte et fiable. Ce qui ne va pas sans la stabilité et la solidarité. »

Mots-clés