La priorité reste l’aide humanitaire

Terrorisme islamiste en Iraq La priorité reste l’aide humanitaire

Le gouvernement fédéral débloque 20 millions d’euros supplémentaires pour l’aide aux réfugiés dans le nord de l’Iraq. Face aux actes de violence de l’EIIL, d’autres mesures sont désormais également examinées afin d’alléger les souffrances de la population. C’est ce qu’a expliqué le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert, à Berlin.

Compte-tenu de la situation dramatique, le gouvernement fédéral est prêt à utiliser la marge de manœuvre juridique, a déclaré M. Seibert à Berlin. En effet, « nous assistons dans le nord de l’Iraq à quelque chose qui nous concerne tous. Nous assistons à la montée d’extrémistes assoiffés de sang ».

Le groupe terroriste de l’EIIL (État islamique) n’épargne ni les femmes ni les enfants. Dans sa lutte contre les personnes dont l’opinion ou la religion sont différentes, il fait preuve d’une barbarie sans limite. Il est à présent nécessaire de réagir à ces événements et d’exploiter notre marge d’appréciation, a poursuivi le porte-parole.

Dans leur califat autoproclamé, la violence des terroristes de l’EIIL est actuellement dirigée en particulier contre les minorités religieuses qui vivent depuis de nombreux siècles à Mossoul et dans ses environs. Mais les musulmans qui n’adhèrent pas à l’idéologie de l’EIIL sont également en danger.

Soutien aux réfugiés

La priorité de l’engagement allemand en Iraq demeure toutefois l’aide humanitaire. C’est pourquoi le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement a annoncé la mise à disposition de 20 millions d’euros supplémentaires destinés aux réfugiés dans le nord de l’Iraq. Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral a déjà débloqué 4,4 millions d’euros pour les mesures d’aide d’urgence.

Il est désormais important de faire parvenir les aides « rapidement, sans détours et par des voies non bureaucratiques » aux Iraquiens dans le besoin, a déclaré la porte-parole du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement, Veronika Ulbert. L’aide d’urgence a pour principaux objectifs l’approvisionnement en eau potable des réfugiés, la protection des enfants et des jeunes ainsi que la coopération avec le Programme alimentaire mondial.

La situation en Iraq ne cesse d’empirer : après avoir pris certaines régions du pays dès le mois de juin, l’EIIL a poursuivi son avancée dans la province de Ninive au cours des derniers jours. Selon des informations des Nations Unies, près de 200 000 habitants de cette région sont actuellement en fuite.

Le gouvernement fédéral examine des mesures supplémentaires

Le gouvernement fédéral vérifie actuellement si d’autres mesures pourraient également être envisagées outre l’aide humanitaire. « L’Allemagne aide autant qu’elle le peut, en fonction de ses capacités et de ce qui semble faisable sur les plans juridique et politique », a expliqué le porte-parole du gouvernement fédéral Steffen Seibert.

Auparavant, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier - que M. Seibert a cité - avait déclaré : « L’EIIL est devenu une menace existentielle pour l’Iraq et pour l’ensemble du Proche et du Moyen-Orient. Au vu de la situation dramatique, je pense que nous devrons aller jusqu’aux limites de ce qui est politiquement et juridiquement réalisable. »

Concertation avec les partenaires européens

Le 12 août, la chancelière fédérale Angela Merkel et le président français François Hollande s’étaient entretenus au téléphone de la situation en Iraq. À ce sujet, ils ont exprimé leur souhait que l’Union européenne fournisse rapidement des contributions aux efforts humanitaires en cours afin de soulager les souffrances de la population face aux actes de violence du groupe terroriste de l’EIIL.

La nécessité d’une approche politique commune en Europe et aux États-Unis est essentielle aux yeux du gouvernement fédéral. Le porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères, Martin Schäfer, s’est ainsi félicité de ce que la tenue d’un Conseil extraordinaire des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles soit en projet.