Angela Merkel au sommet du G20 au Japon

Des signaux importants sur le commerce, le numérique et la protection du climat

La deuxième journée du sommet du G20 d’Osaka était placée sous le signe des droits des femmes, de la durabilité et du changement climatique. Dans leur communiqué final, les 20 principaux pays industrialisés et émergents se sont engagés en faveur d’un commerce libre et équitable, d’une réforme de l’OMC, de nouvelles règles au vu de la transformation numérique et de la protection climatique.

Réunion de travail au sommet du G20

La chancelière fédérale Angela Merkel et le ministre fédéral de l’Économie Olaf Scholz à l’issue du sommet du G20 à Osaka, au Japon

Photo : Bundesregierung/Kugler

À l’issue de longues négociations, les participants sont parvenus à « une déclaration 19 + 1 dans laquelle les 19 pays signataires de l’Accord de Paris ont réaffirmé les engagements qu’ils avaient mis en avant à Buenos Aires », a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel à la fin du sommet de deux jours à propos de l’entente trouvée en matière de politique climatique.

Attachement à l’Accord de Paris

En Argentine, les États du G20, à l’exception des États-Unis, s’étaient accordés sur l’irréversibilité de l’Accord de Paris et sa mise en œuvre complète. À Osaka, le Groupe des 20 a réitéré sa volonté de tenir ses objectifs de protection du climat de grande portée. Angela Merkel a annoncé que les engagements climatiques seraient réexaminés en 2020. Cela a déjà eu lieu d’une « certaine manière » par le biais « de notre initiative de ce matin, de concert avec le président chilien, visant la neutralité climatique à l’horizon 2050 ».

Par ailleurs, les chefs d’État et de gouvernement ont convenu de soutenir financièrement les pays en développement pour ce qui est de l’adaptation au changement climatique et la gestion des conséquences climatiques déjà palpables. L’Allemagne est à ce jour le principal donateur du Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund) par lequel sont financées des mesures d’atténuation et d’adaptation dans les pays en développement et émergents.

Adoption de l’accord avec le Mercosur

Les pays du G20 ont remporté un grand succès avec l’adoption de l’accord avec le Mercosur. L’accord de libre-échange conclu entre l’UE et la communauté économique regroupant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay ouvre la voie à la plus vaste zone de libre-échange au monde. L’accord, précédé de 20 ans de négociations, comprend par ailleurs des engagements pour la protection du climat et la protection de la forêt. 

Concernant le commerce international, les États du G20 se sont prononcés en faveur d’une politique commerciale libre, équitable et non discriminatoire et d’un climat d’investissement favorable et durable.

La chancelière Angela Merkel a appelé à la réforme de l’OMC déjà évoquée lors du sommet du G20 de Buenos Aires : « Nous insistons à nouveau sur le fait que la réforme de l’OMC est urgente, et que la prochaine conférence ministérielle doit avancer sur ce point. » Si rien n’est fait, il se peut que les mécanismes de règlement des différends de l’OMC ne fonctionnent plus d’ici la fin de l’année. De nombreux participants ont ainsi souligné qu’il était important « que nous fassions progresser cette organisation mondiale du commerce ».

En marge de la conférence, les États-Unis et la Chine se sont entendus pour poursuivre leurs négociations commerciales. Le gouvernement américain a renoncé pour le moment à imposer de nouvelles taxes à l’importation de produits chinois. 

Des signaux importants sur le numérique

À Osaka, les chefs d’État et de gouvernement se sont entendus par ailleurs sur une déclaration sur la prévention de l’utilisation d’Internet à des fins terroristes, a rapporté la chancelière.

La veille, la transformation numérique avait déjà été abordée dans le cadre du sommet. Dans une déclaration sur l’économie numérique, les États du G20 s’étaient prononcés en faveur d’un commerce en ligne réglementé. « Il s’agit là d’un signal important indiquant que nous avons besoin d’une réglementation internationale pour le numérique », a déclaré Mme Merkel. 

En outre, les participants se sont penchés sur la question du trafic de données et se sont engagés à respecter des principes pour ce qui est de l’utilisation de l’intelligence artificielle. L’Union européenne n’a pas encore mis en place de cadre réglementaire détaillé pour ce domaine. Il faudra que la réglementation à venir stipule clairement que « l’intelligence artificielle est au service de l’être humain et que nous en limitons également les risques », a souligné la chancelière.

Drapeaux du G20 : États-Unis, Chine, Japon, Allemagne, France, Brésil, Royaume-Uni, Italie, Russie, Canada, Inde, Australie, Mexique, Corée du Sud, Indonésie, Turquie, Arabie saoudite, Argentine, Afrique du Sud, UE

Le Groupe des 20 rassemble les principaux pays industrialisés et pays émergents de la planète ainsi que l'UE

Photo : Bundesregierung

Renforcer les droits des femmes

Les droits des femmes étaient également à l’ordre du jour du sommet d’Osaka. Angela Merkel a rencontré Ivanka Trump et la reine Maxima pour discuter de la question, dans la lignée de l’initiative W20. L’objectif est avant tout de « donner aux femmes, en particulier dans les pays en développement, les moyens d’être mieux éduquées et d’avoir une activité rémunérée et, ainsi, de promouvoir la participation et l’égalité », a expliqué Mme Merkel.
Réunions bilatérales en marge du sommet
Mme Merkel a rencontré le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdoğan en marge du sommet. Leurs entretiens ont été axés sur la situation en Syrie et le soutien de l’UE aux plus de trois millions de réfugiés syriens en Turquie. En outre, il a été convenu de maintenir le format dit d’Istanbul, « c’est-à-dire MM. Erdoğan, Poutine et Macron et Mme Merkel », afin d’ « envoyer à nouveau un signal, notamment en ce qui concerne la situation dans la province d’Idleb et les réfugiés », a affirmé la chancelière.

La chancelière avait déjà rencontré le président américain Donald Trump le premier jour du sommet. En plus de questions bilatérales, Mme Merkel et M. Trump ont également discuté de plusieurs conflits internationaux. Ils se sont penchés, en particulier, sur l’évolution de la situation en Libye et dans les pays du Sahel, la situation dans l’est de l’Ukraine, le contentieux entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les relations commerciales euro-américaines.

L’entretien avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a également porté sur la recherche de solutions politiques dans le dossier iranien. En outre, les deux dirigeants ont discuté de la situation en Libye et au Soudan.

Le premier ministre indien Narendra Modi et la chancelière fédérale se sont également entretenus et ont convenu de tenir des consultations intergouvernementales germano-indiennes avant la fin de cette année. De plus, ils ont eu un échange de vues sur la situation entre l’Inde et le Pakistan et sur la situation en Afghanistan. 

Le Groupe des 20 rassemble les principaux pays industrialisés et pays émergents de la planète. Les États du G20 représentent environ deux tiers de la population mondiale, 80 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et trois quarts du commerce mondial. Depuis 1999, le G20 se réunit régulièrement au niveau des chefs d’État et de gouvernement et lors de diverses conférences ministérielles pour discuter, en particulier, de mesures de politique financière et économique visant à stabiliser l’économie mondiale. Pour en savoir plus sur le G20, cliquez ici.