Dossier

Nations Unies

L’Allemagne siège au Conseil de sécurité des Nations Unies

Le 1er janvier 2019, l’Allemagne prend – pour la sixième fois déjà et pour une période de deux ans – un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies. En tant que membre non permanent, elle aura d’importantes missions à remplir dans le désarmement, la prévention et la gestion des crises, les droits de l’homme et la politique en matière de climat, sécurité et santé, pour ne citer que quelques-unes des grandes thématiques.

Salle de réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies à New York

L’Allemagne est pour deux ans membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies

Photo : UN Photo/Schneider

Aux termes de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Ses décisions sont juridiquement contraignantes pour les Membres de l’Organisation, soit presque la totalité des pays du monde.

La « gestion prévisionnelle des crises », qui consiste à éviter si possible en amont tout conflit armé potentiel, fait partie des caractéristiques traditionnelles de la politique de l’Allemagne aux Nations Unies, sur les bords de l’East River à New York. Les récentes commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale, « la catastrophe originelle du XXsiècle en Europe », avec ses terribles répercussions pour les peuples d’Europe et du monde entier, ont mis une fois de plus en relief toute la valeur des stratégies de prévention des conflits s’inscrivant dans un cadre multilatéral.

Même si 70 ans après la création des Nations Unies, le monde n’est toujours pas à l’abri des guerres et des conflits, de vastes mécanismes de règlement des crises et de médiation ont malgré tout permis de juguler, voire d’éviter des conflits.

L’Allemagne aux Nations Unies

L’Allemagne est membre des Nations Unies depuis 1973. La République fédérale d’Allemagne et la République démocratique allemande ont toutes deux adhéré à l’Organisation le 18 septembre 1973. Après la réunification des deux États allemands en 1990, la réputation, la responsabilité et la place de l’Allemagne au sein des Nations Unies se sont encore accrues.

Présente dans de nombreux organes, organisations et autres organismes, l’Allemagne s’engage en faveur d’un multilatéralisme coopératif. Elle prend part aussi régulièrement aux missions de paix de l’ONU. Les principales opérations auxquelles participent des soldats ou des policiers allemands sont :

  • la FINUL (Liban)
  • la MINURSO (Sahara occidental)
  • la MINUSMA (Mali)
  • la MINUSS (Soudan du Sud)
  • la MINUAD (Soudan)
  • la MANUL (Libye)
  • la MANUSOM (Somalie)
  • la MINUJUSTH (Haïti)

L’Allemagne participe également à d’autres missions dans le cadre desquelles elle envoie du personnel civil. Les missions de maintien de la paix de l’ONU se concentrent de plus en plus souvent sur les conflits inter-États et sont pour la plupart « multidimensionnelles ». Outre des activités purement militaires visant à garantir la paix, comme la sécurisation ou la surveillance des frontières, ainsi que la protection des civils, les personnels de ces missions ont toute une gamme de tâches civiles à accomplir. En fonction du mandat, les missions de paix soutiennent les processus politiques, par exemple les efforts de médiation entre les protagonistes, comme au Darfour ou au Mali. Elles contribuent aux réformes du secteur de la sécurité, à la destruction des armes légères, à la surveillance des élections et des processus démocratiques, à la mise en place d’institutions fondées sur l’état de droit et au suivi de la situation des droits de l’homme.

Quatrième contributeur mondial

L’Allemagne ne détache pas seulement du personnel à l’ONU pour des missions de paix, elle soutient aussi le vaste engagement de l’Organisation dans de nombreux endroits du monde à travers des mesures de sensibilisation et tente de contribuer au maintien de la paix, par exemple à travers des actions de formation ou en envoyant des équipes de formation mobiles.

Le budget biennal des Nations Unies s’élève à 5,4 milliards de dollars pour 2018-2019, la contribution de l’Allemagne étant de 6,4 % par an. L’Allemagne est donc, après les États-Unis (22 %), le Japon (9,7 %) et la Chine (7,9 %), le quatrième pays contributeur au budget ordinaire des Nations Unies. Les 28 États membres de l’Union européenne fournissent 31 % de ce budget.

Pour des réformes du Conseil de sécurité des Nations Unies

Le gouvernement fédéral s’engage depuis des années pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, son objectif étant de conférer à cet organe central de maintien de la paix une plus grande légitimité et autorité. Le monde multipolaire tel qu’il se présente aujourd’hui et les principaux contributeurs actuels aux Nations Unies ne correspondent en effet plus suffisamment aux membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) désignés lors de la création des Nations Unies en 1945.

L’Allemagne, le Brésil, l’Inde et le Japon se concertent étroitement dans leurs efforts de réforme afin de renforcer encore la capacité d’action des Nations Unies et de leur Conseil de sécurité encore au XXIe siècle.

Les crises et les conflits actuels qui entraînent d’immenses souffrances humaines, tels que la guerre au Yémen, les conflits persistants au Soudan/Soudan du Sud, en Somalie, dans les pays du Sahara, ainsi que la situation toujours explosive au Proche et Moyen-Orient, ne sont que quelques exemples des sujets que le Conseil de sécurité aura à traiter.

Les priorités de la politique de l’Allemagne à l’ONU

Le gouvernement fédéral entend appliquer les priorités suivantes :

  • Protection et participation des femmes aux processus de paix visant à garantir une paix durable.
  • Meilleure prise en considération du changement climatique comme catalyseur de crises dans le cadre du groupe d’amis « Climat et sécurité » co-initié par l’Allemagne en 2018. Depuis 2011, l’Allemagne a porté régulièrement les questions associées à cette thématique dans de grands forums internationaux.
  • Nécessité de renforcer le « maintien de la paix » (Peacekeeping) comme instrument multilatéral de règlement des conflits, assorti de mandats réalisables de façon à passer plus facilement du « maintien de la paix » à la « consolidation de la paix » (Peacebuilding) comme processus politique.

Pour mettre en œuvre ces objectifs ambitieux, l’Allemagne a besoin d’alliés et de partenaires, en particulier parmi nos amis européens, au Conseil de sécurité. La cohésion au sein de l’UE est également un objectif très important pour le gouvernement fédéral à New York.