Angela Merkel : « Chacun est responsable »

Lutte contre le changement climatique Angela Merkel : « Chacun est responsable »

Lors du cinquième Dialogue de Petersberg sur le climat, la chancelière fédérale a appelé à renforcer la mobilisation en faveur de la protection du climat. « Un demi-tour s’impose, et ce, à l’échelle mondiale », a-t-elle déclaré à Berlin. Il importe selon elle d’admettre un large éventail d’engagements.

La chancelière fédérale prend la parole au cours du Dialogue de Petersberg sur le climat.

Angela Merkel : « Un demi-tour s’impose, et ce, à l’échelle mondiale. »

Photo : Bundesregierung/Denzel

« Je peux dire au nom de l’Allemagne que nous assumons notre part de responsabilité », a affirmé Mme Merkel avant d’annoncer l’allocation de 750 millions d’euros pour lutter contre les gaz à effet de serre nocifs pour le climat. Avec cet argent, l’Allemagne contribuera aux ressources du Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund/GCF), après avoir accordé ces dernières années des aides à hauteur de 3,2 milliards d’euros pour lutter contre le changement climatique.

À partir de 2020, jusqu’à 100 milliards de dollars US devraient être mobilisés chaque année au profit d’une gouvernance verte, par exemple pour le développement des énergies renouvelables. Les fonds fournis par l’État pour remplir le GCF devraient s’élever à 10 milliards de dollars. Dans ce contexte, Mme Merkel a dit espérer que d’autres pays apporteraient eux aussi des contributions substantielles.

Un demi-tour nécessaire à l’échelle mondiale

Compte tenu des conférences des Nations Unies sur le climat qui auront lieu au cours des prochains mois, la chancelière allemande a exhorté les pays participants à agir. « Un demi-tour s’impose, et ce, à l’échelle mondiale », a-t-elle lancé. Les négociations de 2014 et 2015 revêtent une « importance essentielle » pour la lutte contre le changement climatique. « Il faut maintenant que chaque pays annonce la couleur », a insisté Mme Merkel durant cette réunion 2014 du Dialogue de Petersberg.

L’accord post-Kyoto doit formuler pour la première fois des objectifs contraignants de réduction des émissions de dioxyde de carbone, aussi bien pour les pays industrialisés que pour les pays émergents et en développement. Selon le calendrier convenu à l’échelon international, tous les participants doivent énoncer leurs propres objectifs de réduction d’ici le premier trimestre 2015. Mme Merkel a constaté à ce sujet qu’il y avait des « signaux réjouissants ». À cet égard, elle a notamment mentionné la Chine qui a l’intention d’annoncer elle aussi ses objectifs d’ici là.

L’Allemagne et l’Europe pionnières

L’Europe « s’engagera avec ambition » dans les prochaines négociations, a souligné Mme Merkel. L’Allemagne veut réduire pour sa part ses émissions de dioxyde de carbone de 40 % d’ici à 2020, ce qui exige encore des « efforts considérables », a concédé Mme Merkel, qui a également appelé à procéder à une réforme de l’échange des quotas d’émission en tant qu’élément clé des efforts européens en matière de protection du climat.

La ministre fédérale de l’Environnement, Barbara Hendricks, a déclaré pour sa part que les engagements pris jusqu’à présent n’étaient pas suffisants « pour atteindre notre objectif commun : limiter la hausse de la température moyenne mondiale à moins de 2°C ». Pour de nombreuses régions ainsi que pour leurs habitants, un échec de la communauté internationale dans ce domaine de la protection du climat serait tout simplement une catastrophe, a-t-elle constaté, et c’est pourquoi « nous élaborerons d’ici le mois de novembre un programme d’action pour la protection du climat 2020 ».

Poser des jalons

Le Dialogue sur le climat est « un format intéressant qui réunit les représentants des pays qui sont à même de fixer des jalons décisifs en vue d’un accord international sur la protection du climat », dit la chancelière dans son dernier message vidéo. « Nous le savons bien, un accord sur la protection du climat doit être signé par tous les États membres des Nations Unies. Et il s’agit maintenant, réunis par petits groupes, de mener des entretiens préparatoires, de poser des jalons et de faire des déclarations », poursuit-elle avec insistance.

Un segment important du Dialogue sur le climat est la préparation de la conférence des Nations Unies sur le climat à Paris au cours de laquelle doit être adopté un accord de suivi du Protocole de Kyoto.

Une politique climatique ambitieuse à l’échelle internationale est pour le gouvernement fédéral une priorité politique. La chancelière fédérale s’engage personnellement dans cette voie. C’est ainsi qu’Angela Merkel a lancé, au lendemain de la conférence de Copenhague de 2009, l’initiative du Dialogue de Petersberg sur le climat, une conférence informelle chargée de préparer la conférence annuelle des Nations Unies sur le climat. Le Dialogue sur le climat est coprésidé par l’Allemagne et par le pays hôte de la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat. Cette année, c’est au tour du Pérou puisqu’il accueille au mois de décembre 2014 la vingtième Conférence des Parties (COP20).

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