Premiers réfugiés syriens en séjour régulier

Accord entre l'UE et la Turquie Premiers réfugiés syriens en séjour régulier

C'est aujourd'hui que débute l'application de l'accord UE-Turquie selon lequel les réfugiés parvenus clandestinement en Grèce sont renvoyés en Turquie. En contrepartie, l'UE accueille des réfugiés de guerre civile syriens en provenance de Turquie. En Allemagne, les premiers réfugiés sont arrivés : 32 Syriens ont rejoint Hanovre.

Le 4 avril 2016, 32 réfugiés syriens traversent le hall d'arrivée B de l'aéroport de Hanovre (Basse-Saxe). Il s'agit des premiers réfugiés syriens qui ont pu entrer de manière légale sur le territoire de l'Union européenne directement depuis la Turquie

Les 32 premiers réfugiés syriens sont arrivés à l'aéroport de Hanovre lundi

Photo : picture-alliance/dpa/Holger Hollemann

La Grèce a renvoyé 202 réfugiés parvenus de façon illégale dans ses îles. Dans le même temps, les premiers réfugiés syriens en provenance de Turquie sont arrivés en Allemagne lundi (4 avril). La mise en œuvre de l'accord du 18 mars entre l'UE et la Turquie a ainsi débuté.

La plupart des réfugiés arrive en Europe via la Turquie. C'est ce qui fait de la Turquie un partenaire important pour résoudre la situation en matière de réfugiés. L'objectif de cet accord entre l'UE et la Turquie est de détruire le terreau propice à la prolifération des passeurs, mais aussi de décharger le pays partenaire et d'approfondir les relations mutuelles.

Les réfugiés qui arrivent en Grèce (à compter du 20 mars) seront dorénavant ramenés en Turquie. Pour chaque réfugié parvenu clandestinement en Grèce et renvoyé en Turquie, l'UE accueille un réfugié de guerre civile syrien. C'est pourquoi cette procédure dite de « réinstallation » est également appelée « principe un pour un ».

L'Allemagne accueillera 1 600 réfugiés. Il s'agit là de sa part définie par la directive concernant les retours dont l'UE a convenu en juillet dernier. D'autres pays membres de l'UE attendent également les premiers réfugiés syriens venus de Turquie.

Les premières familles syriennes ont atterri à Hanovre

Les 32 premiers réfugiés syriens sont donc entrés de manière légale sur le territoire allemand. Il s'agit de familles avec enfants, comme l'a expliqué ce lundi le porte-parole du ministère fédéral de l'Intérieur Tobias Plate. L'un des principaux critères d'accueil est la garantie de l'unité familiale des réfugiés, mais le degré de nécessité de protection et la capacité d'intégration jouent également un rôle déterminant. D'autres facteurs, tels que les connaissances linguistiques ou la formation scolaire ou professionnelle, sont aussi pris en compte.

Les propositions d'accueil sont soumises par les autorités migratoires turques au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, qui les examine. Ce n'est qu'après des vérifications d'identité et de sécurité que l'entrée en Allemagne et dans les autres pays d'Europe est autorisée. Avant le départ, un examen de santé est encore effectué, au cours duquel on vérifie particulièrement l'aptitude au vol.

Si le contingent de 1 600 réfugiés arrive à épuisement, 13 500 autres places d'accueil sont disponibles si nécessaire, dans le cadre des obligations prévues. Une baisse rapide du nombre de réfugiés clandestins est toutefois escomptée, car ces personnes n'ont plus de perspective de séjour dans l'UE.

Du personnel allemand pour la mise en œuvre sur place

L'Allemagne a accepté de mettre à disposition du Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO) du personnel de soutien en Grèce. L'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) a proposé à l'EASO de mettre à sa disposition 100 collaborateurs en Grèce. Il s'agit surtout de décideurs et de collaborateurs du secrétariat des procédures d'asile. Certains d'entre eux possèdent également des connaissances en grec et en arabe.

Les 30 premiers policiers allemands sont déjà arrivés en Grèce. D'ici la fin de la semaine, le contingent promis de 100 policiers devrait être complet. Le président de l'Agence fédérale de secours technique (THW) Albrecht Broemme est sur le terrain en tant que représentant spécial du gouvernement fédéral pour la mise en œuvre de la déclaration de l'Union européenne et de la Turquie en matière de migration.

Pas de compromis en ce qui concerne les droits des réfugiés

L'éloignement se fera « dans le plein respect des prescriptions du droit européen et du droit international ». C'est ce qu'a déclaré le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert, qui a également évoqué un entretien téléphonique ayant eu lieu dimanche (3 avril) entre la chancelière fédérale et le premier ministre turc. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a également insisté sur ce point lors d'un forum portant sur la politique européenne en matière d'asile et de réfugiés. « La Turquie n'obtiendra certainement pas de rabais sur des questions clés, qu'il s'agisse de la liberté des médias ou de la protection des minorités », a-t-il affirmé.

Les principaux points de l'accord conclu entre l'Union européenne et la Turquie le 18 mars 2016 :
• Élimination des bases de l'activité économique des passeurs et réduction durable de la migration irrégulière vers l'Europe en provenance de la Turquie.
• Tous les réfugiés arrivés illégalement en Grèce depuis le 20 mars doivent être promptement ramenés en Turquie.
• En contrepartie, pour chaque réfugié syrien renvoyé en Turquie, l'Union européenne accueille un réfugié de guerre civile syrien (mécanisme dit « un pour un »).
• En coopération avec l'UE, la situation humanitaire des Syriens est améliorée. La Turquie reçoit six milliards d'euros d'ici à 2018 pour des projets concrets d'aide aux réfugiés, afin que des enfants puissent fréquenter l'école, par exemple, ou en vue d'assurer une meilleure prise en charge en matière de santé.
• Soutien logistique et en termes de personnel à la Grèce (interprètes et effectifs pour les contrôles aux frontières, par exemple), mais également en ce qui concerne le ravitaillement des réfugiés à Idomeni, par le biais du programme d'aide d'urgence.
• L'exemption de visas pour la Turquie devrait entrer en vigueur fin juin 2016, dans la mesure où la Turquie aura rempli d'ici là les conditions requises.
• Les négociations d'adhésion entre l'UE et la Turquie sont accélérées, sans que leur résultat soit déterminé d'avance.