Pour une Europe commune de la sécurité

Le chancelier autrichien en visite à Berlin Pour une Europe commune de la sécurité

L’Allemagne et l’Autriche entendent réduire la migration irrégulière dans l’UE et renforcer les frontières extérieures de l’UE. À l’issue de sa rencontre à la Chancellerie fédérale, à Berlin, avec son homologue autrichien Sebastian Kurz, Angela Merkel a déclaré partager avec lui ces objectifs.

La chancelière allemande Angela Merkel et le chancelier autrichien Sebastian Kurz pendant leur entretien à la Chancellerie fédérale

Angela Merkel et son homologue autrichien Sebastian Kurz pendant leur entretien à la Chancellerie fédérale

Photo : Bundesregierung/Kugler

Après s’être entretenue avec ce dernier, la chancelière allemande s’est dite convaincue de « pouvoir mener une bonne coopération » et elle a ajouté vouloir « juger à ses actes » le nouveau gouvernement autrichien.

Dans le domaine des relations bilatérales, on « a trouvé aujourd’hui encore peu d’éléments de désunion », a souligné Mme Merkel. Les enjeux européens ont donc été au cœur de la rencontre. « Il est important à cet égard que nous voulions une Europe commune de la sécurité, unie, bien entendu, dans la lutte contre le terrorisme, économiquement forte et qui fonctionne selon le principe de subsidiarité », a-t-elle relevé.

Renforcer les frontières extérieures de l’UE

Les deux dirigeants ont affirmé leur intention de renforcer les frontières extérieures de l’Union européenne et de réduire la migration irrégulière. Concernant la protection des frontières extérieures européennes en Méditerranée, Mme Merkel a fait référence à l’accord conclu avec la Turquie en disant : « Je crois que c’est exactement la forme qui nous permet de protéger les frontières maritimes. »

Cependant, si la protection des frontières extérieures ne fonctionne pas suffisamment bien, il est exclu aux yeux de la chancelière allemande « que des pays se refusent à participer à une solidarité européenne ».

Une protection efficace des frontières extérieures de l’UE est essentielle au bon fonctionnement du système Schengen au sein de l’UE. Pour protéger les frontières extérieures, il est indispensable, outre le fait d’assurer la protection des frontières et des côtes, de lutter contre les filières d’immigration clandestine.

Développer la coopération avec les pays d’origine

Angela Merkel a affirmé souhaiter renforcer les partenariats avec les pays d’origine. « Je ne pense pas qu’il faille laisser passeurs et trafiquants d’êtres humains décider de qui pourra rejoindre l’Europe ou non », a-t-elle fait savoir. « C’est à nous au contraire d’y veiller par le biais de la réinstallation, de la coopération avec le HCR et d’accords avec les pays concernés. »

Video Kanzlerin Merkel empfängt österreichischen Bundeskanzler Kurz

Accord sur les négociations financières de l’UE

L’Allemagne et l’Autriche ont également l’intention de coopérer étroitement dans le cadre du futur budget de l’Union européenne. C’est au printemps que débuteront les négociations sur le cadre financier de l’UE pour sept ans après 2020. L’Allemagne et l’Autriche sont des contributeurs nets. Angela Merkel et Sebastian Kurz ont annoncé vouloir se concerter en amont des négociations financières.

« Nous sommes d’avis que nous pouvons très bien nous concentrer aussi davantage sur de nouvelles tâches, par exemple une meilleure protection des frontières extérieures de l’UE », a déclaré la chancelière. Angela Merkel a néanmoins insisté sur la nécessité d’une plus grande efficacité des dépenses de l’UE. Elle a dit s’engager pour que les missions clés de l’Union européenne « puissent être bien gérées ».

L’Autriche, bâtisseur de ponts

Au deuxième semestre 2018, l’Autriche exercera la présidence du Conseil de l’Union européenne. Le chancelier autrichien a déclaré qu’étant directement voisin, son pays pouvait fort bien servir de bâtisseur de ponts avec le groupe de Visegrád.

Le groupe de Visegrád comprend la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie. Ces pays s’efforcent d’échanger des informations et de coordonner leurs positions politiques. Le groupe a été créé en 1999 après la chute du rideau de fer.