La coopération transatlantique, une absolue nécessité

Angela Merkel reçoit Barack Obama La coopération transatlantique, une absolue nécessité

La sécurité internationale ne peut être garantie qu’en conjuguant les efforts transatlantiques. C’est ce qu’a déclaré la chancelière fédérale à Hanovre lors d’une conférence de presse conjointe avec le président des États-Unis d’Amérique, Barack Obama.

La chancelière fédérale Angela Merkel et le président américain Barack Obama au château de Herrenhausen

La chancelière fédérale Angela Merkel et le président américain Barack Obama au château de Herrenhausen

Photo : Bundesregierung/Güngör

Concernant la Syrie, la chancelière a dit être « très préoccupée » au vu du cessez-le-feu qui reste fragile. La chancelière allemande a par ailleurs plaidé explicitement pour le PTCI.

Syrie, Libye, Ukraine, Afghanistan, crise européenne des réfugiés : la liste des foyers de crise et défis actuels est longue. Tel est le constat dressé par la chancelière fédérale Angela Merkel dimanche dès le début de la conférence de presse conjointe avec le président américain Barack Obama. Elle a dit se réjouir de pouvoir aborder « dans une période de turbulences » les sujets les plus divers avec Barack Obama et a remercié ce dernier pour des « entretiens très confiants et amicaux ».

De son côté, le président américain a souligné, alors qu’ils parlaient de politique de réfugiés, qu’il était « très fier de la population allemande ».

La lutte antiterroriste ne peut réussir qu’ensemble

Les relations bilatérales entre l’Allemagne et les États-Unis sont excellentes, a estimé la chancelière. C’est pourquoi la conversation s’est concentrée d’autant plus sur les défis internationaux communs. Mme Merkel a insisté sur le fait que seuls « des efforts transatlantiques unis » pouvaient permettre de lutter contre le terrorisme et les causes de migration et de mener de manière générale des initiatives en faveur de la sécurité.

La chancelière s’est dite « très préoccupée » face au cessez-le-feu fragile en Syrie. D’où l’importance selon elle de « mener à bien » les pourparlers de Genève. Ces entretiens devraient également porter sur la mise en place de « zones sûres » pour les réfugiés à l’intérieur de la Syrie.

S’agissant de la situation en Libye, Mme Merkel a dit être d’accord avec le président Obama quant à la nécessité de « regarder vers l’avant » et de parvenir à un gouvernement d’unité nationale stable, ce qui n’est pas simple, a-t-elle ajouté, vu le contexte dans le pays, et notamment la culture clanique.

La coopération transatlantique, une absolue nécessité

Interrogée sur la coopération au sein de l’OTAN, la chancelière a répondu que l’Allemagne était devenue « plus active sur de nombreuses questions » ces dernières années. La livraison d’armes aux peshmergas dans le nord de l’Iraq par exemple a permis « de réaliser un changement de paradigme ». Au sujet de l’OTAN, la chancelière a déclaré : « Nous connaissons les objectifs qui nous sont fixés par l’OTAN » et elle a promis que l’Allemagne voulait s’améliorer à cet égard.

La configuration de la Bundeswehr, a poursuivi Mme Merkel, « reflète aujourd’hui la responsabilité internationale » de l’Allemagne. Dans le domaine de la politique de sécurité, la « coopération transatlantique est absolument nécessaire pour notre propre sécurité », a-t-elle estimé.

Remerciements aux États-Unis pour leur soutien dans la mer Égée

Mme Merkel a exprimé sa gratitude aux États-Unis pour le maintien de leur soutien à la mission de l’OTAN en mer Égée. C’est selon elle la preuve d’un effort transatlantique conjoint. L’Allemagne démontre elle aussi sa volonté de s’engager fortement en intervenant dans de nombreuses régions du monde telles que l’Iraq ou le Mali, par exemple, a-t-elle fait remarquer.

L’Allemagne est également prête à poursuivre son implication militaire en Afghanistan. « Nous sommes très reconnaissants aux États-Unis d’avoir accepté ici aussi de continuer d’assumer de grandes responsabilités. Le message à l’adresse des talibans doit être que la communauté internationale ne laisse pas tomber l’Afghanistan », a martelé la chancelière.

L’entretien de Mme Merkel avec le président américain a également porté sur le règlement de la crise ukrainienne. À ce propos, elle a dit : « Nous restons attachés aux accords de Minsk et considérons qu’il est de la plus haute importance qu’ils soient mis en œuvre le plus tôt possible. »

Angela Merkel au sujet du PTCI : nous devons nous dépêcher

À la fin de sa déclaration, Mme Merkel a parlé du projet de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI/TTIP – Transatlantic Trade and Investment Partnership) entre l’Union européenne et les États-Unis. Ce projet est jugé « très utile » du côté européen pour favoriser la croissance de l’économie européenne et de l’économie allemande. « Nous devons nous dépêcher », a dit Mme Merkel, insistant ainsi sur une conclusion rapide du projet. Pour finir, elle a remercié le président américain de son soutien au PTCI.

Cérémonie d’ouverture de la Foire de Hanovre

Dans son discours d’ouverture de la Foire de Hanovre en fin d’après-midi, Mme Merkel a déclaré : « On parle beaucoup et souvent du PTCI » mais ici, à la Foire de Hanovre, le partenariat transatlantique peut être directement « vécu et expérimenté ». D’ailleurs, a-t-elle constaté, « les États-Unis ont été dès le début un partenaire important de ce rendez-vous industriel ».

En l’honneur du président américain, Mme Merkel avait invité à dîner le soir des représentants des milieux économiques des deux pays. Lundi matin, Barack Obama accompagne la chancelière dans sa traditionnelle visite d’inauguration du salon.

La Foire de Hanovre 2016 est entièrement placée sous le signe de l’industrie connectée. « Integrated Industry – Discover Solutions », tel est le grand thème de cette année. Plus de 5 200 exposants de 75 pays présentent du 25 au 29 avril leurs technologies pour les usines et systèmes énergétiques du futur. Les États-Unis comptent 465 exposants, ce qui représente le plus grand nombre de sociétés américaines ayant jamais participé à un salon hors des États-Unis.

Mini-sommet à Herrenhausen

À l’invitation de la chancelière, les deux dirigeants retrouvent ensuite au château de Herrenhausen, à Hanovre, trois autres chefs d’État ou de gouvernement européens, à savoir le président français François Hollande, le premier ministre britannique David Cameron et le président du Conseil italien Matteo Renzi.

Il est probable que figurent alors, entre autres, au menu de leurs entretiens la crise des réfugiés, la guerre en Syrie et le conflit en Ukraine.