Ensemble contre la migration irrégulière et le terrorisme

Angela Merkel en Afrique du Nord Ensemble contre la migration irrégulière et le terrorisme

La Tunisie répondra à l’avenir dans un délai d’un mois aux demandes d’identification de Berlin. C’est ce qu’ont convenu la chancelière allemande Angela Merkel et le président tunisien Béji Caïd Essebsi. Cela permettra d’accélérer l’éloignement des demandeurs d’asile déboutés.

La chancelière fédérale Angela Merkel s’entretenant avec le président tunisien Béji Caïd Essebsi

L’Allemagne va augmenter de 250 millions d’euros son aide au développement à la Tunisie

Photo : Bundesregierung/Bergmann

Les migrants rentrant volontairement recevront davantage de soutien.

Le gouvernement fédéral veut intensifier sa coopération avec la Tunisie et l’Égypte dans la lutte contre le terrorisme international. Il s’agit d’un des résultats de la tournée de la chancelière fédérale Angela Merkel en Afrique du Nord. À Tunis et au Caire, Mme Merkel a également discuté de mesures contre la migration irrégulière et de coopération au développement.

Angela Merkel en Afrique du Nord

Angela Merkel en Afrique du Nord

Photo : Bundesregierung

Le gouvernement fédéral augmente l’aide au développement

À Tunis, Angela Merkel s’est entretenue avec le président Béji Caïd Essebsi et le premier ministre Youssef Chahed. Il a été convenu que les demandes d’identification par Berlin des Tunisiens déboutés de leur demande d’asile devront recevoir une réponse « sous 30 jours », a expliqué la chancelière. L’Allemagne aidera la Tunisie à mettre en place un système de saisie. Des documents tenant lieu de passeport pourront alors être délivrés en une semaine. Cela permettra d’accélérer l’éloignement des demandeurs d’asile déboutés.

Mme Merkel a annoncé que l’Allemagne allait augmenter de 250 millions d’euros son aide au développement à la Tunisie. L’objectif est de continuer à soutenir le développement positif du pays et de redonner aux jeunes des perspectives d’avenir. La création d’emplois et la coopération en matière de politique de sécurité ont également été abordées. La Tunisie peut être fière de ce qu’elle a accompli jusqu’ici, a affirmé Mme Merkel lors de sa conférence de presse conjointe avec le président tunisien. Elle représente « un phare d’espoir » pour l’Europe.

L’Allemagne soutient en particulier des projets visant à encourager les retours volontaires. Le ministre fédéral du Développement Gerd Müller a inauguré un « centre d’information pour l’emploi, la migration et la réintégration » : le premier en son genre en Afrique du Nord. Situé à Tunis, le centre d’information propose des places de formation ainsi que des emplois et favorise la création d’entreprises. Les personnes qui retournent dans leur pays doivent pouvoir y reprendre pied. C’est pourquoi les projets de la coopération au développement germano-tunisienne doivent être ouverts de manière ciblée aux migrants et massivement développés. Environ 1 500 Tunisiens tenus de quitter le territoire vivent actuellement en Allemagne.

L’Allemagne s’engage en Tunisie par le biais de nombreux projets d’assistance. Ainsi, la Tunisie est un pays prioritaire du Partenariat pour la transformation et de l’« initiative de promotion et de renforcement ». L’Allemagne soutient depuis 2016 les forces de sécurité tunisiennes par la formation et la fourniture de matériel. La protection des frontières, en particulier celle avec la Libye, constitue une priorité dans ce contexte.

L’Allemagne est partenaire de la Tunisie en matière de développement. Suite à la « révolution de jasmin » qui a eu lieu en Tunisie en 2011, les prestations allemandes sont passées de 37,5 millions d’euros en 2010 à 215 millions d’euros en 2015. Elles s’élèvent actuellement à plus de 250 millions d’euros.

Développer la coopération économique

Jeudi, la chancelière fédérale a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi au Caire. Les relations bilatérales en général, et en particulier les questions économiques, ont été au cœur de leur entretien.

Des discussions détaillées et approfondies ont eu lieu avec des représentants des milieux économiques des deux côtés, a expliqué Mme Merkel. Si l’Allemagne est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Égypte, elle n’est pas encore dans le groupe de tête en ce qui concerne les investissements. Les partenaires se sont réjouis d’inaugurer la première phase d’un projet de centrale électrique ayant été mis sur pied en très peu de temps et qui, lorsqu’il sera achevé, garantira l’approvisionnement en électricité à 45 millions de personnes.

Solution en vue pour le travail des fondations

La chancelière fédérale a également abordé la question des possibilités de travail des fondations allemandes en Égypte. L’objectif est de donner une base juridique claire aux activités des fondations à l’avenir. « Nous avons réussi à nous mettre d’accord sur les principes d’un accord complémentaire à l’accord culturel », a affirmé Mme Merkel. La situation juridique sera ainsi réglée pour l’avenir. Cela ouvrira de nouvelles possibilités de coopération, dès que l’accord complémentaire sera entré en vigueur.

Lutte contre le terrorisme international

La chancelière fédérale a aussi souligné l’importance de l’état de droit pour le développement d’une société civile. « La menace terroriste est réelle, en Égypte comme en Allemagne », a-t-elle ajouté. Une société civile renforce la résilience vis-à-vis des activités terroristes. Les deux pays coopèrent par ailleurs étroitement dans la lutte contre le terrorisme international, a indiqué Mme Merkel, ajoutant que l’Allemagne souhaitait du succès à l’Égypte pour les défis à relever dans la région. Elle a notamment rappelé l’importance de trouver une solution politique pour la Libye.

L’Égypte est un pays de destination pour les migrants. L’UNHCR recense quelque 190 000 personnes cherchant protection en Égypte, dont 120 000 Syriens. L’Allemagne et l’Europe ont un grand intérêt à ce que l’Égypte continue de lutter contre les passeurs criminels à ses frontières maritimes et terrestres. De plus, l’Égypte doit améliorer les conditions de vie des réfugiés qu’elle accueille.

Améliorer la situation des réfugiés en Égypte

Dans son dernier message vidéo, la chancelière fédérale avait déjà présenté l’Égypte comme un « élément stabilisateur » au Proche-Orient. Sur place, elle a souligné que les discussions concernant le problème de la migration illégale, tout comme la coopération en matière de politique migratoire, allaient se poursuivre. L’équipement technique constitue ici une priorité. Il est clair que l’Allemagne et l’UE doivent soutenir l’Égypte afin qu’elle puisse mieux gérer les répercussions de la migration. L’amélioration de la situation des réfugiés en Égypte représente une mission commune, a-t-elle insisté.

Jeudi soir, la chancelière avait rencontré d’éminents militants des droits de l’homme et avocats spécialisés dans la défense des droits de l’homme pour un échange de vues. Auparavant, elle avait mené un entretien avec le pape copte Théodore II dans la cathédrale Saint-Marc du Caire. La chancelière a également rencontré le cheikh Ahmed Mohamed el-Tayeb.

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