Déclaration gouvernementale du chancelier fédéral avant le Conseil européen
Dans la déclaration gouvernementale en amont du Conseil européen, le chancelier fédéral Friedrich Merz a plaidé en faveur d’une simplification administrative systématique et de la conclusion de nouveaux accords de libre-échange. La guerre en Ukraine et le conflit en Iran et au Proche-Orient ont également été abordés.
Temps de lecture: 4 min.
Le gouvernement fédéral entend restaurer les marges de manœuvre que nous avons perdues, a souligné le chancelier fédéral au Bundestag allemand.
Photo : Gouvernement fédéral/Sandra Steins
Dans sa déclaration gouvernementale en amont du Conseil européen, le chancelier fédéral Friedrich Merz a exhorté la Commission européenne à simplifier largement les dispositions réglementaires. La Commission doit préciser où une simplification législative est possible et où les réglementations excessives peuvent être purement et simplement supprimées. La compétitivité sera le thème central du sommet de Bruxelles. Dans le même temps, le chancelier a demandé une accélération des accords de libre-échange de l’UE.
Dans le domaine de la politique étrangère, il faut maintenir la pression sur la Russie afin de parvenir à une paix juste en Ukraine. Le chancelier fédéral Friedrich Merz a insisté sur une participation européenne à d’éventuelles négociations de paix et rejeté toute implication militaire de l’Allemagne dans les opérations menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. L’Allemagne ne refusera toutefois pas « un débat sur la libre circulation maritime, par exemple dans le détroit d’Ormuz, à la fin de la guerre ».
Le chancelier fédéral a notamment parlé...
... de l’Europe, dans son rôle de garant pour l’avenir
L’Allemagne évolue dans un monde dans lequel la marque des grandes puissances est de plus en plus présente, et les marges de manœuvre limitées par des acteurs extérieurs. Dans ces conditions, « une Europe unie est la meilleure des garanties » pour son avenir, a-t-il déclaré. Ce n’est qu’en agissant de concert que les États membres de l’UE disposeront du pouvoir nécessaire pour préserver les règles, l’équité et la stabilité dans le monde entier. Friedrich Merz a souligné la nécessité pour l’Europe de formuler plus clairement ses intérêts et de « cesser de se dévaloriser ».
… de la concurrence, du commerce et la simplification administrative en Europe
Pour le chancelier fédéral, la compétitivité de l’Europe est un point central du prochain Conseil européen. L’objectif est de promouvoir un « ambitieux programme européen pour la compétitivité ». Il est prévu de renforcer le marché unique, par exemple par un droit des sociétés unifié, une union des marchés des capitaux et une simplification administrative systématique. Le gouvernement fédéral mise par ailleurs sur une politique commerciale plus active visant à renforcer l’indépendance stratégique de l’Europe, avec de nouveaux accords de libre-échange, des partenariats plus étroits et des relations économiques plus stables.
… de la paix en Ukraine
Les États-Unis et l’Europe doivent « unir leurs forces » pour parvenir à une paix juste en Ukraine, a déclaré le chancelier fédéral. Friedrich Merz a rappelé que l’Ukraine était prête à négocier, alors même que la Russie entrave systématiquement les efforts de paix et poursuit ses attaques contre les infrastructures civiles. Il faut donc accentuer la pression sur Moscou, par exemple au moyen d’un vingtième paquet de sanctions de l’UE et du versement du prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. À ce propos, Friedrich Merz a critiqué le fait qu’un État membre de l’UE fasse obstruction. À l’avenir, l’Europe devra participer aux négociations de paix.
... du conflit en Iran et au Proche-Orient
« Pendant des années et des décennies, l’Iran a fait régner la terreur dans le monde », a déclaré le chancelier. L’Allemagne, Israël et les États-Unis partagent l’objectif d’empêcher l’Iran d’être encore une menace à l’avenir. Dans le même temps, M. Merz a critiqué le fait qu’il n’y ait « toujours pas de plan convaincant » pour l’opération militaire en cours. Tant que le conflit se prolongera, l’Allemagne n’y participera pas, a précisé le chancelier. « Cela n’exclut pas pour autant que nous recourions à la voie diplomatique pour mettre fin rapidement à la guerre », a-t-il ajouté. L’Europe a tout intérêt à ce qu’il en soit ainsi. Une escalade ou l’effondrement du régime iranien auraient de lourdes conséquences sur la sécurité, l’approvisionnement énergétique et la migration.
… de la liberté et des marges de manœuvre
Le chancelier fédéral Friedrich Merz a rappelé l’importance cruciale, dans le monde actuel, de la paix, de la liberté et de la démocratie. Nombreux sont ceux qui pensent que nous avons perdu nos marges de manœuvre – à cause des bouleversements géopolitiques, de l’enlisement des réformes, de la hausse des prix, de la stagnation économique et des lourdeurs administratives. Le gouvernement fédéral entend rétablir ces espaces de liberté, non pas pour l’État, mais pour les particuliers et les entreprises. Pour ce faire, il compte sur des partenariats internationaux, des réformes économiques, la transformation numérique ainsi que la modernisation des systèmes sociaux et des mesures visant à renforcer la sécurité.
… de l’action du gouvernement fédéral
Sur le plan de l’évolution des marchés de l’énergie, l’Allemagne intervient là où elle dispose d’une marge de manœuvre nationale, par exemple en débloquant les réserves stratégiques et en exerçant davantage de contrôle sur les prix pratiqués par les stations-service. Le chancelier a également évoqué le programme de réforme du gouvernement fédéral, qui a amorcé la simplification administrative, la modernisation de l’État, un plan d’action en faveur des hautes technologies (Hightech‑Agenda) et un tournant dans la politique migratoire. Il a par ailleurs souligné que, pour la première fois depuis des années, l’Allemagne enregistre à nouveau un bilan positif en matière d’investissements. Il n’en reste pas moins que tout dépend désormais de « notre volonté de prendre les choses en main » ainsi que de réformes en profondeur. Le gouvernement fédéral entend mobiliser « énergie et créativité » pour que l’Allemagne et l’Europe sortent renforcées de cette période de changement.