Appel à la mise en œuvre du cessez-le-feu

Situation dans l’est de l’Ukraine Appel à la mise en œuvre du cessez-le-feu

Dans une déclaration conjointe, la chancelière fédérale Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron appellent instamment le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko « à pleinement respecter leurs engagements [et] à endosser à nouveau publiquement le cessez-le-feu ».

« À la suite du dernier appel des chefs d’État et de gouvernement en format Normandie le 22 août 2017, la France et l’Allemagne constatent malheureusement que la situation sécuritaire dans l’est de l’Ukraine ne s’est pas améliorée significativement. » Tels sont les termes de la déclaration conjointe de la chancelière allemande et du président français.

Les deux dirigeants y appellent instamment le Président Poutine et le Président Porochenko à « pleinement respecter leurs engagements, à endosser à nouveau publiquement le cessez-le-feu et à garantir que les instructions appropriées ont bien été adressées aux militaires et aux personnels déployés sur le terrain ».

Soutien convenu en format Normandie

Le 22 août, Angela Merkel et Emmanuel Macron avaient tenu une nouvelle conférence téléphonique avec leurs homologues russe et ukrainien en format Normandie.

Au cours de cet entretien, ils avaient exprimé leur plein soutien à la décision imminente du groupe de contact trilatéral du 23 août de prononcer un cessez-le feu à l’occasion de la rentrée scolaire à partir du 1er septembre. Cet accord est entré en vigueur à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le principal instrument de médiation de l’OSCE dans le conflit ukrainien est le Groupe de Contact Trilatéral (GCT), créé en juin 2014. Au sein de ce groupe, les représentants de l’Ukraine, de la Russie et de l’OSCE se concertent mutuellement et négocient des mesures concrètes en vue de la mise en œuvre des accords de Minsk.

Des efforts de paix conjugués

Les chefs d’État et de gouvernement ont exprimé leur souhait que ce cessez-le-feu se traduise par une véritable amélioration de la situation sécuritaire, au bénéfice des écoliers et de toute la population civile au Donbass.

En dépit des nombreux revers et violations du cessez-le-feu par le passé, le gouvernement fédéral se montre cette fois optimiste : les quatre interlocuteurs ont en effet annoncé leur soutien dans une déclaration commune, en étroite concertation avec les États-Unis. De l’avis du gouvernement allemand, la situation pourrait nettement s’améliorer si tous les intéressés manifestent la volonté politique qu’il en soit ainsi.

La chancelière et les autres dirigeants ont promis de rester personnellement engagés, sur la base d’un cessez-le-feu durable, dans la mise en œuvre du Paquet de Minsk. Ces derniers jours, le nouveau représentant spécial des États-Unis pour l’Ukraine, l’ambassadeur Kurt Volker, a mené lui aussi des entretiens avec des représentants russes et ukrainiens. Il s’est également engagé de son côté pour le respect du cessez-le-feu à la rentrée scolaire.

Des négociations ont lieu à différents niveaux en « format Normandie » depuis la première rencontre de ce genre le 6 juin 2014. L’enjeu de ces rencontres est la mise en œuvre concrète de l’ensemble des mesures adoptées en 2015 à Minsk, en priorité un cessez-le-feu, le retrait des troupes et des réformes politiques. Lors de la dernière rencontre des dirigeants à Berlin le 19 octobre 2016, les participants avaient adopté à ce sujet une « feuille de route » concrète.

L’annexion de la Crimée est et reste contraire au droit international

Le 24 août, lors du 26e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a assuré que l’Allemagne continuait de se « tenir fermement à ses côtés ». Il a déploré que le rêve commun d’une grande paix après la fin de la guerre froide ne soit pas devenu réalité. Il n’en reste pas moins que l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine ne sont pas négociables. « Nous ne reconnaîtrons pas l’annexion contraire au droit international de la Crimée par la Russie », a-t-il déclaré.

Le ministère fédéral des Affaires étrangères a salué l’accord auquel est parvenu le groupe de contact trilatéral concernant un cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine à la rentrée scolaire. Les dirigeants russe et ukrainien ont explicitement soutenu cet accord. La rentrée scolaire tout spécialement devrait être pour toutes les parties au conflit un appel urgent à respecter les engagements pris et à faire enfin taire les armes.

Il est nécessaire, a estimé Sigmar Gabriel, que les belligérants garantissent un accès sûr aux observateurs de l’OSCE dans toute la région. Le cessez-le-feu doit faire l’objet d’une surveillance transparente. De plus, a fait savoir le ministère fédéral des Affaires étrangères, de nouvelles actions politiques sont indispensables pour progresser enfin dans l’application des accords de Minsk.

La position américaine actée

« Le gouvernement fédéral a pris note des déclarations en provenance hier du secrétariat américain à la Défense. C’est une prise de position claire de l’administration américaine qui coïncide dans l’ensemble avec la politique américaine menée jusqu’ici, ainsi qu’avec les décisions adoptées par l’Union européenne. » Le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert, s’est exprimé en ces termes le vendredi 25 août à Berlin lors de la Conférence de presse gouvernementale.

Le jeudi 24 août, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, avait réaffirmé, à Kiev, à l’occasion du 26e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine : « Les États-Unis se tiennent aux côtés de l’Ukraine. » Ils n’accepteront jamais l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie, avait-il déclaré, avant de poursuivre : « Les armes de défense ne provoquent pas, à moins que l’on ne soit un attaquant. »

Steffen Seibert a constaté que « c’est aussi notre point de vue que l’annexion de la Crimée par la Russie était et reste contraire au droit international et, deuxièmement, que les hostilités dans l’est de l’Ukraine doivent cesser immédiatement ». Le gouvernement fédéral demeure persuadé « que la solution à ce conflit déclenché par la Russie dans l’est de l’Ukraine ne peut pas être militaire, mais uniquement politique ». Pour ce faire, les accords de Minsk doivent être pleinement respectés, a conclu le porte-parole allemand.