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Entretiens téléphoniques après la catastrophe aérienne

Angela Merkel : Vladimir Poutine doit user de son influence

La chancelière fédérale s’est entretenue au téléphone avec de nombreux chefs d’État et de gouvernement de la situation délicate suite au crash en Ukraine. Ils exigent tous qu’une commission internationale ait accès rapidement à l’endroit où l’avion s’est écrasé.

Des débris d’avion après la catastrophe

Tous les entretiens téléphoniques ont porté sur le même sujet : la situation intolérable après le crash de l’avion de ligne de la Malaysia Airlines.

Photo : picture-alliance/AA

Angela Merkel a de nouveau insisté auprès du président russe pour qu’il use de son influence sur les séparatistes. La chancelière fédérale a joint plusieurs de ses homologues : le premier ministre britannique David Cameron, le président français François Hollande, le premier ministre australien Tony Abbott, le premier ministre néerlandais Mark Rutte, le premier ministre finlandais Alexander Stubb, le président ukrainien Petro Porochenko et, de nouveau, le président russe Vladimir Poutine.

Tous ses entretiens ont porté sur le même sujet : la situation intolérable après le crash de l’avion de ligne de la Malaysia Airlines dans l’est de l’Ukraine, et notamment la façon catastrophique dont les séparatistes traitent les victimes. Tous les interlocuteurs se sont accordés à dire qu’il fallait garantir dans les plus brefs délais qu’une commission internationale indépendante puisse se rendre sur les lieux de la catastrophe.

Rencontre urgente du groupe de contact avec les séparatistes

La chancelière fédérale a lancé une fois de plus un appel pressant au président russe pour qu’il use de son influence sur les séparatistes, afin que le groupe de contact puisse directement rencontrer les séparatistes dans les plus brefs délais. Le groupe de contact est constitué de représentants de l’Ukraine, de Russie et de l’OSCE.

Samedi, Mme Merkel et M. Poutine avaient convenu au téléphone de l’urgence d’une réunion du groupe de contact et des séparatistes afin de conclure un cessez-le-feu. Au cours de cet entretien, la chancelière avait également exhorté le président russe à user dans ce sens de son influence sur les séparatistes.

Les deux dirigeants étaient bien d’accord sur le fait qu’une commission internationale indépendante sous la direction de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) devait enquêter sur les circonstances de la catastrophe aérienne. Cette commission sera chargée de faire la lumière sur le crash et de dégager les victimes.

Angela Merkel choquée

Vendredi, la chancelière fédérale s’était entretenue au téléphone avec le président ukrainien Petro Porochenko, le premier ministre polonais Donald Tusk et le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte. Tous ont dit considérer qu’une enquête indépendante devait être immédiatement menée pour élucider les circonstances exactes de l’accident.

Au cours de ces conversations, la chancelière fédérale a dit combien elle était bouleversée par le nombre de victimes, de nationalité néerlandaise pour beaucoup. Elle a fait part de ses condoléances à leurs familles, a déclaré le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert.

Risque d’escalade

Si l’avion de la Malaysia Airlines a bel et bien été abattu, cela représente une nouvelle escalade grave du conflit, a poursuivi M. Seibert. Il est justement impératif maintenant de pouvoir compter sur un cessez-le-feu bilatéral durable de façon à pouvoir faire toute la lumière sur l’accident aérien et éviter d’autres victimes civiles. Le président ukrainien a confirmé une fois de plus sa position : il est disposé à conclure ce cessez-le-feu.

La Russie doit contribuer à la paix

Angela Merkel, Petro Porochenko, Mark Rutte et Donald Tusk ont redit d’un commun accord que la Russie devait enfin user de son influence sur les séparatistes, et ce, en toute clarté et publiquement, « afin de donner une chance à la paix ».

Lors de sa conférence de presse estivale, Mme Merkel avait déjà dit qu’il incombait à la Russie d’apporter une contribution à la réalisation de cet objectif. Un cessez-le-feu bilatéral demeure la condition d’une désescalade, avait-elle fait remarquer, avant de souligner qu’il n’y avait pas d’autre choix possible.

Le geste de bonne volonté du président ukrainien Petro Porochenko, qui avait proclamé un cessez-le-feu unilatéral, n’a pas été mis à profit. Lors du dernier Conseil européen de Bruxelles, un nouveau pas a été franchi dans la qualité des sanctions à l’encontre de la Russie. À présent, les mesures restrictives peuvent être étendues aux entreprises impliquées dans les activités en Crimée et la déstabilisation du pays, avait-elle constaté.

Le Triangle de Weimar réclame un cessez-le-feu

Entretemps, les ministres des Affaires étrangères allemand, français et polonais ont exigé une trêve immédiate afin de faire la lumière sur le crash. Dans leur déclaration conjointe, MM. Fabius, Steinmeier et Sikorski exigent que les causes et les circonstances de la catastrophe fassent l’objet d’une enquête approfondie. Pour cela, ajoutent-ils, il est nécessaire que les combats cessent immédiatement et que des équipes internationales aient accès sans restriction au site de la catastrophe.

S’il devait s’avérer que l’avion a réellement été abattu, les responsables devront rendre des comptes, poursuivent-ils. Cette catastrophe montre en tout cas à leurs yeux que la situation dans l’est de l’Ukraine est devenue « extrêmement dangereuse ».