La responsabilité de tout faire pour ne pas rechuter

Déclaration vidéo  La responsabilité de tout faire pour ne pas rechuter

La chancelière fédérale Angela Merkel s’est entretenue ce jeudi avec les dirigeants des Länder de la lutte contre la pandémie de Covid-19. La Fédération et les Länder se sont mis d’accord sur certains assouplissements. Il incombe néanmoins aux responsables politiques de tout mettre en œuvre pour éviter une rechute.

La chancelière fédérale Angela Merkel, le ministre-président Markus Söder, le maire Peter Tschentscher lors de la conférence de presse portant sur l’accord entre la Fédération et les Länder

La chancelière fédérale Angela Merkel lors de la conférence de presse portant sur l’accord entre la Fédération et les Länder

Foto: Bundesregierung/Denzel

La chancelière fédérale Angela Merkel : Mesdames, Messieurs, les cheffes et les chefs de gouvernement des Länder et moi-même nous sommes consultés à nouveau sur les défis gigantesques auxquels l’ensemble des citoyennes et des citoyens mais aussi tous les niveaux de notre État fédéral doivent faire face en raison de la pandémie de Covid-19. Ne disposant pour cela d’aucun modèle, d’aucune valeur empirique historique, nous apprenons chaque jour grâce au travail des scientifiques, nous sommes d’ailleurs bien obligés d’apprendre.
Je suis heureuse que ces consultations aient lieu maintenant très régulièrement, à peu près toutes les deux semaines. Elles nous aident à agir ensemble. Elles nous aident à adopter des décisions allant dans le sens d’une stratégie commune. Mais nous sommes, bien entendu, un État fédéral, ce qui signifie qu’il y a des écarts entre les régions. Compte tenu des disparités régionales existant dans un pays comme l’Allemagne, il en sera toujours ainsi.

Je pense toutefois que face à une pandémie comme celle-ci, il est dans l’intérêt de chacun de nous, de toutes les citoyennes et de tous les citoyens, qu’il y ait une stratégie et un but commun à toute l’Allemagne. Je tiens donc à répéter une fois encore cet objectif. Comme il n’existe aucun médicament ni aucun vaccin contre ce virus, l’enjeu reste de ralentir la propagation du virus, de la ralentir de telle façon que notre système de santé, nos hôpitaux puissent maîtriser le nombre de personnes gravement atteintes et fournir à chaque malade les meilleurs soins médicaux possibles.

Jusqu’ici, nous y sommes arrivés. Au cours des dernières semaines, tous ensemble, nous avons obtenu beaucoup de bons résultats. Je tiens à réitérer mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont contribué et contribuent à cette réussite en respectant les règles, en acceptant des restrictions et en faisant toujours passer l’intérêt général avant leurs propres intérêts. Nombreux sont ceux qui continuent à se comporter ainsi et je vous demande à tous de poursuivre dans cette voie.
Aujourd’hui, j’aimerais inclure dans mes remerciements toutes celles et tous ceux qui, dans la situation actuelle, réfléchissent aux moyens de faire redémarrer notre vie publique, notre économie, les secteurs sociaux. Cela m’impressionne beaucoup de voir élaborer, secteur par secteur, d’un domaine de vie à l’autre, des stratégies qui veillent dans les moindres détails aux choses importantes et qui jouent un si grand rôle dans la lutte contre ce virus, à savoir maintenir les distances, se protéger, porter des masques, aussi bien pour assurer la sécurité au travail que dans la vie sociale. Ces stratégies prudentes de protection au travail s’accompagnant de règles de distanciation physique et d’hygiène, de même que les propositions de la Conférence permanente des ministres de l’Éducation et des Affaires culturelles des Länder, de la Conférence des ministres de la Jeunesse, ou encore celles des communautés religieuses que nous venons de voir ne font qu’illustrer la manière dont s’organise pour ainsi dire le quotidien à venir en ces temps de pandémie. Cela avance très très bien.

Une fois ces différentes stratégies élaborées, la responsabilité de décider quand redémarrer reste, bien entendu, entre nos mains en tant que responsables politiques. Ces décisions, ces réflexions sont difficiles. En effet, il n’y a pas d’automatisme, il nous faut à chaque fois considérer avec prudence la situation dans son ensemble. Nous avons sans cesse la grande responsabilité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de retomber dans une situation encore plus difficile et avancer pas à pas.

Jusqu’ici, nous avons réussi à ralentir la dynamique de propagation du virus. Cela doit rester notre idée maîtresse d’autant que les scientifiques de nos grandes organisations de recherche ne cessent de dire que nous devons et devrions nous efforcer de réduire encore le nombre de personnes contaminées, même si elles sont déjà nettement moins nombreuses aujourd’hui. Il s’agit avant tout aussi de pouvoir comprendre les chaînes de contamination. Dans ce contexte, le secteur de la santé publique a fait de l’excellent travail. Je tiens également à remercier vivement toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs de ces services publics de santé. À l’heure actuelle, ils détiennent pour ainsi dire en grande partie la clé de notre avenir. C’est pourquoi nous les avons soutenus et encouragés.

Tout assouplissement des restrictions appliquées jusqu’à présent a, bien sûr, pour conséquence que les gens se déplacent à nouveau en public, se rencontrent davantage, que les centres-villes et les moyens de transport se remplissent. Nous devons donc garder constamment en vue les répercussions automatiques sur les nouvelles infections possibles. Je pense que la Fédération et les Länder sont bien d’accord sur ce point. La Décision que nous venons d’adopter le montre également. Il est donc essentiel de rester disciplinés, de maintenir les distances de sécurité et de respecter les règles d’hygiène.
Dans toutes les mesures que nous prendrons, nous réfléchirons toujours bien aux implications sanitaires, aux répercussions sur la cohésion sociale de notre société et surtout aux aspects économiques. Tout cela doit être pesé avec soin. Comme nous l’avons exprimé aujourd’hui, nous savons que la Fédération et les Länder doivent être en mesure de remarquer de bonne heure si la courbe des infections repart en flèche. Nous devons donc disposer d’un système d’alerte et, le cas échéant, être prêts à réagir. Je suis reconnaissante que nous soyons bien d’accord sur ce point.

Les discussions d’aujourd’hui ont donc été une étape. Car les 12 à 14 jours nécessaires avant de connaître les répercussions des mesures prises, notamment l’ouverture des magasins, sur l’évolution des infections ne se termineront pas avant le 6 mai. C’est pourquoi, dès la semaine prochaine, nous nous réunirons à nouveau. Nous avons par conséquent pris aujourd’hui des décisions ponctuelles mais nous adopterons surtout la semaine prochaine un nouvel ensemble de mesures plus poussées.
Nous étions aujourd’hui à nouveau tous d’accord sur le fait que les grands rassemblements ne pourraient pas être autorisés avant le 31 août. Nous avons encore apporté quelques précisions : les grands événements sportifs, les fêtes populaires avec un public, les grands concerts, les festivals, les fêtes de village, de quartier, de rue, les fêtes viticoles et de tir ainsi que les kermesses devront demeurer interdites pendant un certain temps encore.

Je voudrais remercier les Églises et les communautés religieuses qui ont présenté une excellente stratégie. La responsabilité relève certes des Länder mais les services religieux vont pouvoir reprendre dans les conditions qui y auront été fixées en coopération avec les Églises et les communautés religieuses.

Nous avons décidé de rouvrir également les aires de jeux, à condition que soient respectées certaines contraintes – que les Länder préciseront – ainsi que, sous certaines conditions, les institutions culturelles comme les musées, les expositions, les galeries, les sites de mémoire, les jardins zoologiques et botaniques.

Le 6 mai, nous évaluerons les stratégies des ministres de l’Éducation et des Affaires culturelles, de la Jeunesse et des Sports et déciderons très clairement dans quel ordre et de quelle manière les écoles et les jardins d’enfants vont pouvoir reprendre, de même que certaines activités sportives, bien entendu dans des conditions précises.

Nous avons également parlé des perspectives que nous devons naturellement donner aussi aux autres secteurs. C’est pourquoi les conférences des ministres compétents des Länder ont été chargées de préparer d’ici la conférence qui suivra celle du 6 mai – la date n’est pas encore fixée – des perspectives et des conditions-cadre pour la réouverture progressive des offres gastronomiques et touristiques et concernant les autres institutions culturelles, bien entendu à la condition que l’évolution des infections nous y autorise.

Nous avons entendu aujourd’hui les chiffres concernant le chômage et le nombre de personnes en chômage partiel. Nous savons qu’il y a des répercussions économiques profondes que nous essayons d’amortir. Et pourtant, ces répercussions sont, bien sûr, associées à de grosses, à de très grosses difficultés pour les salariés, les chefs d’entreprise, les travailleurs indépendants et beaucoup d’autres. C’est pourquoi nous y faisons attention. Néanmoins, je suis fermement convaincue de ceci : c’est en veillant à progresser, sans revenir en arrière, en autorisant davantage de contacts que nous prenons le mieux soin des intérêts de l’économie en même temps que des intérêts des contacts sociaux. C’est pourquoi l’essentiel reste la prudence et le respect des règles d’hygiène.