« Laisser à la science la place de déployer sa magie »

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Le chancelier fédéral à la Convention des sciences technologiques « Laisser à la science la place de déployer sa magie »

Dans son discours officiel pour le 20e anniversaire de la Convention des sciences technologiques (acatech), le chancelier fédéral a mis en avant la grande valeur de la science particulièrement en temps de crise. Quand les anciennes certitudes s’effondrent, on a plus que jamais besoin de « magie », a-t-il déclaré.

Temps de lecture: 5 min.

Le chancelier fédéral Olaf Scholz s’exprime lors de la cérémonie officielle de la Convention des sciences technologiques.

Olaf Scholz a remercié acatech pour son travail au Conseil pour l’avenir. Cette instance aide à faire avancer les innovations et à repérer précocement les tendances technologiques.

Photo : Gouvernement fédéral/Heinl

Dépasser l’imaginable : dans son discours lors de la cérémonie officielle à la Convention des sciences technologiques (acatech), le chancelier fédéral Olaf Scholz a souligné que le progrès et les innovations technologiques requéraient des chercheuses et des chercheurs aux idées libres et pleins de curiosité scientifique.

Cette magie, acatech l’accomplit selon lui « quotidiennement, en élaborant les innovations depuis leur idée première jusqu’à leur application et en réunissant autour de la même table science, économie et société ». Acatech est un enrichissement pour l’Allemagne et un investissement d’une importance vitale dans notre avenir.

La Convention des sciences technologiques de l’Union des académies des Sciences allemandes (acatech) est une académie nationale financée par la Fédération et les Länder, et la voix des sciences technologiques dans le pays et à l’étranger. Elle est placée sous le parrainage du président fédéral Frank-Walter Steinmeier. Acatech conseille le monde politique et la société sur les questions d’avenir par le prisme des sciences technologiques et de la politique technologique.

Quand les anciennes certitudes s’effondrent, on a plus que jamais besoin de magie en ces temps troublés, a déclaré le chancelier fédéral. La guerre russe a selon lui détruit ces certitudes car elle « cherche à repousser par la force les frontières de l’Europe et refuse à un autre pays le droit d’exister ». Le courage des Ukrainiennes et des Ukrainiens dans leur lutte pour la liberté, pour leur pays et pour leur vie est admirable. M. Scholz a répété que l’on continuerait à soutenir l’Ukraine – et ce, aussi longtemps que nécessaire.

Un approvisionnement énergétique indépendant de la Russie

La guerre menée par la Russie a également mis en évidence le fait que l’enjeu était plus grand puisqu’il s’agit de « nos règles de coopération et de cohésion, nos valeurs et notre prospérité ». Ce tournant historique concerne donc chacune et chacun d’entre nous.

« Nous devons plus que jamais faire avancer la transformation de notre économie vers la neutralité climatique et devenir indépendants des combustibles fossiles », a affirmé Olaf Scholz. L’Allemagne se positionne ainsi face aux thèmes d’avenir et doit pouvoir organiser son approvisionnement énergétique indépendamment de la Russie. M. Scholz a cité pour exemple positif les premiers terminaux de gaz liquéfié qui rejoindront le réseau dès la nouvelle année. En outre, les stocks de gaz sont désormais remplis à 95 %.

Pour relever les défis de la « plus grande mutation depuis le début de l’industrialisation », c’est-à-dire la double transformation de la décarbonation et de la transformation numérique, « nous avons besoin des technologies nécessaires et d’un échange dense entre le monde politique et les sciences technologiques », a poursuivi le chancelier fédéral.

Objectif souveraineté technologique

S’adressant à acatech, M. Scholz a fait référence à son lancement il y a 20 ans : « Vous n’avez cessé d’assurer le progrès. Vous avez contribué de manière décisive à adapter la formation universitaire des ingénieurs aux exigences de l’époque. » Les pronostics concernant le développement de la mobilité ont constitué une base capitale de la politique des transports. Acatech a selon lui reconnu précocement l’importance du champ du génie médical. La coopération interdisciplinaire fait à ses yeux « partie de l’ADN d’acatech depuis son premier jour », de même que la transmission de l’importance de la technologie aux citoyennes et aux citoyens.

C’est pourquoi l’Allemagne doit affirmer sa souveraineté relativement à certaines technologies clés, selon le chancelier fédéral.

« Je pense par exemple aux semi-conducteurs, à la microélectronique et à l’électronique quantique, aux technologies de la communication et de l’énergie ainsi, bien sûr, qu’à l’intelligence artificielle. » Les technologies quantiques sont encore un exemple d’espoir. « En matière de recherche, nous sommes déjà à la pointe mondiale de ce domaine. »

Projet d’une agence pour le transfert et l’innovation

Afin de mettre en application les résultats de la recherche et de former le début d’une chaîne de valeur, le gouvernement fédéral souhaite faciliter l’intégration des créateurs et des startups dans le monde économique. « Nous sommes pour cela en train de créer une agence pour le transfert et l’innovation qui allierait science, économie et services publics », a annoncé M. Scholz.

En la matière, l’expertise d’acatech est essentielle, a affirmé le chancelier fédéral. Un bon exemple en est la façon dont fait école, à travers l’Europe entière, l’idée du « Mobility Data Space », co-initiée et développée par acatech.

Le Mobility Data Space est l’un des projets phares de Gaia-X, vivant de l’échange de données entre l’industrie automobile, les prestataires de services de mobilité et les communes, ce qui montre la « nécessaire coopération entre science, économie et politique, entre les communes, les Länder, la Fédération et l’Europe », a affirmé Olaf Scholz dans son discours. En lien avec le projet d’avenir couronné de succès « Industrie 4.0. » et les thèmes de l’intelligence artificielle et de la robotique, le chancelier fédéral a cité dans son allocution la plateforme des systèmes d’auto-apprentissage implantée auprès d’acatech.

La recherche et l’inventivité sont les clés de l’utilisation de l’hydrogène

L’hydrogène vert et les technologies de l’hydrogène constituent aussi un « méga-thème », selon le chancelier fédéral, conditionnant la réussite de la transition énergétique et « ainsi l’ensemble de la transformation de notre économie vers la neutralité climatique ». La clé de l’application de l’hydrogène à l’échelle industrielle se trouve dans la recherche et l’inventivité, toutes choses en quoi acatech apporte sa contribution active, comme par exemple avec la plateforme des systèmes d’énergie d’avenir (ESYS) et la « boussole hydrogène ».