Discours du chancelier Friedrich Merz à l’occasion de la remise du Prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle à Mario Draghi
M. Merz a salué en Mario Draghi, lauréat du Prix Charlemagne de cette année, un grand Européen. Dans son discours, il a repris le message central de M. Draghi : l’Europe doit investir davantage dans sa compétitivité, sa souveraineté, sa défense et sa capacité à préparer l’avenir.
Le chancelier Friedrich Merz a présenté le lauréat du Prix Charlemagne Mario Draghi comme une boussole pour l’Europe de demain – y compris sur le plan budgétaire : l’Europe a besoin d’un budget axé sur l’investissement, sans nouvelle dette.
Photo : Gouvernement fédéral/Henning Schacht
Dans son éloge prononcé à l’occasion de la remise du Prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle à l’homme politique italien Mario Draghi, le chancelier fédéral Friedrich Merz a dépeint une Europe qui s’éveille d’une phase de « faux optimisme » et doit retrouver sa place dans un monde en pleine recomposition.
Une boussole pour l’Europe de demain
M. Merz s’est fait l’écho de l’avertissement de Mario Draghi : « Une Europe incapable de défendre ses intérêts ne pourra pas préserver ses valeurs à long terme. » Dans son discours, le chancelier fédéral a présenté M. Draghi comme une figure décisive du sauvetage de l’euro et comme un guide intellectuel pour l’avenir de l’Europe.
Il a salué le courage dont M. Draghi a fait preuve pendant la crise de l’euro : « En une période particulièrement difficile, vous avez pris soin de l’euro et stabilisé la zone monétaire » - un engagement qui a porté ses fruits. Selon le chancelier fédéral, les analyses de Mario Draghi sont « sans concession », ses recommandations « très concrètes » et ses réponses « claires et ambitieuses ». Il a également repris le surnom de « Super Mario » pour désigner le lauréat du Prix Charlemagne de cette année.
L’essentiel à retenir :
- Le réveil géopolitique de l’Europe : dans son discours d’éloge, Friedrich Merz a décrit une Europe appelée à s’affirmer dans un monde en pleine recomposition et à définir plus clairement ses intérêts. L’Europe s’est « réveillée », a déclaré le chancelier, et commence à conjuguer puissance économique, capacités de défense et clarté géopolitique. Le chancelier fédéral s’est fait l’écho de l’avertissement de Mario Draghi en faveur d’une Europe souveraine et capable de se défendre. Il en découle, selon le chancelier, la nécessité de réduire les dépendances, de recourir aux instruments de puissance et de soutenir résolument l’Ukraine.
- Réforme du budget de l’UE : dans son discours, Friedrich Merz a également qualifié le budget de l’UE de dépassé et trop orienté vers la redistribution. « Plus des deux tiers des fonds européens sont consacrés à la redistribution et aux subventions », a souligné le chancelier. Face aux défis actuels, l’Europe a toutefois besoin d’un budget moderne et axé sur l’investissement – d’un « budget à la Draghi », a insisté le chancelier. Le chancelier fédéral a par ailleurs clairement rejeté toute nouvelle dette européenne : « L’Allemagne ne peut s’engager dans cette voie, ne serait-ce que pour des raisons constitutionnelles. »
- Renforcement du marché intérieur : le marché intérieur européen doit redevenir un moteur de croissance et d’innovation, a déclaré le chancelier Friedrich Merz. De nombreux potentiels restent entravés par la bureaucratie, la lenteur des procédures et le manque de dynamisme. Selon l’analyse de Mario Draghi, l’Europe dispose certes d’une structure économique solide, mais elle « manque de dynamisme » et les résultats de la recherche sont « trop peu et trop lentement transformés en modèles économiques ». Le chancelier fédéral a qualifié les récentes décisions de l’UE de pas dans la bonne direction, notamment en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles, de mobilité des travailleurs et d’allégement des charges administratives. Ces décisions reflètent les recommandations formulées par Mario Draghi, a déclaré le chancelier fédéral.
Retrouvez ici la transcription du discours du chancelier fédéral :