« Votre voix est écoutée »

Discussion sur la politique pour la jeunesse « Votre voix est écoutée »

Ne pas parler des autres mais avec les autres, telle était l’idée de la discussion qui a réuni la chancelière Angela Merkel, la ministre Franziska Giffey et plus de 100 jeunes à propos de la nouvelle stratégie pour la jeunesse. « La journée d’aujourd’hui était un encouragement à mieux s’écouter et à mieux se comprendre mutuellement », a déclaré Angela Merkel. Aux yeux des jeunes invités, un thème revêtait une importance particulière.

Présentation de la nouvelle stratégie pour la jeunesse : la chancelière fédérale Angela Merkel et la ministre fédérale de la Famille Franziska Giffey ont reçu une centaine de jeunes à Berlin pour un débat

Présentation de la nouvelle stratégie pour la jeunesse : la chancelière fédérale Angela Merkel et la ministre fédérale de la Jeunesse Franziska Giffey ont reçu une centaine de jeunes à Berlin pour un débat

Photo : Bundesregierung/Kugler

« Avoir l’occasion de parler ici de manière informelle avec la chancelière était vraiment très enrichissant », raconte le jeune Eric juste après le débat à la Chancellerie fédérale. Âgé de 18 ans et originaire de Schönebeck en Saxe-Anhalt, il fait partie de la bonne centaine de jeunes qui a pu discuter avec Angela Merkel et Franziska Giffey de cette question cruciale : comment impliquer les jeunes adultes dans la politique et comment faire pour qu’ils y contribuent de manière concrète ?  

Une participation active à la stratégie pour la jeunesse

Jusqu’en classe de 7e, Eric ne voulait rien avoir à faire avec la politique. « Cela m’indifférait complètement, comme beaucoup de jeunes de mon âge, je n’étais pas intéressé par les sujets politiques », se rappelle le lycéen. Puis un jour, le cours de politique à l’école l’a captivé. « Tout à coup, j’ai aussi eu envie de regarder le journal télé tous les soirs ». Son intérêt allant croissant, Eric s’est engagé dans le conseil des jeunes et dans la politique communale. Il s’est également rendu aux Journées de la politique pour la jeunesse organisées par le ministère fédéral de la Jeunesse et a ainsi pu participer avec d’autres aussi enthousiastes que lui à l’élaboration de la stratégie pour la jeunesse du gouvernement fédéral.

La jeune génération est évidemment concernée par les réformes faites dans tous les domaines politiques. Les conséquences ne sont pas toujours les mêmes pour elle que pour les autres classes d’âge. C’est pour cette raison que le gouvernement fédéral a élaboré une stratégie pour la jeunesse. « Il ne faut pas que ce soit un dispositif créé et appliqué sans consultation des jeunes », a souligné la chancelière Angela Merkel. La ministre fédérale de la Jeunesse Franziska Giffey a déclaré : « Nous voulons donner de la visibilité à la jeunesse et faisons en sorte que ses intérêts soient toujours pris en compte dans tous les secteurs. »

Un point est particulièrement important pour Eric : dans les parlements des jeunes et au sein des comités municipaux, les jeunes devraient pouvoir décider seuls des sujets qu’ils veulent aborder. « Si par exemple, dans mon quartier, j’estime qu’un passage piéton est nécessaire devant mon école, je veux pouvoir en parler de moi-même au comité en charge des travaux et ainsi ouvrir le débat ». Son idée, Eric en a également fait part à la chancelière. « Elle a accepté d’évoquer cette proposition lors d’une réunion avec des représentants des communes. » 

Pour Eric et les autres jeunes, il est capital d’améliorer les possibilités de participation des jeunes à la vie politique. Celina lance ainsi un appel au monde politique et aux adultes : « Lorsque des jeunes s’engagent en politique, écoutez-les ». Une politique jeune nécessite un traitement d’égal à égal.

Atteindre tous les jeunes

Là d’où il vient, Eric a eu de bonnes expériences en allant parler avec d’autres jeunes. Avec le conseil des jeunes, il organise souvent des sessions de formation à la politique dans des clubs de jeunes. « Au début, beaucoup sont sceptiques. Mais lorsque je leur explique clairement et que je leur dis : votre voix n’est jamais trop faible, elle est écoutée ! – alors certains commencent à réfléchir ».

Pour Leon, la stratégie pour la jeunesse du gouvernement fédéral est « un pas important dans la bonne direction ». Il considère qu’il est déterminant d’atteindre tous les jeunes et de parvenir à ce qu’ils s’engagent, quel que soit le type d’établissement scolaire qu’ils fréquentent. Leon en est convaincu, « on peut y arriver grâce à un enseignement politique en classe mais aussi par la participation à des associations de jeunes ».

Lisa, 21 ans, originaire de Backnang dans le Bade-Wurtemberg, veut elle aussi encourager les jeunes à s’impliquer davantage en politique. Pour elle, Greta Thunberg est le meilleur exemple. « Même un petit caillou peut déclencher une avalanche. »

Lisa et Eric

Visite à la Chancellerie fédérale : Lisa du Bade-Wurtemberg et Eric de Saxe-Anhalt veulent motiver d’autres jeunes à s’engager en politique

Photo : Bundesregierung/Kugler

La stratégie pour la jeunesse n’est qu’un commencement

Comme on a pu l’observer à la Chancellerie fédérale, les jeunes ont tous à cœur la politique pour l’environnement et le climat. Mais ils s’intéressent sur le fond à bien d’autres sujets dans tous les domaines politiques. La chancelière et la ministre ont clairement indiqué que la stratégie pour la jeunesse présentée n’était qu’un début. Angela Merkel a ainsi annoncé la tenue d’une conférence pour la jeunesse et Franziska Giffey la création du programme « Parlements des enfants et des jeunes ».

Après la discussion, la chancelière a enjoint les jeunes à persévérer dans leur engagement. « Imposez-vous et ne vous laissez pas abattre. Nous sommes prêts au dialogue ». Du haut de ses 18 ans, Eric se réjouit, mais prévient également : « Nous suivrons de près ce que font Madame Merkel et Madame Giffey. La stratégie pour la jeunesse ne doit pas rester lettre morte ».

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