L’Europe peut faire bouger les lignes à l’échelle mondiale

Forum européen de la WDR L’Europe peut faire bouger les lignes à l’échelle mondiale

« Émancipation dans un contexte de crise », tel était cette année l’intitulé du Forum européen de la Westdeutscher Rundfunk (WDR). La chancelière fédérale s’est exprimée, lors d’une interview, sur le rôle de l’UE dans le monde, ainsi que sur d’autres défis d’actualité en matière de politique européenne.

La chancelière fédérale Angela Merkel et Andreas Cichowicz, rédacteur en chef de la Norddeutscher Rundfunk, sur deux écrans pendant leur visioconférence

Lors du forum de la WDR, la chancelière fédérale Angela Merkel a notamment discuté avec le rédacteur en chef de la NDR Andreas Cichowicz

Photo : Bundesregierung/Bergmann

L’entretien d’Angela Merkel avec les deux journalistes de la première chaîne de télévision allemande ARD Andreas Cichowicz et Tina Hassel, lors du Forum européen de la WDR, s’est concentré sur la question du rôle de l’UE dans le monde. Si la communauté souhaite être plus active et plus indépendante sur la scène internationale, les ministres des Affaires étrangères de l’UE n’ont par exemple pas réussi à s’entendre sur une déclaration commune dans le récent conflit au Proche-Orient. La Hongrie a en effet refusé de s’y joindre.

Des problèmes non résolus incitent à poursuivre le travail

La chancelière a affirmé que l’Europe ne pouvait résoudre tous les conflits de la planète. Celui au Proche-Orient justement compte parmi les « plus compliqués » : « Il y a des zones d’ombre et de lumière, et beaucoup de problèmes non résolus. Mais cela incite à poursuivre le travail. »

Malgré tout, la chancelière estime qu’il existe des preuves que l’Europe peut faire bouger les choses, comme sur le dossier libyen, où l’on est parvenu dans les grandes lignes à trouver une position européenne commune. « Nous sommes certes encore loin d’avoir réglé la situation, mais il y a tout de même un gouvernement intérimaire chargé de préparer les élections. » L’UE a aussi su assumer des responsabilités en Afrique, en particulier dans la zone du Sahel.

Davantage de compétence de l’UE dans le domaine de la santé

Concernant l’avenir, Mme Merkel trouve que le récent lancement d’une conférence sur l’avenir de l’Europe est une bonne chose.

En référence à la pandémie, la chancelière s’est dite favorable à ce que l’UE soit une entité capable de modifier son traité lorsque cela est nécessaire. La pandémie a permis de comprendre que certains aspects de la politique sanitaire ne peuvent être résolus qu’à l’échelle européenne. Ce n’est pas parce que la santé est une compétence nationale et que le traité existant ne le permet pas que l’on peut dire qu’il ne sera jamais possible de « communautariser certains aspects de la politique sanitaire ».

Le fonds de relance est la réponse appropriée à la pandémie

C’est sous la présidence allemande du Conseil de l’UE qu’a été créé le fonds de relance. Mme Merkel a réitéré que ce dernier constituait la réponse appropriée à la pandémie et à ses répercussions économiques.

La pandémie n’est pas comparable à la crise de l’euro. Pendant cette dernière, c’est à juste titre, au nom de la cohésion, que la zone euro a été rendue plus unitaire, tandis qu’étaient mis en place des outils de réaction aux crises « qui nous ont rendus plus résistants face aux actions des marchés financiers internationaux ». Cette période a été dure pour de nombreux États membres.

En revanche, des pays tels que le Portugal, l’Espagne et la Grèce, qui venaient de mettre en œuvre leurs réformes, ont été frappés par la pandémie sans en être aucunement responsables. « Sur ce point, l’action de l’UE était tout indiquée. Et c’est pourquoi nous aussi, du côté allemand, avons appuyé ces mesures inhabituelles. » La chancelière a dit soutenir l’endettement de l’UE et un aménagement commun de ce fonds de relance.

Des relations étroites avec la France

L’amitié franco-allemande a également compté parmi les sujets de l’entretien. Angela Merkel a souligné la proximité du partenariat liant l’Allemagne et la France.

Mais l’amitié franco-allemande se caractérise aussi par le fait de devoir trouver « en permanence, à partir de points de vue divergents, de pratiques culturelles diverses, de structures étatiques différentes, des approches communes ». C’est là le côté positif. Et c’est précisément ce en quoi nous avons réussi à avancer sous cette législature, en renouvelant et en modernisant le traité de l’Élysée par le traité d’Aix-la-Chapelle.

« Émancipation dans un contexte de crise – Vers une autonomie européenne accrue » : telle était la devise du 23e Forum européen de la WDR. La chancelière fédérale Angela Merkel s’est entretenue avec la directrice du studio ARD de Berlin Tina Hassel et le rédacteur en chef de l’organisme de radiotélévision Norddeutscher Rundfunk (NDR) Andreas Cichowicz quant aux défis actuels de la politique européenne en temps de pandémie.

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