« Nous ne sommes pas le jouet des grandes puissances »

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Déclaration de politique générale du chancelier fédéral en amont du Conseil européen « Nous ne sommes pas le jouet des grandes puissances »

Dans sa déclaration de politique générale en amont du Conseil européen, M. Merz a appelé l’Allemagne ainsi que ses partenaires européens et internationaux à une action résolue : « Il nous appartient de décider si nous sortirons de cette rupture historique renforcés. »

Temps de lecture: 6 min.

Le chancelier fédéral Friedrich Merz à la tribune du Bundestag

Dans sa déclaration de politique générale, le chancelier fédéral Friedrich Merz a plaidé pour un rôle actif de l’Allemagne.

Photo : Gouvernement fédéral/Henning Schacht

À la veille du Conseil européen des 18 et 19 décembre à Bruxelles, le chancelier fédéral Friedrich Merz a appelé l’Allemagne et l’Union européenne à assumer un rôle clé dans un ordre mondial en mutation. « Nous ne pouvons pas nous contenter d’observer passivement la recomposition de l’ordre mondial », a-t-il souligné, ajoutant : « Nous ne sommes pas le jouet des grandes puissances. »

S’agissant des défis à venir, le chancelier fédéral Friedrich Merz s’est dit confiant dans la capacité des Européens à les surmonter par leurs propres moyens. « Nous voulons et nous devons rester un acteur à part entière, capable de défendre ses intérêts et ses valeurs avec détermination et force de conviction », a affirmé M. Merz, ajoutant : « Et nous en sommes capables. »

Lisez ici l’intégralité de la déclaration de politique générale (en allemand).

Le chancelier fédéral a notamment abordé les sujets suivants :

La liberté en Europe 

Le chancelier a remercié les millions de combattantes et de combattants ukrainiens pour leur engagement en faveur de la liberté de leur pays, soulignant qu’« ils se battent aussi pour notre liberté en Europe ». 

Le rôle de l’Allemagne

Face aux profondes transformations mondiales, le chancelier fédéral Friedrich Merz a évoqué un tournant décisif pour l’Allemagne : « Nous sommes fermement déterminés à ce que l’Allemagne ne devienne ni la victime ni l’objet de ces processus. Nous ne sommes pas le jouet des grandes puissances. Nous voulons et nous devons rester un acteur à part entière, et nous en sommes capables », a-t-il déclaré.

Il s’agit, a-t-il précisé, de préserver notre capacité d’action et de garantir notre souveraineté face aux influences extérieures. Dans le même temps, le chancelier a rappelé que la responsabilité de la suite du processus relevait avant tout de l’Allemagne elle-même : c’est « à nous » qu’il revient de déterminer la manière dont l’Allemagne émergera de cette « rupture » historique.

Réalisations du gouvernement fédéral 

Dans sa déclaration de politique générale, M. Merz a souligné que l’Allemagne avait retrouvé sa place sur la scène internationale — notamment grâce au renforcement de ses propres capacités de défense. « Nous devons être suffisamment forts pour que personne ne nous attaque. Autrement dit, nous devons être en mesure d’assurer une dissuasion crédible. Et cela n’est possible que si les démocraties sont mieux armées que les régimes autocratiques. Voilà l’enjeu fondamental. »

Par ailleurs, M. Merz a évoqué des mesures de soutien à l’économie. Il a cité en exemple le tarif de l’électricité pour l’industrie, dont les effets devraient se faire nettement sentir dès l’an prochain. La politique migratoire fait elle aussi l’objet d’une « correction de cap », a précisé le chancelier. 

Résultats de la conférence de Berlin 

Pour le gouvernement fédéral, la sécurité et la stabilité de l’Ukraine constituent également une garantie de liberté et de souveraineté pour l’Europe. Le chancelier fédéral Friedrich Merz a salué les négociations menées ces derniers jours entre les partenaires internationaux : « On ne saurait être plus pleinement engagé sur le terrain diplomatique », a-t-il déclaré. Dans le même temps, il a vivement critiqué le dirigeant russe Vladimir Poutine pour la poursuite des attaques et le refus d’un cessez-le-feu pendant la période de Noël. 

Friedrich Merz a résumé les conclusions de la conférence de Berlin en trois messages clairs : Il n’y aura pas de paix durable au prix de la sécurité de l’Ukraine ou de l’Europe. En outre, l’Ukraine ne doit pas être contrainte à des concessions territoriales unilatérales. Enfin, l’Ukraine devra disposer de forces armées solides et pouvoir s’appuyer sur des garanties de sécurité de la part de ses partenaires occidentaux. Le prix de la paix inclut également « que l’Allemagne, aux côtés de ses alliés, contribue à des garanties de sécurité pour l’Ukraine après un cessez-le-feu », a souligné le chancelier.

Utilisation des avoirs gelés

Le chancelier fédéral a déclaré que l’utilisation des avoirs russes gelés pourrait « financer les forces armées ukrainiennes pendant au moins deux années supplémentaires ». Dans le même temps, il a rejeté les critiques selon lesquelles cette mesure ne servirait qu’à prolonger la guerre, soulignant au contraire que la décision avait été prise « pour y mettre fin le plus rapidement possible ». La proposition de la Commission européenne est « en totale conformité avec le droit international et les engagements internationaux », a-t-il précisé.

Tarir, par des sanctions, les sources de financement de la machine de guerre russe, continuer à soutenir financièrement l’Ukraine et « mettre tout notre poids politique dans la balance des négociations de paix » : toutes ces choses que nous faisons déjà ne suffisent pas, a déclaré M. Merz, ajoutant que la pression sur Vladimir Poutine devait encore s’intensifier afin de l’amener à entrer dans des négociations sérieuses. « C’est précisément pour cela que la décision des chefs d’État et de gouvernement européens est nécessaire, et je m’engagerai personnellement en faveur d’une telle décision dès ce soir à Bruxelles », a déclaré le chancelier.

Accord avec le MERCOSUR 

Peu avant l’ouverture du Conseil européen à Bruxelles, le chancelier fédéral Friedrich Merz a plaidé avec insistance en faveur du projet d’accord de libre-échange avec les quatre États du MERCOSUR. « La capacité d’action de l’Union européenne se mesure aussi à sa faculté de conclure enfin cet accord commercial après vingt-six années de négociations. », a-t-il souligné. M. Merz a également indiqué que l’accord renforcerait le marché intérieur européen. Il a écarté les critiques, estimant que, dans le contexte actuel, ceux qui « chipotent sur des détails » de grands accords n’ont pas compris où se situent les véritables priorités.

Avenir de l’UE

Le chancelier fédéral Friedrich Merz a souligné que l’Union européenne devra, à l’avenir, utiliser ses ressources financières de manière plus ciblée afin de relever les défis de notre époque. Il a mis en garde contre le risque de s’enfermer dans de vieux schémas et a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer comme avant. Nous devons renforcer la capacité de défense de l’Europe et assurer la compétitivité de notre économie. »

Par ces mots, le chancelier fédéral a souligné qu’il ne s’agissait pas seulement d’adapter les structures existantes, mais bien d’opérer une transformation en profondeur de la politique européenne. L’UE doit renforcer son autonomie en matière de politique de sécurité tout en favorisant le dynamisme économique de ses États membres. Selon M. Merz, une occasion historique se présente actuellement : l’Union peut consolider son rôle d’acteur géopolitique tout en jetant les bases d’une prospérité durable.

Situation au Proche-Orient 

Le chancelier fédéral a expressément salué le cessez-le-feu dans la bande de Gaza négocié par le président américain Donald Trump. Cette avancée constitue, selon lui, un signal important quant à la possibilité d’une pacification durable de la région. M. Merz a toutefois souligné qu’il était désormais décisif de parvenir à une mise en œuvre réussie de la deuxième phase du plan de paix. Ce n’est que si les mesures politiques et humanitaires convenues sont appliquées de manière rigoureuse que l’actuelle trêve pourra déboucher sur une perspective durable de paix et de stabilité.