Entretien sur la protection du climat et les relations germano-turques

La chancelière Angela Merkel rencontre le président Erdoğan Entretien sur la protection du climat et les relations germano-turques

La chancelière fédérale Angela Merkel a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdoğan à Istanbul. Les relations entre l’UE et la Turquie, la protection internationale du climat ainsi que la situation en Syrie et en Afghanistan figuraient au menu de leur échange. Bien des arguments plaident en faveur de bonnes relations entre l’Allemagne et la Turquie, a déclaré la chancelière.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président turc Erdogan

À Istanbul, la chancelière fédérale Angela Merkel a rencontré le président Erdoğan pour parler notamment des plus de trois millions de personnes d’origine turque qui vivent en Allemagne ainsi que de l’importance de la protection mondiale du climat.

Photo : Bundesregierung/Bergmann

De nombreux arguments invitent à œuvrer en faveur de bonnes relations entre l’Allemagne et la Turquie – c’est ce qu’a souligné la chancelière fédérale Angela Merkel à l’issue de son entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan. Entre autres choses, et non des moindres, on mentionnera les plus de trois millions de personnes d’origine turque vivant en Allemagne et l’accord de recrutement signé il y a 60 ans.

La chancelière a évoqué de nombreux récits émouvants auxquels on a assisté à l’occasion de l’anniversaire de l’accord. Par exemple, des médecins ou des scientifiques ont parlé avec leurs parents venus de Turquie, et parfois aussi leurs grands-parents, de ce que cet accord a signifié pour eux et pour leur parcours de vie. Dans ce contexte, il existe de très nombreux exemples de réussite, parmi lesquels le vaccin contre la Covid-19 développé par Özlem Türeci et Uğur Şahin.

« Je me félicite de la ratification, par la Turquie, de l’accord de Paris »

La chancelière fédérale Angela Merkel a rencontré le président Erdoğan samedi à Istanbul. Organisé dans le quartier historique de Tarabya, sur la rive du Bosphore, leur entretien a porté essentiellement sur la protection mondiale du climat, un sujet de première importance, selon Mme Merkel, si l’on en juge par l’extrême gravité des incendies de forêt en Turquie et les inondations dramatiques survenues en Allemagne.

« Je me félicite sincèrement que la Turquie ait désormais ratifié l’accord de Paris, a-t-elle déclaré. Lorsque nous nous retrouverons à Rome, nous pourrons dire que tous les États membres du G20 respectent cet accord. » L’Allemagne apportera également à l’échelon bilatéral son soutien à la Turquie pour le développement de technologies non polluantes.

Les questions des droits de l’homme à l’ordre du jour

La chancelière Angela Merkel a déclaré avoir échangé avec le président turc sur l’ensemble de l’ordre du jour des relations bilatérales. Elle a également évoqué les cas des citoyens allemands actuellement privés de liberté en Turquie et non autorisés à quitter le territoire. Ces dernières années, les questions des droits de l’homme ont, à plusieurs reprises, occupé une place importante, a expliqué la chancelière.

Les relations entre l’UE et la Turquie

La question des relations entre l’Union européenne et la Turquie a également été abordée. À cet égard, la lutte contre la migration illégale est bien sûr capitale, de même que le soutien que l’UE doit continuer d’apporter à la Turquie, a ajouté Mme Merkel. « La Turquie fournit un effort extraordinaire pour venir en aide aux réfugiés syriens », a-t-elle déclaré.

Mais, dans ce contexte, la situation en Syrie à proprement parler doit bien sûr être également prise en considération. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’un échange intensif, au même titre que la question libyenne. Il convient désormais d’organiser au plus vite des élections en Libye et de trouver une solution durable pour le pays.

L’aide humanitaire en Afghanistan

Au sujet de l’Afghanistan, la chancelière a expliqué qu’« afin que la population afghane ne soit pas elle aussi victime des passeurs et des trafiquants d’êtres humains, nous devons veiller à garantir l’arrivée de l’aide humanitaire en Afghanistan ». Elle s’est engagée à ce que l’Allemagne soutienne en particulier les organismes des Nations Unies pour que l’hiver ne tourne pas à la catastrophe en Afghanistan.

L’entretien à Istanbul avec le président a été approfondi, a rapporté la chancelière, plus que jamais convaincue « que seuls les contacts et le dialogue permettront de surmonter les différents points d’achoppement – qu’il s’agisse des droits de l’homme, de Chypre ou d’autre chose ».