Bosnie-Herzégovine

Renforcer la perspective européenne des Balkans occidentaux

L’Allemagne restera un partenaire majeur de la Bosnie-Herzégovine. C’est ce qu’a assuré la chancelière fédérale Angela Merkel au président du conseil des ministres Denis Zvizdić.

La chancelière fédérale Angela Merkel reçoit le président du conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine Denis Zvizdić

La chancelière fédérale Angela Merkel reçoit le président du conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine Denis Zvizdić à Berlin

Photo : Bundesregierung/Kugler

Les deux pays ont l’intention de coopérer encore plus étroitement dans la lutte contre la migration irrégulière.

Compte tenu de la structure politique complexe de son pays, Denis Zvizdić n’a « pas la tâche facile » en tant que chef du gouvernement, a affirmé la chancelière à l’issue de son entretien avec M. Zvizdić à la Chancellerie fédérale, saluant par ailleurs les « multiples efforts » de ce dernier dans le domaine économique.

Livestream
Video

Presseunterrichtung der Kanzlerin und des Vorsitzenden des Ministerrats von Bosnien und Herzegowina Zvizdić

Le « processus de Berlin », clé de l’avenir des Balkans occidentaux

Mme Merkel avait déjà rencontré M. Zvizdić à Londres début juillet lors du sommet des Balkans occidentaux. La rencontre d’aujourd’hui souligne l’accord des deux dirigeants en particulier sur trois points :

Figure en premier lieu l’intégrité territoriale des pays des Balkans occidentaux considérée comme « intangible ». Ce qualificatif marque l’opposition de la chancelière à tout effort de révision des frontières tracées après les guerres des Balkans. « Nous ne pouvons pas faire cela », insiste-t-elle.

Par ailleurs, tous les pays des Balkans occidentaux bénéficient d’une perspective d’adhésion à l’Union européenne. La Bosnie-Herzégovine aspire à obtenir dans les plus brefs délais le statut de candidat à l’adhésion. Il lui faut pour cela répondre encore à une centaine de questions. « Nous avons encouragé le gouvernement et les différents responsables à traiter rapidement les questions en suspens de la Commission européenne », a déclaré Mme Merkel.

La Bosnie-Herzégovine doit également se voir offrir une perspective de rejoindre l’OTAN, c’est-à-dire dans un premier temps le statut assuré par le plan d’action pour l’adhésion (MAP). À cet égard, l’Allemagne estime que « les conditions sont plutôt bonnes pour que nous puissions y parvenir d’ici la fin de l’année ».

En 2014, la chancelière allemande avait lancé le «  processus de Berlin pour les Balkans occidentaux ». L’objectif de ce processus est d’amener les pays des Balkans occidentaux à se réconcilier et de leur apporter un soutien pratique pour qu’ils puissent accomplir les réformes structurelles nécessaires. Ce cycle de conférences ne constitue pas un volet du rapprochement européen des pays des Balkans occidentaux. Il est indépendant des négociations d’adhésion. Le sommet du 10 juillet dernier à Londres correspondait à la cinquième conférence dans ce format. En 2019, les chefs d’État et de gouvernement se réuniront en Pologne.

Lutter ensemble contre la migration irrégulière

Depuis l’année dernière, la Bosnie-Herzégovine a enregistré une hausse du nombre de réfugiés. Mme Merkel et M. Zvizdić se sont entretenus des causes de ce phénomène : « Cela ne peut se résoudre que grâce à la coopération avec la Serbie et la Croatie », a fait remarquer la chancelière, ajoutant que l’Union européenne faisait le maximum pour soutenir la Bosnie-Herzégovine.

La chancelière a remercié M. Zvizdić de ce que son pays tente de traiter humainement les réfugiés. « Votre pays a lui-même fait l’expérience de l’exode et de la migration forcée et il s’en souvient », a-t-elle rappelé. Néanmoins, a dit clairement Mme Merkel, on est bien d’accord « que la migration irrégulière n’est pas la voie appropriée pour rejoindre l’Europe ».

L’état de droit, un pilier nécessaire

Dans l’optique des élections qui auront lieu prochainement en Bosnie-Herzégovine, la chancelière a insisté sur la nécessité de mener à terme la réforme du droit électoral. La Commission de Venise, un organe consultatif du Conseil de l’Europe, peut être la clé du problème, a déclaré Mme Merkel en guise d’encouragement, tout en précisant que « cela suppose, bien entendu, une volonté de compromis de la part de toutes les parties. »

Fait encore plus important : il existe une lacune juridique dans le contexte de la réforme du droit pénal. L’Allemagne veillera à que les poursuites pour corruption, criminalité organisée et terrorisme « soient bien sûr possibles et même renforcées ». Les lacunes juridiques ne sont ici « ni utiles ni acceptables », a-t-elle martelé.

Développer l’économie et créer des perspectives pour les jeunes

En tant que l’un des principaux partenaires économiques de la Bosnie-Herzégovine, l’Allemagne apportera une aide en investissant directement dans ce pays. La formation en alternance joue également un rôle important pour que les jeunes aient des perspectives d’avenir. Pour les entreprises allemandes, la question de la protection juridique demeure néanmoins très importante.

Le bilan de la chancelière est que, globalement, la coopération dans les Balkans occidentaux « s’est beaucoup améliorée malgré les problèmes ». Selon elle, le « processus de Berlin » y contribue lui aussi pour beaucoup. Il s’agit maintenant de mettre en place, d’ici 2019, la fondation scientifique convenue. Car la question des sciences et de la recherche, de l’éducation et de la formation universitaire est « essentielle » pour les pays des Balkans occidentaux, considère la chancelière.

L’Allemagne incite sans cesse les chefs de gouvernement des pays des Balkans occidentaux à coopérer étroitement. « D’ailleurs, il y a eu des améliorations substantielles ces dernières années », estime Mme Merkel. L’Allemagne dit « très ouvertement ce que nous souhaitons voir améliorer », tout en « tenant compte de ce qui est faisable », a déclaré la chancelière, avant de conclure que son pays se tenait aux côtés de la Bosnie-Herzégovine.

Partager la publication