Le transfert de la
responsabilité en matière de sécurité en Afghanistan doit être
durable et irréversible. C'est ce que la chancelière fédérale
Angela Merkel a réclamé à Lisbonne, lors du sommet des chefs d’État
et de gouvernement de l’OTAN. Une sécurité durable ne peut être
atteinte avec les seuls moyens militaires, a expliqué Mme Merkel.
Les efforts doivent s’accompagner d’un processus
politique.
C’est l’objectif poursuivi par la conférence sur l’
Afghanistan qui devrait avoir lieu en novembre de l’année prochaine
à Bonn, suite à une proposition du président afghan Hamid Karzaï.
La rencontre se tiendra dix ans après la conférence des Nations
Unies (ONU) de décembre 2001, qui avait donné lieu, sur le
Petersberg, près de Bonn, à la première entente réussie sur l’
Afghanistan.
Réunion des fournisseurs de
troupes
Source:
REGIERUNGonline/Kugler
Réunion de
travail« Aujourd’hui débute une
nouvelle phase de notre mission en Afghanistan » : c’est avec ces
paroles que le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen,
a ouvert les discussions, auxquelles ont participé le président M.
Karzaï et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, en
plus des fournisseurs de troupes. Lors de la conférence sur l’
Afghanistan qui s’est tenue à Londres en juillet, M. Karzaï avait
formulé l’objectif d’un transfert complet de la responsabilité en
matière de sécurité aux Afghans d’ici à 2014.
Les partenaires de l’Alliance ont à présent donné le coup d’
envoi du processus de « transition ». À partir de 2011, les forces
de sécurité afghanes devront, progressivement, prendre la relève.
Les décisions concernant la transition dans les régions en
particulier dépendront des développements concrets sur le terrain.
La « transition » ne désigne donc pas un événement unique avec une
date précise, mais un processus lié à des conditions.
Ce qui importe du point de vue de l’OTAN, c’est que l’axe du
soutien militaire passe de plus en plus des missions de combat à la
formation. La Bundeswehr a également fait sien ce nouvel objectif,
a déclaré le ministre fédéral de la Défense Karl-Theodor zu
Guttenberg.
Le transfert de responsabilité ne
signifie pas le retrait immédiat
Le transfert de la responsabilité aux partenaires afghans ne
doit pas être confondu avec un retrait immédiat des troupes, a
souligné le ministre fédéral des Affaires étrangères Guido
Westerwelle. Cependant, dépendant de l’évolution de la situation de
sécurité, il pourrait être possible de commencer à réduire le
nombre de soldats de la Bundeswehr déployés en Afghanistan dès
2012.
Le transfert responsable ne signifie pas non plus que l’
Allemagne et les partenaires de la communauté internationale se
retirent entièrement de l’Afghanistan. L’engagement international
évoluera plutôt en direction d’une coopération au développement à
long terme fondée sur le partenariat. Cela a été réitéré dans une
déclaration.
Mission de la
Bundeswehr
L’
actuel mandat du Bundestag fixe une limite de 5 350 soldats mis à
disposition dans le cadre de la Force internationale d’assistance à
la sécurité (FIAS). Il est en vigueur jusqu’au 28 février 2011.
Actuellement, quelque 5 000 soldats allemands sont stationnés en
Afghanistan. Dans certaines situations précises, et seulement avec
l’assentiment de la Commission de la défense et de la Commission
des affaires étrangères du Bundestag, 350 soldats de réserve
peuvent être appelés en renfort, pour une période
limitée.
Les forces allemandes sont stationnées essentiellement à
Kaboul et dans le nord de l’Afghanistan. La zone de déploiement
principale est le nord de l’Afghanistan, appelée FIAS-Nord, placée
sous la responsabilité du commandement régional Nord. La superficie
de ce territoire correspond à environ la moitié de la République
fédérale d’Allemagne. Des soldats allemands y sont stationnés dans
les villes de Mazar-e-Charif, Kunduz, Feyzabad et Taloqan. Des
soldats allemands sont également déployés à Kaboul. Les membres de
la Bundeswehr stationnés à Termez, en Ouzbékistan, font également
partie du contingent de la FIAS.
La formation des forces de sécurité afghanes est un axe de
plus en plus important de la mission. Ainsi, la police afghane
devrait avoir atteint 134 000 membres d’ici à 2011, et l’armée
afghane, 171 600 hommes.