Angela Merkel en faveur d'un nouveau concept stratégique pour l'OTANsam., 07.02.2009
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La Conférence de Munich sur la
politique de sécurité est considérée comme une rencontre de grande
importance pour la politique de défense et de sécurité. 13 chefs
d'État et de gouvernement et près de 50 ministres s'y sont rendus
cette année. Une chose ressort clairement des discussions qui se
sont tenues jusqu'ici: l'OTAN est à la croisée des chemins. La
chancelière fédérale Angela Merkel a présenté un catalogue d'idées
en vue d'aider à repenser l'Alliance. Le concept de l'approche
globale de la sécurité en est la clé de voûte.
La chancelière
fédérale a partagé le podium avec le président français Nicolas
Sarkozy et le premier ministre polonais Donald Tusk, qui y ont
également prononcé des discours. C'était là l'événement central de
la Conférence et il avait une forte charge symbolique. En effet,
l'Allemagne, la France et la Pologne n'ont pas toujours entretenu
les relations de voisinage les plus harmonieuses.
Mme Merkel a énuméré toutes les opportunités de l'année 2009: un nouveau gouvernement est en place aux États-Unis. En septembre, l'Allemagne commémorera le début de la Seconde Guerre mondiale il y a 70 ans. L'OTAN fêtera en avril son 60eanniversaire. Le Mur de Berlin est tombé il y a vingt ans. D'autre part, le monde est secoué par une crise économique grave. La guerre dans la bande de Gaza n'est toujours pas terminée. Le conflit nucléaire avec l’Iran perdure. En Afghanistan, la communauté internationale n'a toujours pas atteint ses objectifs. Pour toutes ces raisons, l'année 2009 sera également un test. Elle révélera si "nous parvenons à vivre la mondialisation ensemble", a affirmé Mme Merkel.
L'éditeur allemand Ewald von Kleist a fondé la Conférence de
Munich sur la politique de sécurité en 1962. Son expérience de la
Seconde Guerre mondiale lui avait appris que le dialogue de
sécurité entre l'Europe et les États-Unis était un facteur de paix
majeur. Aujourd'hui, l'événement est considéré comme l'un des plus
importants au niveau international réunissant des personnalités des
domaines de la politique, des sciences et des médias. Étant donné
qu'il s'agit d'une rencontre non gouvernementale, aucune décision
officielle n'y est prise. Cela permet de débattre, tant
publiquement qu'à huis clos, de questions critiques sans la
pression de devoir trancher.
Nouveau concept stratégique pour l'OTAN
L'OTAN a fait ses preuves en tant que communauté de défense.
C'est pourquoi l’article 5 du Traité de l'Atlantique Nord sur le
devoir d'assistance mutuelle entre les membres de l'OTAN devrait en
demeurer l'essence, selon Mme Merkel. Ainsi, l'OTAN devrait
continuer, à l'avenir, d'être là essentiellement pour assurer la
défense de ses membres. Toutefois, il existe aujourd'hui de
nouvelles menaces et de nouveaux conflits.
L'OTAN fête en avril son 60e anniversaire. Le
sommet anniversaire se tiendra à la frontière franco-allemande, à
Strasbourg et Kehl. Mme Merkel a déclaré que cela devrait être
l'occasion de réfléchir à un nouveau concept stratégique pour
l'OTAN.
Que doit-il permettre?
Le concept doit partir d'une approche globale de la sécurité.
En effet, les conflits internationaux ne peuvent plus être réglés
par un seul pays, mais seulement ensemble. C'est "ce que j'attends,
ce que beaucoup d'Européens attendent des États-Unis d'Amérique", a
déclaré Mme Merkel.
L'approche globale de la sécurité se caractérise par une combinaison de moyens civils et militaires. La prévention des conflits fait partie de la politique de sécurité au même titre que la gestion des crises. "L'OTAN doit être une enceinte de débats politiques", a dit Mme Merkel. L'UE et l'OTAN doivent trouver une nouvelle forme de coopération. Jusqu'ici, elles ont conclu un partenariat stratégique. Cependant, en raison de désaccords qui persistent entre certains États membres, comme Chypre et la Turquie, le partenariat stratégique n'est pas à la hauteur des attentes. Désormais, la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) devrait être mieux intégrée à l'OTAN. Une chose doit dans tous les cas être claire: la PESD et l'OTAN ne sont pas des concurrentes. Le nouveau concept doit comporter une approche régionale. Car aucun conflit ne concerne qu'un seul pays. La situation en Afghanistan le montre. Une grande part des talibans s'est retirée au Pakistan. Le conflit en Afghanistan ne pourra pas être résolu sans le Pakistan. Des progrès doivent être réalisés en matière de maîtrise des armements et de désarmement. Il faut déterminer quelle voie poursuivre dans le dossier du traité FCE (Traité sur les forces conventionnelles en Europe). 16 États membres de l'OTAN et 6 États du Pacte de Varsovie avaient signé le traité en 1990. En 2007, le gouvernement russe a annoncé unilatéralement un moratoire sur l'application de ce traité en raison de conflits non résolus avec l'OTAN. Le nouveau concept doit expliciter la manière dont la Russie pourrait être intégrée à l'Alliance. Selon Mme Merkel, le Conseil OTAN-Russie serait le cadre approprié. La PESD et la Russie devraient également coopérer plus étroitement à ses yeux. L'année prochaine aura lieu la conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Mme Merkel s'imagine à long terme un monde sans armes nucléaires. Cependant, il s'agit d'abord de réduire les énormes arsenaux existants. En outre, il faut absolument éviter que l'Iran ne se dote d'armes nucléaires. L’Allemagne est toujours en faveur d'une solution diplomatique. Cependant, elle serait également prête à envisager "des sanctions plus dures" si des progrès ne sont pas réalisés dans ce dossier.
Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires
interdit la prolifération de ces armes et prescrit le désarmement.
Il reconnaît également le droit à l'utilisation de l'énergie
nucléaire à des fins pacifiques. Ont signé le traité jusqu'ici les
cinq puissances nucléaires que sont les États-Unis, la Russie, la
France, la Grande-Bretagne et la Chine, en plus de 184 États ne
possédant pas d'armes nucléaires. Seuls quatre États ne sont pas
actuellement parties au TNP: la Corée du Nord, l'Inde, Israël et le
Pakistan.
Les États non dotés d’armes nucléaires qui sont parties au Traité s'y engagent à ne pas en posséder. Les cinq puissances nucléaires officielles s'engagent en contrepartie à "poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives […] au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace." C'est l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui contrôle le respect du Traité. |
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