Les ministres européens des Affaires étrangères se sont accordés au Luxembourg sur une action coordonnée dans la lutte contre Ebola. Ils ont suivi la proposition du ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, qui était d'instaurer un pôle d'experts de « casques blancs ».
L'on devrait d'ores et déjà pouvoir tirer les premières leçons des expériences vécues dans le traitement de l'épidémie d'Ebola, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. « Ce cas de crise a mis en évidence l'importance de constituer un pôle d'experts médicaux et logistiques auxquels nous pourrions faire appel à l'avenir en cas de crise », selon le ministre.
D'autre part, les ministres européens des Affaires étrangères se sont entendus sur un coordinateur au niveau européen. Ce poste devrait être pourvu dans les prochains jours.
Les événements dramatiques en Afrique de l'Ouest nécessitent une implication accrue. C'est pourquoi le gouvernement fédéral a débloqué 84,7 millions d'euros supplémentaires pour la lutte contre Ebola. L'aide allemande se trouve ainsi portée à plus de 100 millions d'euros.
Ces moyens supplémentaires doivent rendre possibles les mesures propres du gouvernement fédéral. De plus, certaines contributions vont également à des organisations non gouvernementales et internationales. Il est nécessaire de reconstruire et de renforcer sur le long terme les systèmes de santé dans les pays et régions touchés, a souligné vendredi la porte-parole adjointe du gouvernement fédéral Christiane Wirtz. Cela constituera un point fort de la politique de développement allemande au cours des prochaines années.
Jeudi dernier déjà, les ministres de la Santé des pays de l'UE s'étaient réunis à Bruxelles avec le commissaire européen Antonio Borg. Ils avaient délibéré sur la manière dont peuvent être coordonnées les mesures contre Ebola. Selon le ministre fédéral de la Santé Hermann Gröhe, ils se sont entendus sur les mesures suivantes :
L'Allemagne est bien équipée en cas d'infection. Le pays compte sept centres de compétences et de traitement, spécialisés dans les soins de maladies infectieuses potentiellement mortelles telles qu'Ebola. 47 lits pouvant être utilisés sans délai sont disponibles pour la prise en charge de patients atteints du virus. Les personnes atteintes d'Ebola peuvent y être prises en charge vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans des unités spéciales d'isolement. Des sas et des dispositifs d'extraction spécifiques garantissent que le virus ne puisse pas s'en échapper. Les hôpitaux disposent aussi de personnel spécialisé.
Jusqu'à présent, seuls trois des lits de ces unités d'isolement ont été employés. Une personne contaminée est actuellement soignée à Francfort. Un patient ayant été traité à Hambourg est guéri et a pu quitter l'hôpital. Un patient atteint d'Ebola, traité à Leipzig, est décédé. Les trois personnes atteintes par le virus ont été contaminées directement en Afrique. Elles avaient été transportées en isolement spécial dans les cliniques spécialisées en Allemagne.
L'Institut Robert Koch n'a pour l'instant pas fait état de nouveaux cas en Allemagne.
Même si l'Organisation mondiale de la santé a qualifié l'épidémie d'« urgence de santé publique de portée internationale », la population allemande n'est pas en danger, selon les estimations de l'Institut Robert Koch et de l'Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale. Dans les aéroports internationaux de Düsseldorf, Francfort-sur-le-Main, Hambourg et Munich, toutes les précautions nécessaires ont été prises pour le cas où des voyageurs seraient contaminés par des maladies hautement infectieuses. Des plans d'urgence sont en place et les personnes infectées peuvent être isolées immédiatement.
Entre-temps, le délégué du gouvernement fédéral Walter Lindner, qui pilote la coopération des ministères fédéraux dans la lutte contre Ebola, a pu se faire une idée de la situation sur place. L'objectif de ce voyage dans la région de crise était d'y assurer une coordination des mesures.
La fièvre Ebola est une maladie infectieuse rare et potentiellement mortelle. Il semblerait que des chauves-souris soient à l'origine du virus, bien que cela n'ait pas encore pu être confirmé. Humains et animaux peuvent être infectés par le contact avec des chauves-souris porteuses du virus. Entre humains, la maladie se transmet par contact direct avec des fluides corporels de personnes infectées (vomissures, sang ou transpiration, par exemple). L’Allemagne soutient le développement clinique de médicaments contre Ebola. Nul ne sait pour l’instant quand et si un médicament pourra être disponible.