Visite de la chancelière en Afrique de l’Ouest

Renforcer la coopération avec la région du Sahel

Burkina Faso, Mali et Niger : la chancelière s’est rendue dans trois pays de la région africaine du G5 Sahel. Ce voyage visait à faire progresser les solutions régionales de concert avec les pays partenaires africains et à continuer d’intensifier la coopération.

La chancelière Angela Merkel s'entretient avec les présidents des pays du G5-Sahel

Lors de ses entretiens avec les présidents des pays du G5 Sahel, Angela Merkel a promis un soutien supplémentaire dans la lutte contre le terrorisme

Photo : Bundesregierung/Kugler

Outre des échanges politiques, l’agenda de la chancelière comprenait notamment la visite d’un contingent de la Bundeswehr, des entretiens avec la société civile et des discussions avec des étudiants.

L’objectif de son voyage en Afrique était d’envoyer un signal politique clair de soutien. Angela Merkel s’est entretenue avec ses partenaires des domaines dans lesquels la coopération actuelle pouvait être améliorée. En étroite concertation avec l’UE et les partenaires internationaux, il a été question en particulier de réfléchir aux possibilités d’optimiser la coopération intensifiée des pays du Sahel entre eux mais aussi avec l’UE et les partenaires internationaux.

Première étape : le Burkina Faso

À Ouagadougou, la chancelière fédérale Angela Merkel a d’abord rencontré le président burkinabè, Roch Marc Kaboré, puis tous les présidents des pays du G5 Sahel. 

La chancelière et le président du Burkina Faso ont discuté de la dégradation de la situation sécuritaire de la région. L’Allemagne souhaite aider le pays en matière de coopération liée à la sécurité, a déclaré Angela Merkel. C’est pourquoi en 2018 le Burkina Faso a été accueilli, en tant que pays partenaire, dans « l’initiative de promotion et de renforcement » en vue d’une aide au renforcement des capacités de la police et de la gendarmerie.

« Nous entendons ensuite continuer de développer cette initiative dans le sens d’une aide à l’équipement à laquelle environ dix millions d’euros seront alloués. La Bundeswehr proposera également des services de conseil, et ce à hauteur de sept à dix millions d’euros », a promis la chancelière. 


Dans le cadre de la coopération au développement, l’Allemagne fournira 5,5 millions d’euros de plus que prévu, « en particulier pour lutter contre les conséquences du réchauffement climatique, entre autres par le biais de mesures visant à améliorer la qualité du sol et la gestion de l’eau », a poursuivi Mme Merkel. 

Depuis l’année dernière, le Burkina Faso est membre du groupe des pays qui s’engagent pour l’initiative « Compact with Africa ». La chancelière a souligné que des efforts seront fournis afin de réaliser, d’ici à la conférence prévue à l’automne, une nette avancée, par exemple dans le domaine de la coopération économique avec l’Afrika-Verein (Association des entreprises germano-africaines).

Sommet du G5 Sahel au Burkina Faso

Au cœur des échanges avec les représentants du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad figurait le renforcement de la coopération entre les pays du Sahel. La chancelière fédérale a souligné que de premiers résultats avaient été produits mais que beaucoup de choses avançaient trop lentement aux yeux des pays participants. « C’est pourquoi je vais m’engager pour que les choses avancent vite et de manière fiable », a souligné Angela Merkel.

À l’issue du sommet du G5 Sahel, la chancelière a mis l’accent sur le fait que l’ampleur de la menace terroriste et son intensification étaient urgemment ressorties. Angela Merkel a ajouté : « Les présidents ont eu raison d’attirer l’attention sur le fait que le lutte contre le terrorisme est une tâche pour la communauté internationale. » 

La chancelière a également fait remarquer que les cinq pays du Sahel consacraient environ 15 à 20 %, voire plus, de leur budget à la défense. Cela signifie que de nombreux projets sociaux et projets de développement ne peuvent pas être mis en œuvre actuellement. Concernant le pilier de la coopération au développement en particulier, il convient de se demander comment il serait possible d’y injecter davantage d’argent. L’Allemagne entend par exemple fournir 60 millions d’euros supplémentaires à l’Autorité du bassin du Niger.

Le G5 Sahel est une initiative du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad visant à renforcer la coopération régionale dans les domaines de l’économie et du développement et de la lutte contre le terrorisme, la traite et le trafic d’êtres humains. De 2017 à 2020, l’Allemagne y contribue à hauteur de 1,7 milliard d’euros au total par le biais de la coopération au développement, de l’aide à la stabilisation et à la réhabilitation post-conflit, de la formation de la force conjointe du G5 et de la coopération policière.

Deuxième étape : visite des troupes au Mali

À Gao, la chancelière a rendu visite aux soldats du contingent allemand de la mission MINUSMA de l’ONU stationnés au Camp Castor et a eu un aperçu de la situation actuelle sur le terrain. Au nom de l’ensemble du gouvernement fédéral, Mme Merkel a remercié les soldats allemands pour leur engagement, reconnaissant qu’ils sont très loin de chez eux et doivent faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. « Notre objectif est de rendre la région capable de créer, par ses propres moyens, les conditions nécessaires à la sécurité », a expliqué Mme Merkel.

Troisième étape : visite de la mission EUCAP Sahel Niger

Jeudi, à Niamey, la chancelière a d’abord rencontré le président nigérien Mahamadou Issoufou pour des entretiens. À l’issue de la rencontre, elle a évoqué de nouveaux projets dans le domaine de la sécurité. Une aide à l’équipement des forces de sécurité frontalières de la région de Tahoua a déjà été mise en place en coopération avec les Pays-Bas, a-t-elle indiqué. Il est prévu de l’étendre à la frontière près de la région de Zinder en 2020. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président nigérien, la chancelière fédérale a affirmé que l’aide était axée sur le renforcement de l’armée nigérienne, pour laquelle « environ 30 millions d’euros ont été investis récemment ».

En ce qui concerne l’aide au développement, elle a notamment évoqué un hôpital dans la région de Tahoua, ainsi que des postes sanitaires en milieu rural. Des investissements seront également réalisés dans la gestion de l’eau et l’éducation. « Nous avons mis à disposition 10 millions d’euros supplémentaires pour la gestion de l’eau et l’éducation, et 15 millions d’euros pour des projets de santé », a déclaré Mme Merkel. Selon la chancelière, l’aide au développement pour le Niger a maintenant atteint un niveau très élevé. Par habitant, « l’Allemagne fournit aujourd’hui au Niger l’aide au développement la plus importante d’Afrique ».

Mme Merkel a remercié le Niger pour sa coopération dans le domaine des flux migratoires. Le Niger n’est vraiment pas l’un des pays les plus riches d’Afrique, mais il a toujours fait preuve de solidarité en dépit de conditions très difficiles, par exemple en acceptant de reprendre des réfugiés échoués en Libye. La coopération a également permis, selon la chancelière, de « mieux faire comprendre, chez nous en Allemagne, les problèmes qui existent ici ». En outre, mieux on connaît le Niger, mieux on peut convaincre les entreprises d’investir au Niger, a-t-elle affirmé.

La chancelière a également effectué une visite auprès de la mission civile de formation de l’UE EUCAP Sahel Niger, qui est basée au Niger. Il s’agit d’une coopération européenne pour la formation des forces de police locales, en l’occurrence les forces nigériennes. La chancelière a affirmé qu’au vu des questions de « migration irrégulière, mais aussi de trafic de drogue et d’armes », il était nécessaire de « disposer d’une force de police bien équipée ». Les trafiquants et les passeurs sont techniquement très bien équipés, a-t-elle indiqué, ajoutant que « l’avantage de la coopération avec le Niger, c’est que le gouvernement nigérien développe de lui-même des idées très claires, que nous pouvons ensuite aider à mettre en œuvre ».

Avant son retour vendredi, Mme Merkel se rendra au chantier de construction de la maison d’hébergement pour femmes de l’organisation SOS FEVVF. En 2017, la chancelière avait déjà fait don à la maison d’hébergement d’un prix de 150 000 euros qui lui avait été remis par le gouvernement finlandais.