Conseil européen de printemps

Le Conseil européen permet une prolongation du délai pour le Brexit

Un vote clair au sommet de Bruxelles : les chefs d’État et de gouvernement ont voté en faveur d’un report du Brexit et ont accordé au Royaume-Uni deux options assorties de conditions précises. Autres dossiers importants à l’ordre du jour : les relations de l’UE avec la Chine et la politique industrielle européenne.

La chancelière Angela Merkel à Bruxelles

Angela Merkel en compagnie d’Emmanuel Macron à Bruxelles

Photo : Bundesregierung/Denzel

Le traitement de la demande du Royaume-Uni a prouvé, une fois de plus, qu’« à 27 États membres, nous agissons de manière très unie et concertée », a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel à l’issue du sommet de printemps de Bruxelles. Un divorce sans accord en mars a, à tout le moins, été évité, s’est-elle réjouie.

Deux options pour un report du Brexit

Mercredi, la première ministre Theresa May avait demandé à Bruxelles un report de la date du Brexit jusqu’au 30 juin. Les 27 États membres restants ont accordé au Royaume-Uni deux options de report :

1. Si le parlement britannique donne son feu vert, au cours de la semaine qui vient, à l’accord de sortie déjà négocié, le Conseil européen octroie au Royaume-Uni un délai jusqu’au 22 mai, date qui correspond délibérément à la veille des élections européennes prévues du 23 au 26 mai.

2. Dans le cas contraire, le Conseil européen accorde à Londres un report au 12 avril de la date butoir du Brexit et attend du Royaume-Uni qu’il dévoile une stratégie claire pour la suite. Le 12 avril a également été choisi de manière à éventuellement permettre la préparation de la participation des citoyens britanniques aux élections européennes.

Angela Merkel : assurer la prospérité de l’Europe par la recherche et l’innovation

À l’issue du sommet, la chancelière a déclaré : « Nous verrons à présent ce que décide le parlement britannique », ajoutant qu’« un Brexit dur le 29 mars a, à tout le moins, été évité ». Toutefois, les délais sont courts et le Royaume-Uni doit indiquer clairement « la voie qu’il entend suivre ».

« Nous sommes préparés à tous les scénarios », a souligné la chancelière fédérale Angela Merkel après la réunion de jeudi soir. « Nous continuons à souhaiter une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne, mais nous devons également nous préparer à d’autres possibilités afin qu’elles soient acceptables pour les citoyens européens », a-t-elle précisé.

Relations avec la Chine : l’idée de base de la réciprocité

Les dirigeants ont également abordé le thème des relations de l’UE avec la Chine, en préparation du sommet UE-Chine qui se tiendra le 9 avril 2019.

L’objectif global est de maintenir « de bonnes et intensives relations commerciales avec la Chine », a souligné la chancelière, ajoutant que l’UE et la Chine étaient des partenaires et des concurrents avec des systèmes politiques très différents. L’UE souhaite entretenir avec la Chine une relation « fondée sur la réciprocité » : cette idée de base importante a fait consensus lors de la discussion, a rapporté Mme Merkel.

L’essentiel ici est de créer l’égalité d’accès au marché. Les investissements des entreprises chinoises en Europe et les investissements des entreprises européennes en Chine devraient être soumis aux mêmes conditions.

Auparavant, la Commission européenne et la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité avaient examiné les relations entre l’UE et la Chine et présenté dix mesures concrètes. Le Conseil européen a pris connaissance de ce document et l’a approuvé.

Renforcer l’industrie européenne

À l’initiative de l’Allemagne et de la France, le Conseil européen a discuté de la politique industrielle européenne. La Commission européenne a été chargée de proposer une stratégie industrielle assortie de mesures concrètes d’ici la fin de 2019.

Pour ce faire, elle devra notamment se pencher sur des questions commerciales et réfléchir à la manière de gérer les bouleversements technologiques et de mieux ancrer dans l’UE de nouveaux modèles commerciaux fondés sur les données. La stratégie industrielle devra également porter sur la protection du climat et la réduction des émissions de CO2.

L’industrie est une clé de la prospérité et de la sécurité de l’emploi dans tous les États membres de l’UE, y compris et particulièrement en Allemagne. Les industries tournées vers l’avenir telles que l’électromobilité et l’intelligence artificielle ont une importance particulière. L’UE développe des stratégies communes afin de renforcer l’industrie européenne face à la concurrence mondiale.

En savoir plus sur la politique industrielle européenne et les activités de l’UE en matière de politique industrielle à ce jour.

Autres dossiers

•             Dans le dossier du changement climatique, les chefs d’État et de gouvernement ont discuté de la stratégie à long terme de l’UE, que celle-ci doit présenter début 2020 conformément à l’Accord de Paris.

•             Les dirigeants européens ont également abordé la lutte contre la désinformation, qui est particulièrement importante dans la perspective des élections européennes.


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