Sommet de Charm el-Cheikh

L’Union européenne et la Ligue des États arabes approfondissent leur coopération

La stabilité et le développement économique des États arabes intéressent beaucoup l’Europe. Tels sont les propos tenus par la chancelière fédérale lors du sommet de Charm el-Cheikh, en Égypte. Le destin de l’UE est directement lié à celui des pays de la Ligue arabe et ce qui se passe dans le contexte migratoire en est la preuve, a-t-elle ajouté.

La chancelière fédérale avec le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi

La chancelière fédérale Angela Merkel salue l’hôte du sommet, le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi

Photo : Bundesregierung/Bergmann

Au cours du sommet de l’Union européenne avec la Ligue des États arabes, la chancelière Angela Merkel a souligné l’importance de la coopération multilatérale entre les deux régions, même si les points de vue diffèrent en partie largement. L’UE espère voir la région connaître un bon développement économique. Or cela ne peut se produire que si les sociétés civiles sont fortes et les droits de l’homme respectés.

Une nouvelle ère de coopération et de coordination

Il s’agissait de la première rencontre des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne et de la Ligue des États arabes. Les dirigeants européens avaient décidé de la tenue de ce sommet lors du Conseil européen d’octobre dernier. Compte tenu du voisinage immédiat, les développements au Proche et Moyen-Orient revêtent une grande importance pour l’Union. La chancelière allemande a insisté sur le fait qu’il y avait à ce sommet « de nombreux sujets et certainement de grandes divergences d’opinions, mais aussi une volonté commune de résoudre les problèmes ».

Pendant cette rencontre de deux jours, l’Union européenne et la Ligue des États arabes se sont mises d’accord pour développer leur coopération. Dans la déclaration commune finale, les participants se disent déterminés à approfondir encore le partenariat stratégique actuel et à lancer une nouvelle ère de coopération et de coordination.

Vous pouvez voir un graphique: route aérienne ligne pointillée

Il s’agissait de la première rencontre des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne et de la Ligue des États arabes.

Photo : Bundesregierung

Des défis communs

Selon Mme Merkel, les deux régions – l’Union européenne et les États arabes – doivent relever un défi commun : la lutte contre le terrorisme islamiste. Outre les moyens militaires, il est nécessaire de trouver des voies politiques de règlement des nombreux conflits dans la région des États de la Ligue arabe, et l’Europe doit apporter sa contribution à cette fin, estime-t-elle.

Concernant le conflit israélo-palestinien, Mme Merkel a réaffirmé que le droit à l’existence d’Israël n’était pas négociable pour le gouvernement fédéral. L’Allemagne s’engage pour une solution à deux États, avec un État juif d’Israël et un État palestinien vivant côte à côte. « Il faut continuer à œuvrer à cette solution », demande Mme Merkel.

Les conflits au Yémen, en Syrie et en Libye

La chancelière fédérale a par ailleurs évoqué le conflit et la catastrophe humanitaire au Yémen, constatant une première lueur d’espoir en liaison avec le processus de Stockholm. L’Union européenne doit en outre soutenir le travail de l’Envoyé spécial des Nations Unies Martin Griffith afin de parvenir à une solution politique, a-t-elle constaté.

Angela Merkel a réclamé avec insistance un processus de transformation politique pour la Syrie. « J’ai prié les pays membres de la Ligue arabe de contribuer avec nous à ce processus de transformation politique », a-t-elle déclaré. Concrètement, cela veut dire faire progresser la formation d’un comité constitutionnel et engager ensuite des « consultations inclusives » sur ce à quoi pourra ressembler le futur système politique en Syrie. « Il est important que tous les Syriens puissent retrouver leur place dans leur pays », a-t-elle noté.

Mme Merkel a également abordé la situation fragile en Libye. À son avis, un gouvernement d’entente nationale est encore loin de prendre les rênes du pays. En ce qui concerne les flux de réfugiés arrivant en Italie, il est particulièrement souhaitable pour l’Europe que la situation soit réglée. « Nous avons bien avancé dans ce domaine, néanmoins il s’agit avant tout de permettre aussi bien aux réfugiés qu’aux habitants de la Libye de mener une vie correcte et acceptable », selon elle.

La Ligue des États arabes (LEA) a été créée en 1945. Son siège se trouve au Caire. Elle comprend aujourd’hui 22 États membres : Égypte, Algérie, Bahreïn, Djibouti, Iraq, Yémen, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Qatar, Comores, Arabie saoudite, Somalie, Soudan, Tunisie, Émirats arabes unis et territoires palestiniens. En novembre 2011, la participation de la Syrie à tous les formats de la Ligue arabe a été suspendue jusqu’à nouvel ordre.

Partager la publication