Le gouvernement fédéral

Sommet du G7 en France

Des opportunités d’échange bien exploitées

Début de rapprochement avec l’Iran, aide d’urgence pour les pays touchés par les incendies de la forêt amazonienne, nouvelle réunion à quatre en vue de régler le conflit ukrainien, autant de sujets qui ont conduit la chancelière fédérale Angela Merkel à tirer un bilan positif à l’issue du sommet du G7 organisé en France, à Biarritz. 

La chancelière fédérale Angela Merkel pendant une réunion du G7

Lors d’une réunion spéciale, les chefs d’État et de gouvernement du G7 se consultent sur la Syrie

Photo : Bundesregierung/Denzel

« Le sommet s’est déroulé dans une très bonne atmosphère dans laquelle nous avons mené de nombreux échanges, des échanges importants », a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel à la clôture du sommet qui a duré trois jours. Elle a également fait référence à l’importance du format du G7 : « Pour parvenir au niveau bilatéral avec tous les partenaires à parler de tous les sujets abordés ici, il nous faudrait partir longtemps en déplacement. » 

C’est sous l’intitulé « Lutte contre les inégalités » que le président français Emmanuel Macron avait lancé les invitations au G7 de Biarritz. Outre les chefs d’État et de gouvernement du G7, des pays africains, l’Australie, le Chili et l’Inde ainsi que des représentants de la société civile ont également participé à certaines réunions.

Incendies en Amazonie : 20 millions d’euros d’aide d’urgence 

L’un des sujets majeurs du sommet concernait les graves incendies qui touchent le territoire amazonien. Au total, les nations du G7 débloqueront 20 millions d’euros pour le financement immédiat de canadairs pour les États d’Amérique du Sud particulièrement affectés par les incendies. Avant le coup d’envoi du sommet, la chancelière fédérale avait exigé un signal clair pour mettre un terme aux feux. « Tout doit être mis en œuvre » pour que la forêt tropicale cesse de se consumer. « Emmanuel Macron a raison : Notre maison brûle - et nous ne pouvons pas nous taire. »

Une fois les feux éteints, des échanges seront menés avec le Brésil afin de reboiser le territoire, a annoncé Angela Merkel lors d’une conférence de presse, dimanche soir. « Un long engagement s’annonce », a poursuivi la chancelière. « Le poumon de la planète est touché. C’est pourquoi nous devons également trouver des solutions communes. »

En plus du Brésil, ce sont la Bolivie, le Paraguay et la Guyane française qui subissent les ravages des incendies de forêt. 

Dialogue avec l’Iran

La situation en Iran a été un autre sujet majeur. L’on est d’accord pour dire que l’Iran ne doit pas se doter de l’arme nucléaire, selon la chancelière. Tous veulent « obtenir ce résultat par le biais d’une solution négociée », a souligné Angela Merkel. Toutes les tentatives « visant à faire que ce conflit massif évolue vers la reprise d’ échanges plus nombreux » en valent la peine, a-t-elle ajouté.

Entretien en tête-à-tête avec le président Donald Trump 

Lors de l’entrevue en tête-à-tête avec le président américain Donald Trump, il a également été question de la marche à suivre de la communauté internationale vis-à-vis de l’Iran. Par ailleurs, les deux dirigeants ont discuté des conflits commerciaux entre les États-Unis et l’UE. Le gouvernement fédéral lutte ardemment en faveur du lancement de négociations visant à supprimer les droits de douane sur les produits industriels. 

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Une OMC forte pour une économie mondiale forte

Les chefs d’État et de gouvernement se sont par ailleurs penchés sur la situation économique dans le monde. À cet égard, l’on peut voir « des risques considérables au sein de l’économie mondiale qui sont également liés aux questions commerciales en suspens », a affirmé Angela Merkel. 

La situation au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a également fait l’objet de discussions. L’Allemagne s’engage pour que l’OMC soit réformée et son personnel renforcé. « L’arbitrage s’affaiblit toujours plus en dépit du fait que les cas notifiés, eux, se multiplient », a averti la chancelière. « Personnellement, je pense que le renforcement de l’OMC pourrait nous aider à aboutir à quelque chose qui conviendrait à toutes les parties prenantes », a-t-elle poursuivi. « À mon sens, si tous les pays autour de nous se portent bien, cela profitera à l’ensemble de l’économie mondiale. »

Renforcer les pays du Sahel

Dimanche après-midi, le G7 a rencontré des représentants de gouvernements africains pour des consultations communes. Concrètement, les discussions ont porté sur les possibilités de développement et de soutien de la région du Sahel. 

Les échanges avec les pays africains viennent compléter l’initiative de partenariat « Compact with Africa » établie en 2017 sous la présidence allemande du G20. Le CwA vise à améliorer les conditions du commerce et d’investissement privé en Afrique afin de pouvoir mener avec succès des projets d’infrastructures sur place et de créer des emplois. Cela permettrait de réduire les inégalités entre les continents et de désamorcer l’une des causes de la migration à partir de l’Afrique.

À l’issue de la rencontre, l’Allemagne et la France ont annoncé un « partenariat pour la sécurité et la stabilité ». L’objectif de l’initiative est de renforcer les troupes et la police dans les pays du G5 Sahel et d’améliorer ainsi la sécurité dans la région. D’ici la fin de l’année, une conférence aura lieu pour rallier des partisans à la cause de l’initiative. 

Il s’agit d’un sujet d’une extrême urgence, d’une « course engagée contre les terroristes ». Dans ce contexte, Mme Merkel a cité la situation en Libye et dans la communauté des pays du G5 Sahel. Un développement sans sécurité n’est pas possible et « c’est pourquoi nous devons renforcer la sécurité », a indiqué la chancelière.

Le Sahel se situe dans le nord de l’Afrique et désigne une zone de transition floristique et climatique. Il est limité par le désert du Sahara au nord et par les savanes humides au sud. Il est ainsi en proie aux deux phénomènes météorologiques extrêmes, qui se manifestent par de fréquentes périodes de sécheresse et de fortes inondations liées à des pluies persistantes. Il en résulte des pertes de récoltes, des famines, une instabilité politique et des effets migratoires.

Un signal clair en faveur d’une meilleure protection climatique

Lundi matin, les échanges ont porté sur le climat, la biodiversité et les océans. L’engagement de nombreux pays d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 est de « toute première importance », a déclaré la chancelière. 

Le G7 rassemble les grandes démocraties et économies du monde. En font partie, outre l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et le Japon. Un retour au format du G8 associant la Russie n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Tous les partenaires du G7 maintiennent leur décision prise en 2014 de suspendre la Russie du groupe en raison de l’annexion de la Crimée contraire au droit international. Un nouvel élargissement du groupe sur la base de valeurs communes reste possible à tout moment, d’un commun accord entre tous les pays du G7.

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