« Un bon signal avant Glasgow »

Sommet du G20 à Rome « Un bon signal avant Glasgow »

Protection du climat, santé et économie mondiale : tels ont été quelques-uns des grands thèmes abordés lors du sommet du G20 à Rome. Les chefs d’État et de gouvernement se sont mis d’accord, entre autres, sur un taux d’imposition minimal pour les entreprises et sur des objectifs en matière d’approvisionnement mondial en vaccins, et ont également réitéré leur attachement à l’accord de Paris sur le climat. La chancelière fédérale Angela Merkel a mené des entretiens bilatéraux en marge du sommet.

La chancelière fédérale Angela Merkel et le ministre fédéral des Finances Olaf Scholz lors de leur conférence de presse conjointe à Rome

La chancelière fédérale Angela Merkel et le ministre fédéral des Finances Olaf Scholz ont conjointement informé la presse à Rome

Photo : Bundesregierung/Bergmann

« L’atmosphère du sommet était très bonne et constructive », surtout si l’on considère les nombreux problèmes dans le monde qui sont « plus que pressants », a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel à l’issue du sommet du G20 à Rome. Sous la devise de la présidence italienne « People, Planet, Prosperity » (peuple, planète, prospérité), les chefs d’État et de gouvernement du G20 ont discuté pendant deux jours des grands thèmes de l’économie et de la santé mondiales, des changements climatiques et de l’environnement ainsi que du développement durable. Mme Merkel a remercié le gouvernement italien d’avoir « merveilleusement préparé » le sommet.

Vous trouverez ici la déclaration finale des chefs d’État et de gouvernement du sommet du G20 à Rome.

Répondre « de manière beaucoup plus résolue » au changement climatique 

La politique climatique était l’une des questions à l’ordre du jour du deuxième jour du sommet. Avec la perte de la biodiversité, le changement climatique est le « problème le plus urgent », a souligné Mme Merkel. Nous devons y répondre « de manière beaucoup plus résolue » que nous l’avons fait jusqu’à présent, a-t-elle ajouté. 

Les pays du G20 sont maintenant « parvenus à de bons résultats » et ont envoyé « un bon signal avant Glasgow », selon la chancelière. Elle a rappelé que les États membres du groupe des 20 sont responsables d’environ 75 % des émissions mondiales de CO2. Pour la première fois depuis 2016, ils ont déclaré conjointement leur attachement à l’accord de Paris sur le changement climatique, qu’ils ont désormais tous ratifié. « C’est une très très bonne nouvelle », selon Mme Merkel, qui a indiqué que les pays du G20 avaient également déclaré rester attachés à l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en deçà de 2 °C et de poursuivre les efforts visant à la limiter à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. 

Sortir du financement international du charbon 

L’engagement à mettre un terme à l’octroi de financements publics internationaux pour les centrales de charbon à l’étranger est « au moins aussi important » que celui en faveur des objectifs climatiques, selon Mme Merkel. Ici, la Chine a fait un « pas important » auquel tous les autres se sont associés. En conséquence, « la transformation vers d’autres sources d’énergie se fera désormais beaucoup plus rapidement », a souligné la chancelière.

Le gaz naturel jouera un rôle central dans ce processus. Il importe à présent d’obtenir un financement raisonnable pour l’Afrique, notamment en ce qui concerne le gaz naturel. La crédibilité des mesures est soulignée par le fait que l’engagement de fournir aux pays en développement les plus pauvres 100 milliards de dollars américains pour des investissements dans la protection du climat aura été atteint en 2023. « Je pense que la contribution allemande à cet égard est également très bonne et très importante », a déclaré Mme Merkel. 

Remerciements aux médecins et aux infirmiers

Le sommet de Rome a débuté samedi par la « photo de famille » des chefs d’État et de gouvernement, à laquelle se sont joints des médecins, des infirmiers et du personnel paramédical. « J’ai été très émue par ce geste », a souligné Angela Merkel. Il était également important car il a rappelé que la pandémie n’est pas terminée.

Taux d’imposition minimal : « une étape importante »

Le premier jour du sommet, les chefs d’État et de gouvernement ont discuté de questions relatives à l’économie mondiale et se sont mis d’accord sur un taux d’imposition minimal pour les entreprises. Cet accord représente « un jalon dans la coopération à l’échelle mondiale » et « un signal clair de justice à l’ère de la transformation numérique », a souligné la chancelière. Mme Merkel a exprimé son espoir que la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) connaîtrait un succès similaire. La reprise de l’économie mondiale après la pandémie montre « la sensibilité de l’interaction des différents facteurs de l’économie mondiale ». Mme Merkel a cité en exemples les prix de l’énergie et la perturbation des chaînes d’approvisionnement.

Distribuer les vaccins « rapidement et équitablement »

Le même jour, les dirigeants ont abordé le thème de la santé et, en particulier, de la lutte mondiale contre la pandémie. La chancelière a rappelé qu’en 2017, dans le contexte de l’épidémie d’Ebola, l’Allemagne avait introduit pour la première fois le volet santé dans un sommet du G20, notamment avec une toute première réunion des ministres de la santé. Cela a servi de base à des actions ultérieures, comme la création par les pays du G20 de l’initiative COVAX pour la répartition des vaccins.

L’objectif du G20 est que 40 % de la population mondiale soit vaccinée d’ici la fin de l’année et environ 70 % d’ici la mi-2022. Cet objectif est « indispensable pour pouvoir lutter équitablement contre la pandémie », a déclaré Mme Merkel. L’Allemagne soutient le projet en mettant à disposition 175 millions de doses de vaccin au total. « Les vaccins doivent maintenant être distribués rapidement et équitablement », a déclaré la chancelière.

Approvisionnement en vaccins à l’échelle mondiale

Mme Merkel a souligné l’importance du fait que le Sénégal et le Rwanda aient pu signer les premiers contrats de production de vaccins sur le continent africain avec la société BioNTech. Le gouvernement allemand a soutenu cet objectif par le biais de l’initiative « Compact with Africa ».

Sous la coprésidence de l’Allemagne et de l’Afrique du Sud, un groupe de travail international pour le renforcement de la production mondiale de vaccins « Vaccine Manufacturing Working Group » a présenté un rapport au G20 pour soutenir l’initiative COVAX et a formulé d’importantes recommandations de base (pour de plus amples informations à ce sujet veuillez cliquer ici). « Le rapport est également mentionné dans le communiqué de ce sommet du G20 », a souligné la chancelière. L’objectif est de renforcer l’Organisation mondiale de la santé et de jeter les bases pour être « mieux équipé » en cas de nouvelle pandémie, a déclaré Angela Merkel.

Entretiens bilatéraux 

La chancelière fédérale a également mené des entretiens bilatéraux en marge du sommet, entre autres avec le président américain Joe Biden, le premier ministre indien Narendra Modi, le président sud-coréen Moon Jae-in, le président argentin Alberto Fernández, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong. Outre la chancelière fédérale, le ministre fédéral des finances Olaf Scholz a également pris part aux entretiens bilatéraux, qui ont porté sur des thèmes mondiaux ainsi que sur des questions relatives à la coopération bilatérale.

Photo de famille des participants au sommet du G20 en ouverture de la rencontre

Avant leur première séance de travail, les participants au sommet du G20 se réunissent pour une photo de famille

Photo : Bundesregierung/Bergmann

Déclaration commune sur le programme nucléaire iranien

Toujours en marge du sommet, la chancelière fédérale Angela Merkel, le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron et le premier ministre britannique Boris Johnson ont discuté du programme nucléaire iranien et se sont mis d’accord sur une déclaration commune. Mme Merkel a souligné qu’ils misaient sur le retour de l’Iran à la table des négociations. « Le temps passe, cependant, et l’enrichissement se poursuit en Iran, ce qui nous inquiète beaucoup ». C’est pourquoi il était temps de parler « de ce qu’on peut faire pour empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires », a déclaré Mme Merkel.

Pour en savoir plus sur le sommet du G20, consultez notre rubrique « Questions et réponses ».