Conférence « Morals & Machines »

L’Europe a besoin d’un cadre juridique

Concernant le numérique, l’Europe a besoin d’un cadre juridique analogue au Règlement général sur la protection des données (RGPD), a déclaré la chancelière fédérale à Dresde, jugeant par ailleurs préoccupant en soi « que beaucoup trouvent la technologie préoccupante ». Dans l’église Notre-Dame (Frauenkirche) de Dresde, Angela Merkel s’est entretenue avec la fondatrice et éditrice du magazine « ada » des opportunités et des risques que présente l’intelligence artificielle.

La chancelière fédérale Angela Merkel s’entretient avec Miriam Meckel lors de la conférence « Morals & Machines » dans la Frauenkirche de Dresde

Angela Merkel favorable à un cadre juridique européen pour le numérique

Photo : Bundesregierung/Bergmann

Il importe que l’Union européenne fasse son chemin également dans le numérique, a souligné Mme Merkel au cours d’un entretien avec Miriam Meckel, fondatrice et éditrice du magazine « ada », lors de la conférence « Morals & Machines ». Selon elle, les modèles sociaux et fiscaux s’inscrivent dans ce contexte au même titre que les fondements éthiques et la façon dont on gagne ainsi de l’argent.

Trop d’inquiétudes

À certains égards, les préoccupations sont pourtant trop importantes, et la volonté d’utiliser les données comme matière première fait défaut. « Nous avons presque plus vite fait de réfléchir aux garde-fous qu’aux possibilités d’exploiter les données », a constaté la chancelière.

L’intelligence artificielle est aussi « une grande aventure », a fait remarquer la chancelière. « Nous ne parviendrons sûrement pas à pérenniser notre mode de vie sans innover », a-t-elle ajouté avant de constater : « Je considère cela un peu comme une menace lorsque je vois tant de gens dire que la technologie ne peut pas nous aider. »

Un retard à rattraper

Pour accélérer les progrès technologiques en Allemagne, le gouvernement fédéral avait élaboré il y a quelques mois sa propre stratégie IA (intelligence artificielle). Le projet est doté de trois milliards d’euros. Selon Mme Merkel, c’est la question de la distribution des fonds qui pose maintenant un gros problème. En effet, dans certains secteurs, l’Allemagne n’est pas dans le peloton de tête, a-t-elle insisté.

Mme Merkel a mentionné à titre d’exemple les capacités informatiques, estimant qu’il faudrait passer à la prochaine étape du développement. Mais en ce qui concerne la mécanique ou les applications dans le domaine de la santé, l’Allemagne doit « en mettre un sérieux coup », a-t-elle conclu.