Reconnaissance des efforts de l’Ukraine en matière de réformes

Déplacement de la chancelière fédérale à Kiev Reconnaissance des efforts de l’Ukraine en matière de réformes

Lors du déplacement de la chancelière fédérale à Kiev, la situation actuelle en Afghanistan et les questions relatives au transit gazier ont été des sujets prioritaires de ses entretiens avec le président Zelensky. Angela Merkel a par ailleurs rendu hommage aux victimes du régime nazi en déposant une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, au Mémorial de la Gloire éternelle.

Photo de la chancelière Angela Merkel et du président Zelensky

La chancelière fédérale Angela Merkel et le président Zelensky lors d’une conférence de presse commune

Photo : Bundesregierung

Quelques semaines à peine après sa rencontre, à Berlin, avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la chancelière fédérale Angela Merkel s’est rendue ce dimanche à Kiev. Lors d’une conférence de presse commune avec le président Zelensky, Mme Merkel a salué les efforts du pays en matière de réformes. La visite de la chancelière en Ukraine intervient quelques jours avant la célébration du 30e anniversaire de la déclaration d’indépendance du 24 août 1991.

Les grandes questions internationales, en particulier l’Afghanistan, figuraient également à l’ordre du jour. Les deux partenaires se sont dits préoccupés par la situation dramatique dans laquelle se trouve la population civile depuis la prise de pouvoir des talibans islamistes.

L’Ukraine reste pays de transit du gaz

Autre priorité thématique : le Nord Stream 2. La position de l’Allemagne demeure inchangée quant à l’achèvement prochain du gazoduc de la Baltique : il est pour elle capital que l’Ukraine reste pays de transit du gaz russe, même avec le Nord Stream 2. La chancelière fédérale a souligné que le gaz ne devait pas être utilisé comme arme géopolitique.

Angela Merkel a insisté sur l’importance de l’Ukraine dans le domaine de l’énergie. Même lorsqu’il sera achevé, le Nord Stream 2 ne se substituera pas au transit gazier à travers l’Ukraine.

La chancelière a rappelé l’engagement de l’Allemagne en faveur de l’accord de transit conclu fin décembre 2019 entre la Russie et l’Ukraine. L’Allemagne fera en sorte que cet accord, qui expire en 2024, soit prolongé. « Le plus tôt sera le mieux », a déclaré la chancelière fédérale. Une opinion dont elle a aussi fait part vendredi au président Poutine lors de leur rencontre à Moscou.

Toujours non résolue : la situation dans le Donbass

Le conflit dans l’est de l’Ukraine a été un autre sujet prioritaire des entretiens de la chancelière avec le président Zelensky. Malheureusement, la mise en œuvre de l’ensemble de mesures adoptées à Minsk en février 2015 n’a toujours pas enregistré d’avancée significative. Le cessez-le-feu confirmé il y a un peu plus d’un an a de nouveau été fragilisé, a déploré Mme Merkel. L’Allemagne est prête à participer à nouveau activement à une réunion en format Normandie aux côtés de la France.

Des relations étroites entre l’Allemagne et l’Ukraine

Le 80e anniversaire de l’attaque du 22 juin 1941 menée par la Wehrmacht contre l’Union soviétique ne remonte qu’à quelques semaines. À Kiev, la chancelière fédérale a rendu hommage aux victimes ukrainiennes en déposant une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, au Mémorial de la Gloire éternelle.

L’intensité des contacts entre les gouvernements des deux pays n’est pas le seul signe de l’évolution positive qu’ont enregistrée, ces dernières années, les relations entre la République fédérale d’Allemagne et l’Ukraine. Le président ukrainien a également décerné « l’Ordre de la Liberté », la plus haute distinction du pays, à la chancelière fédérale pour sa contribution au renforcement de la souveraineté et à l’indépendance de l’Ukraine.

Aux côtés de la France, l’Allemagne cherche une solution pacifique avec les deux belligérants, la Russie et l’Ukraine, dans l’est de l’Ukraine, dans le cadre de négociations en « format Normandie » (« N4 »). Le conflit mené depuis 2014, en grande partie par des séparatistes pro-russes, dans la région riche en charbon du Donbass, a déjà fait plus de 13 000 morts, parmi lesquels de nombreux civils. La mise en œuvre intégrale des mesures adoptées à Minsk en 2015, comprenant entre autres l’organisation d’élections locales dans la zone de conflit, fait toujours l’objet d’intenses négociations de travail. Les sanctions par lesquelles l’UE a réagi à l’annexion de la Crimée il y a sept ans et au conflit dans l’est de l’Ukraine ont été fermes et sans équivoque.