« Il s’agit maintenant d’unir nos forces »

Déclaration gouvernementale de la chancelière fédérale « Il s’agit maintenant d’unir nos forces »

L’Europe ne pourra vaincre la pandémie de Covid-19 qu’au prix d’un effort commun. C’est ce qu’a souligné la chancelière Angela Merkel devant le Bundestag. Elle a exhorté les citoyennes et les citoyens allemands à recourir aux tests gratuits désormais disponibles, ceux-ci constituant « provisoirement un moyen de nous protéger ».

Sur la photo : Angela Merkel à la tribune du Bundestag

« Plus nous testons, moins nous devons prendre des mesures de restriction », a insisté la chancelière Angela Merkel lors de sa déclaration gouvernementale.

Photo : Bergmann/Bundesregierung

« Nous sommes frappés par une troisième vague qui connaît maintenant une croissance exponentielle », a insisté Mme Merkel dans sa déclaration gouvernementale. Toutefois, la vaccination peut nous permettre de reprendre le contrôle et de vaincre le virus. Jeudi, la chancelière s’est exprimée devant le Bundestag au sujet de l’actuelle situation épidémiologique en Allemagne, ainsi que du prochain Conseil européen.

La hausse des chiffres liés à la Covid-19 suscite l’inquiétude parmi les médecins des services de réanimation, a expliqué Angela Merkel. En effet, l’augmentation du nombre de cas va de pair avec une occupation accrue des lits dans les unités de soins intensifs. « Or, désormais, les hospitalisations ne concernent plus des nonagénaires mais des patients de 50, 60 ou 70 ans. Ce sont des gens qui ont théoriquement de nombreuses années de vie devant eux », a ajouté la chancelière dans sa déclaration gouvernementale. Les experts anticipent des effets à long terme pour 10 % d’entre eux. En d’autres termes, « cela vaut la peine de se battre pour chacune et chacun d’entre nous, afin que personne ne soit infecté ».

La vaccination : la solution de sortie de crise

Étape par étape, les vaccins seront disponibles en plus grand nombre en Allemagne, a déclaré Angela Merkel. Portant un regard critique sur la situation, la chancelière a souligné qu’il n’était pas normal que certaines doses de vaccin actuellement disponibles n’aient pas été administrées parce que des gens ne se sont pas présentés à leur rendez-vous.

Jusqu’à ce que la vaccination produise ses effets, les tests sont un moyen provisoire mais décisif pour nous protéger. « Plus nous testons, moins nous devons prendre des mesures de restriction », a ajouté la chancelière qui a appelé à recourir aux tests gratuits. Dans le même temps, Mme Merkel a appelé les entreprises à proposer des tests en nombre suffisant à leur personnel, faute de quoi des mesures réglementaires s’imposeront en matière de sécurité au travail. Elle a annoncé que le Conseil des ministres fédéral prendra une décision sur le sujet à la mi-avril.

Pour conclure, la chancelière a insisté sur le fait que l’on n’avançait pas si l’on ne voit que le côté négatif des choses. Il faudra patienter encore quelques mois mais il y a de la lumière au bout du tunnel. « Nous vaincrons le virus. » Il s’agit maintenant d’unir nos forces et d’envisager l’avenir de façon positive « même si la situation est actuellement difficile », a déclaré la chancelière. « C’est ce que j’attends de chacune et chacun de nous dans ce pays. »

Une hausse des contaminations dans toute l’Europe

La déclaration gouvernementale précédant le Conseil européen, la chancelière fédérale a souligné que l’Allemagne n’est pas un cas isolé puisque le nombre de contaminations enregistre une hausse rapide dans toute l’Europe. Ce n’est donc pas un phénomène spécifiquement allemand. Les membres du Conseil européen réunis sous forme virtuelle discuteront de la façon de maîtriser la pandémie.

La chancelière a défendu l’approche commune empruntée jusqu’ici par l’Europe pour lutter contre l’épidémie de coronavirus SARS-CoV-2. « Malgré tout ce que nous endurons, je suis convaincue que la pandémie a montré le bien-fondé de cette Union européenne », a déclaré Angela Merkel.

Une contribution essentielle pour surmonter ensemble la pandémie

Le fait d’avoir posé les jalons de grandes stratégies européennes communes pendant la présidence allemande du Conseil a été une bonne chose, estime la chancelière. C’est ainsi que, dans l’endettement commun de l’UE au profit du fonds de relance, la chancelière fédérale voit une mesure unique pour venir à bout de la pandémie. « Ce fonds de relance est un dispositif d’exception, limité dans sa durée et dans sa portée. »

Il permettra aux États membres de poser les jalons d’une « croissance européenne numérique, écoresponsable, et donc à l’épreuve des crises à venir ».

Consultations sur le certificat de vaccination

Les membres du Conseil européen discuteront aujourd’hui d’un « certificat vert numérique » qui devrait être mis en place avant l’été. La Commission européenne a proposé la création de ce certificat qui prouvera qu’une personne a été vaccinée contre la Covid-19, a reçu un résultat négatif à un test de dépistage ou a guéri de la Covid-19. Ce dispositif nécessitera encore quelques semaines de travail avant d’être opérationnel, a expliqué la chancelière. Si sa mise en œuvre technique ne constitue pas un problème, la question des droits associés à ce certificat est en revanche plus délicate.

L’UE doit être plus indépendante sur le plan de la production des vaccins

La chancelière a souligné la nécessité d’une indépendance accrue de l’Union européenne sur le plan de la production des vaccins. Le problème qui se pose n’est pas tant de savoir combien ont été commandés mais « combien peuvent actuellement être fabriqués sur le sol européen ». Le Royaume-Uni produit pour le Royaume-Uni et les États-Unis n’exportent pas de vaccins. C’est pourquoi nous dépendons encore à long terme, et même au-delà de cette année, de ce que l’Europe est en mesure de produire.

La chancelière fédérale a par ailleurs appelé à un indispensable approvisionnement « du monde » en vaccins. En cas d’échec, nous serons constamment confrontés à de nouvelles mutations du virus.

Pour de plus amples informations sur la politique européenne face à la pandémie de Covid-19, cliquez ici.

Concrétiser résolument la souveraineté numérique

La question de la transformation numérique est aussi à l’ordre du jour du Conseil européen. La chancelière fédérale a rappelé à ce sujet la lettre PDF, 114 KB, Non accessible commune adressée à la Commission européenne par les cheffes et chefs de gouvernements allemand, danois, finlandais et estonien. De nombreux autres États membres de l’UE ont rejoint cet « appel ferme » à « concrétiser résolument la souveraineté numérique européenne ».

« La souveraineté numérique ne signifie pas que nous faisons tout, tout seuls ». Pour autant, en collaboration avec ses partenaires, l’Europe doit développer ses compétences dans les domaines dont « la position de dépendance lui font courir un risque ».

Pour de plus amples informations sur la politique numérique européenne, cliquez ici.

Approfondir à nouveau le dialogue entre l’UE et la Turquie

La chancelière a fait remarquer que les relations avec la Turquie sont complexes et à l’ordre du jour de ce Conseil européen. C’est une bonne nouvelle qu’après « les provocations dans les eaux grecques » de ces derniers mois, la Turquie indique, par quelques signes, sa volonté de désamorcer la situation et de reprendre le dialogue avec la Grèce, a expliqué Mme Merkel.

La chancelière s’est exprimée en faveur d’une reprise des relations entre l’Union européenne et la Turquie. « Les négociations ne seront pas simples mais j’espère qu’elles aboutiront. »

Dans le même temps, nous devons aussi espérer qu’au niveau de sa politique intérieure, la Turquie respectera les règles de l’État de droit. L’annonce, ce week-end, de la Turquie de se retirer de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes (Convention d’Istanbul) est un « signe très, très regrettable ». Angela Merkel s’est toutefois prononcée en faveur du dialogue. « Ce manque de communication dans nos relations avec la Turquie ne nous aide pas à avancer .»

Faire évoluer la déclaration UE-Turquie

La question migratoire ne peut être résolue qu’en concertation avec la Turquie, a souligné la chancelière. En dépit des critiques, l’accord conclu avec la Turquie il y a cinq ans a permis de nombreux changements positifs et doit donc continuer d’évoluer. Il a ainsi été possible de « lutter efficacement contre les activités des passeurs qui bafouent les droits de l’homme » et de faire reculer le nombre de passages transfrontaliers illégaux vers la Grèce ainsi que le nombre de décès en mer Égée.

L’argent versé par l’UE à la Turquie est bien investi puisque, dans le cadre de différents projets, il profite à des personnes qui en ont besoin, a rappelé la chancelière. Il est « dans l’intérêt mutuel » de poursuivre cette coopération.

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