Les jeunes veulent être davantage entendus

Journées de l’aide à l’enfance et à la jeunesse Les jeunes veulent être davantage entendus

Qu’attendent les jeunes de la politique ? À quoi peut ressembler une politique qui réponde également aux attentes des jeunes ? Et comment faire en sorte que les jeunes soient davantage entendus, y compris dans un contexte de crise ? La chancelière fédérale Angela Merkel a discuté de ces questions et d’autres avec des jeunes lors de l’événement de clôture des Journées de l’aide à l’enfance et à la jeunesse.

La chancelière fédérale Angela Merkel en conversation lors des 17e Journées allemandes de l’aide à l’enfance et à la jeunesse

La chancelière fédérale Angela Merkel lors de la table ronde virtuelle de clôture des Journées de l’aide à l’enfance et à la jeunesse.  « Que pouvons-nous faire ensemble pour aider les jeunes à bien se développer ? » : cette question était au cœur des échanges.

Photo : Bundesregierung/Steins

Pendant trois jours, la 17e édition des Journées de l’aide à l’enfance et à la jeunesse a mis l’accent sur les perspectives des jeunes et de leurs familles, tant aujourd’hui que, par exemple, dans la perspective des conséquences de la pandémie de Covid-19. Des spécialistes de la protection de l’enfance et de la jeunesse se sont demandé comment la politique et la société pourraient agir dès maintenant dans l’intérêt des jeunes d’aujourd’hui et des générations futures.


Pour clore l’événement, la chancelière fédérale Angela Merkel a également échangé avec quatre jeunes sur cette question lors d’une discussion en ligne. Mme Merkel a affirmé que c’était précisément dans cette optique que le gouvernement avait élaboré sa propre stratégie pour la jeunesse. Tous les ministères devront désormais réfléchir à la manière de mieux répondre aux idées et aux besoins des jeunes. Ce n’est plus seulement une tâche du ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, de la Femme et de la Jeunesse. La participation des jeunes est un sujet important, a insisté la chancelière. « Nous essayons d’inclure autant que possible d’initiatives des jeunes dans notre action gouvernementale », a assuré Mme Merkel.


On travaille, par exemple, à structurer financièrement les programmes de volontariat pour les jeunes de telle sorte que tous ceux qui le souhaitent puissent effectuer un service volontaire.

Tous les trois ou quatre ans depuis 1964, l’Alliance pour l’aide à l’enfance et à la jeunesse (AGJ) organise les Journées allemandes de l’aide à l’enfance et à la jeunesse. Celles-ci s’adressent aux professionnels de la protection de l’enfance et de la jeunesse au sein des organismes, de la politique et de l’administration. Du 18 au 20 mai, l’événement de cette année a eu lieu pour la première fois au format purement numérique, sous la devise « Nous construisons l’avenir – maintenant ! ». Avec plus de 270 événements en ligne et une foire numérique comptant environ 260 exposants, il s’agit du plus grand sommet sur l’aide à la jeunesse en Europe.


Les jeunes veulent être davantage entendus


Une chose est rapidement devenue claire parmi les jeunes participants à la discussion : tous souhaitent une plus grande inclusion. Levi, 15 ans, d’Essen, a souligné que les jeunes veulent avoir leur mot à dire sur leur avenir.  Il a fait valoir que l’âge du droit de vote devrait être abaissé à 16 ans. 

La chancelière n’était « pas aussi ouverte » à cette idée : pour elle, l’âge de la majorité et l’âge du droit de vote vont de pair, a-t-elle expliqué. Elle a toutefois indiqué que la pyramide des âges dans notre société fournissait un argument en faveur d’un âge de vote plus précoce. En effet, a-t-elle admis, « la voix des jeunes n’est pas assez entendue parce que nous avons simplement une très grande proportion de personnes âgées ».

En revanche, la chancelière a qualifié d’« idée très intéressante » la suggestion selon laquelle les jeunes devraient, au moins de temps en temps, se faire entendre à la table du cabinet coronavirus, ajoutant qu’elle aimerait en discuter avec ses collègues en conseil des ministres.


Plus d’éducation politique


Un autre sujet que les jeunes ont soulevé à maintes reprises est l’éducation politique. Ana, 18 ans, originaire de Bavière, s’est plainte du fait que l’éducation politique n’était pas suffisamment ancrée dans le système scolaire allemand. Les jeunes auraient besoin de plus d’information pour pouvoir participer, a-t-elle regretté. Karolina, 16 ans, de Deggendorf a également souligné que ces informations doivent être compréhensibles et facilement accessibles : « Si l’on ne sait pas où trouver des informations et comment s’impliquer, alors il est difficile de s’impliquer. »


La chancelière fédérale Angela Merkel a souligné qu’elle – comme de nombreux autres députés – se rend également dans des écoles pour rendre compte de son travail et répondre aux questions. Ajoutant que le Centre fédéral pour l’éducation politique proposait également de nombreuses ressources, elle s’est demandé si celles-ci étaient suffisamment relayées dans les écoles.

La chancelière fédérale a également imputé cette situation à la divergence des canaux de communication : « La divergence entre les circuits d’information que les jeunes utilisent et ceux que nous utilisons en politique s’est encore accentuée ces dernières années. » L’on n’arrive manifestement plus à entrer en contact avec les jeunes autant qu’on le souhaiterait, malgré les efforts déployés sur des plateformes telles que Facebook, Instagram, etc., a-t-elle constaté. C’est pourquoi une discussion approfondie sur la manière de se retrouver serait nécessaire.


Ne pas reléguer la jeunesse au second plan


Levi a également abordé la situation de ces derniers mois. Il ne faut plus que la jeunesse soit reléguée au second plan, a-t-il dit. Tant de choses qui sont importantes pour les jeunes ont été supprimées. Il a plaidé pour que cela ne se reproduise pas. Si les politiques affirment que les jeunes sont importants, leurs actions doivent aussi aller dans ce sens, a-t-il insisté.

La chancelière fédérale a rappelé qu’il y avait eu de nombreuses restrictions ces derniers mois, et pas seulement pour les jeunes. Cependant, elle a souligné qu’à présent, les jeunes méritaient effectivement que l’attention soit portée sur eux. La politique doit maintenant veiller à ce que les diplômes de fin d’études soient obtenus, que des places d’apprentissage soient proposées et que les loisirs puissent à nouveau être pratiqués.

La chancelière a dit avoir retenu en particulier deux pistes de réflexion de la discussion : comment faire en sorte d’améliorer le contact entre la politique et la jeunesse et comment ne pas perdre de vue les perspectives des jeunes.


Événement de lancement avec la ministre fédérale de la Jeunesse Franziska Giffey


Mardi, l’ancienne ministre fédérale de la Jeunesse Franziska Giffey avait participé à l’événement de lancement des Journées de l’aide à l’enfance et à la jeunesse. Elle y avait souligné l’importance de « prendre les enfants et les jeunes au sérieux et de les impliquer ».

Même en période de pandémie, a-t-elle déclaré, l’objectif est de leur permettre de grandir en bonne santé et en sécurité. C’est pourquoi le gouvernement fédéral vient d’adopter un programme d’action visant à réduire les déficits d’apprentissage, à renforcer l’éducation de la petite enfance et à promouvoir les colonies de vacances et les activités périscolaires. Il est de la responsabilité des adultes de « transmettre à la jeune génération la confiance lui permettant de croire en sa force », a déclaré Mme Giffey. 

Les services d’aide à l’enfance et à la jeunesse soutiennent les enfants et les jeunes dans leur développement et aident les jeunes adultes dans des situations particulièrement difficiles. Ils fournissent des conseils et du soutien aux parents et tuteurs dans l’éducation des enfants.