Débat général au Bundestag

Intégrer les autres, dans l’intérêt de l’Allemagne

La transformation numérique et comment l’Allemagne relève les défis de la mondialisation au XXIe siècle : c’est autour de ces thèmes que la chancelière fédérale a articulé son discours devant le Bundestag. Elle a également dit qu’elle misait sur un accord lors des négociations sur le Brexit qui auront lieu ce dimanche.

La chancelière fédérale Angela Merkel s’exprime devant le Bundestag pendant le débat général sur le budget

Angela Merkel devant le Bundestag : Il est important de résoudre les problèmes liés aux flux migratoires dans un contexte international et de ne pas croire qu’un pays pourra y arriver seul.

Photo : Bundesregierung/Steins

« La transformation numérique changera profondément nos vies dans tous les domaines », a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel. Le temps presse, l’Allemagne fait face à une grande concurrence mondiale. Dans ce contexte, il est crucial que l’humain soit au centre de la mutation numérique, et non maîtrisé par la technologie. L’enjeu est également celui d’une « éthique des données », sur laquelle la réflexion doit se poursuivre.
L’infrastructure numérique n’est pas encore satisfaisante, mais l’Allemagne est sur la bonne voie, a-t-elle estimé. D’ici fin 2019, 98% des ménages auront accès à l’Internet rapide.
Le gouvernement fédéral investira également dans l’intelligence artificielle. Ici, l’Allemagne a du retard à rattraper. « Nous voulons être de nouveau à la fine pointe dans tous les domaines », a affirmé Mme Merkel. Le gouvernement fédéral soutiendra les entreprises dans leurs activités de formation continue.
La chancelière a aussi évoqué le projet de portail numérique citoyen, qui devrait permettre aux citoyens de régler plus de 500 formalités en ligne. Dès 2019, une centaine de ces opérations administratives relevant de la responsabilité du gouvernement fédéral devraient être accessibles via ce portail, puis, à partir de 2022, l’ensemble de celles-ci, comme la réimmatriculation des voitures, par exemple. 

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Kanzlerin Merkel zur Digitalisierung

Gérer flux migratoires à l’échelle mondiale
Lors du débat général, Angela Merkel s’est également engagée fermement en faveur de deux accords multilatéraux : le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et le Pacte mondial sur les réfugiés. Les deux accords représentent « une bonne tentative de répondre de manière concertée et également au niveau international aux problèmes mondiaux », a déclaré la chancelière.
Lorsque sont arrivés les nombreux réfugiés en 2015, il est devenu clair que l’Allemagne ne pouvait pas se dissocier des souffrances des peuples voisins de l’Europe. À cette époque, le gouvernement allemand non plus ne soutenait pas financièrement assez les camps de réfugiés en Jordanie et au Yémen - une des raisons pour lesquelles tant de personnes ont pris le chemin de l’Europe.
À présent, il s’agit de résoudre ce problème mondial. Personne ne peut le faire seul. C’est pourquoi il est dans l’intérêt national de résoudre à l’échelle internationale les problèmes liés au phénomène migratoire.
« Soit l’on fait partie de ceux qui croient qu’ils peuvent tout régler tout seuls et n’ont à penser qu’à eux-mêmes. C’est du pur nationalisme. Cela n’a rien à voir avec le patriotisme, qui signifierait d’intégrer les autres dans l’intérêt de l’Allemagne et d’accepter les situations gagnant-gagnant. ». Tel est le bilan dressé par la chancelière fédérale.

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Kanzlerin Merkel zu Multilateralismus und internationaler Zusammenarbeit

« Nous voulons demeurer de bons amis et partenaires »
L’accord de retrait entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pourrait être finalisé d’ici au Conseil européen de dimanche, selon la chancelière. Jusqu’à la fin des négociations, il a souvent été question de la future frontière entre l’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, qui appartient au Royaume-Uni. « Il est important de rappeler que le Royaume-Uni ne peut pas décider unilatéralement quand l’union douanière prend fin », a affirmé Mme Merkel.
Dans le même temps, la chancelière mise sur de bonnes relations avec le Royaume-Uni, même après sa sortie de l’UE. Celles-ci sont dans « l’intérêt élémentaire » de l’UE et de l’Allemagne. Dimanche, les chefs d’État et de gouvernement européens souhaitent adopter l’accord fixant les conditions du Brexit.
Sur les dépenses totales du gouvernement fédéral, qui s’élèveront à 356,4 milliards d’euros en 2019, 3,24 milliards d’euros sont prévus pour le budget de la Chancellerie fédérale. Le discours de la chancelière sur le budget est traditionnellement l’occasion d’un débat général sur la politique du gouvernement fédéral.

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