Renforcer l’engagement en faveur de l’Union africaine

La chancelière fédérale est accueillie avec les honneurs militaires à Addis-Abeba

Accueil d’Angela Merkel avec les honneurs militaires à Addis-Abeba

Photo : Bundesregierung/Steins

Dans la capitale, Addis-Abeba, Angela Merkel a eu un entretien avec le premier ministre, Hailemariam Dessalegn, puis elle a inauguré le nouveau bâtiment de l’Union africaine baptisé Julius Nyerere.

« À une société en développement appartient une société civile vivante », a déclaré Mme Merkel à l’issue de son entrevue avec M. Dessalegn.

En effet, tout débat politique ardu est préférable « à des conflits qui se manifestent par la violence et coûtent des vies humaines, pays où la haine et l’insatisfaction à l’égard des institutions politiques s’amplifient de telle façon que l’État est privé du soutien de ses citoyens », a-t-elle rappelé.

S’agissant des manifestations qui perdurent en Éthiopie et de l’état de siège, Mme Merkel a insisté sur l’importance de la démocratie et du dialogue : « Nous sommes parfaitement disposés à aider l’Éthiopie à progresser sur le chemin de la démocratie, à renforcer la société civile ainsi que les différents partis, dont ceux de l’opposition. » En outre, la chancelière a proposé l’appui de l’Allemagne pour former des forces de police, l’objectif étant d’élaborer des stratégies de désescalade.

L’Éthiopie, un pôle de stabilité

La chancelière allemande a loué le gros effort fourni par l’Éthiopie en accueillant plus de 700 000 réfugiés, venus pour la plupart des pays voisins, à savoir l’Érythrée, la Somalie et le Soudan du Sud. Elle a souligné par ailleurs la participation de l’Éthiopie à des missions militaires et au processus politique à l’échelle régionale, en vue du règlement des conflits. « L’Éthiopie est un pôle de stabilité et un exemple de développement économique réussi », a-t-elle estimé.

Ce pays a néanmoins besoin qu’on l’aide à financer les missions militaires, a constaté Mme Merkel avant de promettre : « Je m’emploierai en Europe à éviter les coupes budgétaires dans chacune des missions et veillerai à ce que ces missions soient réellement mises en œuvre. »

Mme Merkel a annoncé que l’Allemagne maintiendrait son soutien à l’Éthiopie dans le domaine de l’aide au développement et par le biais d’investissements privés. Dans ce contexte, elle a proposé des entretiens économiques bilatéraux qui encourageraient les entreprises allemandes à investir davantage en Éthiopie à l’avenir. Enfin, la chancelière allemande a dit vouloir faire des conditions d’investissement en Afrique l’un des thèmes de la présidence allemande du G20 l’année prochaine.

À Addis-Abeba, la chancelière a également rencontré des représentants des organisations de la société civile. Ces échanges lui ont permis de s’informer entre autres sur la situation politique intérieure en Éthiopie.

L’Éthiopie est l’une des plus anciennes nations culturelles du monde. L’Allemagne entretient officiellement des relations diplomatiques avec ce pays déjà depuis 1905. L’Éthiopie joue un rôle politique et économique important dans la région de la Corne de l’Afrique.

Itinéraire de la chancelière en Afrique

Les étapes du voyage de Mme Merkel

Photo : Bundesregierung

Inauguration du Bâtiment Paix et Sécurité de l’UA

La chancelière fédérale a discuté ensuite avec la présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Dlamini-Zuma, ainsi qu’avec d’autres représentants de l’Organisation.

Lors de l’inauguration du bâtiment Julius Nyerere pour la paix et la sécurité, Angela Merkel a tenu un discours. Ce nouvel édifice financé sur le budget du ministère fédéral des Affaires étrangères, et qui associe la construction artisanale locale et la technologie allemande des bâtiments, abrite la salle de réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

Face aux immenses défis planétaires tels que la crise financière et économique, les épidémies comme la maladie à virus Ebola, les activités terroristes ou la fuite et la migration, « les pays d’Afrique devraient se solidariser le plus possible pour défendre leurs intérêts communs, en ayant recours à un interlocuteur reconnu par tous comme l’est l’Union africaine », a encore déclaré la chancelière.

Le nouveau bâtiment illustre l’objectif partagé, à savoir améliorer la paix et la sécurité en Afrique. C’est là que réside « la condition première d’une vie dans la dignité », a souligné Mme Merkel. Compte tenu des nombreux développements problématiques, l’Union africaine et les groupements régionaux de pays concernés doivent combattre les organisations terroristes criminelles, a-t-elle ajouté.

La région du lac Tchad mérite à son sens une attention toute particulière. Car c’est une région qui non seulement est durement marquée par les dérèglements climatiques, la sécheresse et la surexploitation économique, mais qui est aussi victime de la marche sanglante de Boko Haram. C’est la raison pour laquelle l’Union européenne versera 50 millions d’euros afin de soutenir l’action de la force d’intervention conjointe multinationale.

Renforcer le développement durable

Angela Merkel a souligné l’importance du développement durable en tant que condition préalable à la lutte contre les migrations et la menace terroriste. Outre les projets d’aide humanitaire et de développement réalisés dans les pays d’origine et de transit, elle a mentionné trois domaines cruciaux dans lesquels l’Allemagne s’engagera dans le cadre de partenariats de migration :

  • Renforcer les investissements privés afin de favoriser une croissance durable et de créer des emplois

  • Développer les infrastructures, en particulier dans les secteurs des transports, des communications et de l’énergie

  • Améliorer la formation professionnelle afin qu’elle tienne compte davantage des besoins du marché et qu’elle accroisse les perspectives d’emploi

Au sujet de la présidence allemande du G20, l’année prochaine, Mme Merkel a assuré : « Nous ferons également des questions qui préoccupent l’Afrique l’une des priorités du calendrier du G20 et nous lancerons une vaste initiative avec l’Afrique. »

L’Afrique étant un continent d’avenir, elle est importante pour l’Allemagne et l’Europe, a poursuivi la chancelière. En tant que grand moteur de l’intégration africaine en matière économique, l’Union africaine est par conséquent un partenaire majeur de l’Union européenne.

L’Union africaine (UA) a son siège à Addis-Abeba. Elle joue un rôle croissant dans le règlement des conflits à l’échelle régionale. Le Conseil de paix et de sécurité est son organe central. La coopération entre l’Allemagne et l’Union africaine se concentre sur la paix et la sécurité, l’intégration économique, l’agriculture et les infrastructures, ainsi que sur le commerce, l’éducation, la formation et le changement climatique. Au cours de la dernière décennie, l’Allemagne a versé au total 500 millions d’euros en soutien à l’UA.