Déclaration de politique générale en amont du Conseil européen

L’Europe doit parler d’une seule voix

En amont du Conseil européen, la chancelière fédérale Angela Merkel a fait une déclaration de politique générale devant le Bundestag. Elle a parlé du Brexit, de la Turquie, de la situation dans le nord de la Syrie et des questions les plus importantes pour l’avenir de l’Europe.

La chancelière fédérale Angela Merkel fait une déclaration de politique générale devant le Bundestag

Déclaration de politique générale de la chancelière fédérale devant le Bundestag : appel à la force de l’Europe

Photo : Bundesregierung/Schacht

Angela Merkel a souligné, avant le Conseil européen qui allait se tenir à Bruxelles, qu’un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne était dans l’intérêt de tous. Dans sa déclaration de politique générale devant le Bundestag, elle a également condamné l’offensive militaire turque menée dans le nord de la Syrie. « Il s’agit d’un drame humanitaire aux lourdes conséquences géopolitiques. »

L’action engagée contre les unités kurdes risque par ailleurs d’entraîner une résurgence de l’EI. Angela Merkel s’est donc réjouie que l’Allemagne et ses partenaires européens se soient entendus pour ne plus fournir d’armes à la Turquie. La chancelière a cependant également souligné qu’elle continuerait de s’engager en faveur de l’accord sur les réfugiés avec la Turquie. « Il sauve des vies » et empêche aussi « que des passeurs et des rabatteurs reprennent le dessus ».

Perspective d’adhésion à l’UE pour les deux pays des Balkans occidentaux

Angela Merkel s’est par ailleurs de nouveau prononcée en faveur de la perspective d’une possible adhésion à l’UE de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Si l’on vise une évolution sur le plan de l’état de droit dans les deux pays des Balkans occidentaux, la perspective européenne est la meilleure condition préalable, y compris pour que la prospérité et la sécurité soient garanties en Europe. Mais les réserves d’autres partenaires de l’UE réduisent les chances d’ouverture de négociations d’adhésion, a concédé la chancelière.

Juste répartition du fardeau pour l’Allemagne

Concernant les discussions sur le cadre financier pluriannuel, la chancelière ne s’attend pas encore à un consensus à Bruxelles. Elle a plaidé en faveur d’une juste répartition du fardeau et d’un allègement pour l’Allemagne. La sortie du Royaume-Uni entre autres pèse fortement sur l’Allemagne. Par ailleurs, « quiconque ne respectera pas les principes de l’État de droit dans le cadre de ses dépenses de fonds européens » ne pourra plus profiter sans limites de l’Europe sur le plan financier.

« L’Europe doit fournir des orientations »

La chancelière en a également appelé à la force de l’Europe : « L’Europe doit fournir des orientations », que ce soit en matière de protection climatique ou de sécurité des données et de transformation numérique. En outre, elle a salué l’orientation géopolitique de la nouvelle Commission européenne : au vu de la situation mondiale en rapide mutation, « l’Europe ne peut plus se permettre de ne pas être unie sur des questions de politique étrangère majeures. »

C’est pourquoi l’Allemagne souhaite inclure les relations de l’Union européenne avec la Chine dans les priorités de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne en 2020 et organiser un sommet UE-Chine à Leipzig l’année prochaine.

Dans sa déclaration de politique générale, la chancelière a également fait référence à la chute du Mur de Berlin il y a 30 ans. Le courage des citoyens de la RDA rappelle « à quel point il vaut la peine de défendre à l’avenir des convictions, des valeurs et des objectifs et ce, également pour une Europe unie ».