Sommet du G7 en Italie

Discussions difficiles sur des questions mondiales

L’unanimité dans la lutte contre le terrorisme, des avancées en matière de libre-échange, mais aucune entente concernant la protection du climat : tel est le bilan du sommet du G7 en Sicile.

Vue d’ensemble de l’assemblée du G7 et des pays africains du dialogue élargi

Les pays du G7 ont délibéré avec certains États africains de questions de développement et de protection du climat

Photo : Bundesregierung/Bergmann

Si certains dossiers ont fait l’objet d’un large consensus, il faut prendre note de désaccords sur certains autres, selon la chancelière fédérale.

« Relever les défis de la mondialisation et les façonner au bénéfice de l’humanité » : ce sont ces principes directeurs du G7 que la chancelière fédérale Angela Merkel a rappelés en conclusion de la réunion des sept principaux pays industrialisés dans la ville italienne de Taormine.

Sur certains dossiers, les sept ont pu mettre en œuvre ces principes directeurs. Les discussions concernant les conflits internationaux tels que la Syrie, la Libye et la Corée du Nord ont fait l’objet « d’un large consensus et d’un processus commun », a souligné la chancelière.

La déclaration finale de la rencontre contient également un engagement commun sur les accords de Minsk et les sanctions à l’encontre de la Russie.

Lutter ensemble contre le terrorisme

Les participants au sommet partagent la volonté de combattre avec une détermination accrue le terrorisme et les violences extrémistes. Dès vendredi, les chefs d’État et de gouvernement avaient établi une déclaration commune à ce sujet.

Les pays du G7 veulent restreindre l’usage d’internet à des fins de propagande islamiste et terroriste et agir de concert contre les sources de financement du terrorisme international. Les ministres de l’Intérieur du G7 doivent se réunir au plus vite afin d’en appliquer les différents points.

Contre le protectionnisme, pour des marchés ouverts

Les participants au sommet ont convenu de soutenir le système commercial multilatéral de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). À l’issue des débats difficiles sur le thème du commerce, la chancelière s’est montrée satisfaite du communiqué final. « Nous voulons faire réussir l’OMC, notamment en concluant avec succès la onzième Conférence ministérielle de l’OMC. »

Les pays du G7 partagent la volonté de maintenir les marchés ouverts et d’œuvrer contre le protectionnisme, tout en se souciant de combattre intensivement les pratiques commerciales inéquitables. « Cela est aussi dans l’intérêt de l’Allemagne, quand je pense à la question de l’acier », a ajouté la chancelière.

Le libre-échange était aussi le thème d’un entretien bilatéral entre la chancelière fédérale Angela Merkel et le président des États-Unis Donald Trump.

Aucune avancée sur la protection du climat

En revanche, aucun consensus n’a pu avoir lieu en matière de protection du climat entre les sept chefs d’État et de gouvernement. De leur côté, le Canada, le Japon, l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont réaffirmé leur engagement envers les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Les États-Unis ont quant à eux laissé planer l’incertitude sur leur intention de se maintenir ou non dans l’accord sur la protection du climat. L’ensemble de la discussion sur le climat s’est révélé très insatisfaisant, selon la chancelière : « Je crois que le thème de l’accord de Paris est si important qu’il ne peut souffrir aucun compromis. »

Préparation du sommet du G20 à Hambourg

La rencontre du G7 constitue pour l’Allemagne une « très, très bonne base » pour poursuivre les préparatifs du sommet du G20 à Hambourg. Sur certains sujets, il faut à présent « poursuivre le travail ou bien simplement prendre note des désaccords », selon Angela Merkel.

Comme le G20, le Groupe des Sept (G7) n’est pas une organisation internationale, mais un forum informel de chefs d’État et de gouvernement. Font partie du G7 l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon, le Canada et les États-Unis. L’UE est en outre représentée lors de chaque réunion.

En vue du G20, l’échange du G7 avec des pays africains dans le cadre du processus de dialogue élargi dit « Outreach » est également un point important. Cette année, des représentants de la Tunisie, de l’Éthiopie, du Nigeria, du Niger, du Kenya et de la Guinée étaient présents. S’y ajoutaient aussi les responsables de différentes organisations internationales telles que la Banque africaine de développement, l’OCDE, le FMI et la Banque mondiale.

De nouveaux visages

Le sommet du G7 avait eu lieu l’année dernière sur la presqu’île japonaise de Kashiko-jima. Depuis lors, quatre nouveaux chefs d’État ont pris leurs fonctions : le président du Conseil italien et hôte de la rencontre Paolo Gentiloni, le président français Emmanuel Macron, la première ministre britannique Theresa May et le président américain Donald Trump.

Le sommet en Italie devait donc assurer une discussion ouverte et une meilleure compréhension.

Le Groupe des Sept (G7) représente environ 10 % de la population mondiale et environ un tiers de la performance économique mondiale. Du fait du caractère informel de ce format, les décisions du G7 ne sont pas juridiquement contraignantes. Les résultats du sommet ont cependant un poids politique et doivent autant que possible avoir des répercussions au-delà des sept pays participants.

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