Penser à la fois économie et écologie

Protection internationale du climat Penser à la fois économie et écologie

Lors du 11e Dialogue de Petersberg sur le climat, la chancelière fédérale Angela Merkel a insisté sur la nécessité de garder en vue la protection du climat dans le cadre des programmes de relance. Elle a rappelé la responsabilité internationale de mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat et salué le fait que l’UE relève ses objectifs climatiques pour 2030.

La chancelière fédérale sur un écran lors de son discours à l’occasion du Dialogue de Petersberg sur le climat

La chancelière fédérale Angela Merkel participait également au Dialogue de Petersberg sur le climat, organisé pour la première fois en visioconférence ; au premier plan, la ministre fédérale de l’Environnement et hôte de la conférence Svenja Schulze 

Photo : picture alliance/dpa

Comment pouvons-nous orchestrer une reprise économique verte après la crise ? Face à l’épidémie de coronavirus, cette question était au cœur du Dialogue de Petersberg organisé cette année pour la première fois en visioconférence. Le point d’orgue de ce dialogue de deux jours a été le segment de haut niveau auquel participaient le secrétaire général des Nations Unies António Guterres et la chancelière fédérale Angela Merkel.

Concernant les éventuelles aides conjoncturelles visant à redynamiser l’économie à la suite de la crise du coronavirus, la chancelière a lancé un appel à ne pas économiser sur la protection climatique mais, au contraire, à investir dans des technologies prometteuses. Il sera crucial de « ne jamais perdre de vue la protection du climat » lors des discussions entre États sur des programmes visant à relancer une économie mise à mal, a souligné Angela Merkel. Il faut penser à la fois économie et écologie.

Poursuivre la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat

La chancelière fédérale a lancé un appel aux participants à la conférence : « Nous devons continuer d’assumer notre responsabilité quant à la mise en œuvre de l’Accord de Paris et nous nous devons d’améliorer les contributions nationales d’ici à 2030. » Avec le « Green Deal », l’Union européenne montre la bonne voie à suivre, l’objectif étant qu’à l’horizon 2050, l’Europe soit le premier continent du monde neutre pour le climat. La chancelière fédérale a salué l’objectif de la Commission européenne, en tant qu’étape intermédiaire, de réduire d’ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 50 à 55 % par rapport à 1990. L’objectif est actuellement de 40 %.

Nécessité d’une tarification carbone

Pour ce faire, des investissements dans une infrastructure respectueuse du climat de même qu’une tarification adaptée du CO2 sont nécessaires. Cet instrument fondé sur l’économie de marché est le moyen le plus efficace de réduire les émissions. « Il serait fort souhaitable que le plus grand nombre de pays possible s’engagent dans cette voie », a souligné Angela Merkel. Dès l’année prochaine, l’Allemagne introduira un prix du carbone pour les secteurs des transports et du chauffage. Cela permettra d’inciter davantage les entreprises et les ménages à investir dans des alternatives écologiques pour réduire les coûts et les émissions de CO2.

Abandon des combustibles fossiles

Par ailleurs, la chancelière fédérale a souligné que, pour réussir la lutte mondiale contre le changement climatique, il était important que tous les acteurs de la communauté internationale apportent leur contribution en abandonnant les combustibles fossiles et en optant pour des sources d’énergie renouvelables et une meilleure efficacité énergétique. L’Allemagne veut promouvoir le développement des énergies renouvelables. D’ici à 2030, leur part dans le bouquet énergétique devrait atteindre 65 %.

L’UE doit prendre le leadership

Le secrétaire général des Nations Unies António Guterres a approuvé la chancelière fédérale sur le fait que les émissions de CO2 doivent avoir un prix. Il ne faut pas oublier le prix que la planète paie pour ces émissions, a-t-il rappelé. Selon lui, l’UE doit prendre le leadership : d’ici à 2050, l’Europe devra être le premier continent du monde neutre pour le climat. Il estime que la reprise après la crise du coronavirus peut déboucher sur un monde plus sain pour tous.

Le Dialogue de Petersberg a vu le jour en 2010 à l’initiative de la chancelière fédérale Angela Merkel. Depuis, cette initiative a créé un espace d’échanges constructifs et empreints de confiance entre les ministres. Le 11e Dialogue de Petersberg s’est tenu les 27 et 28 avril en visioconférence. À l’invitation de la ministre fédérale de l’Environnement Svenja Schulze, les ministres de quelque 30 pays y ont discuté des mesures à prendre pour sortir de la crise économique et s’orienter vers une voie durable.