Lutter contre la désinformation et l’incitation à la haine

Réunion informelle des ministres de la Justice de l’UE Lutter contre la désinformation et l’incitation à la haine

Au cours de la réunion informelle des ministres de la Justice des 27 États membres de l’UE, deux grands sujets ont été abordés en priorité : le renforcement de la démocratie et de l’État de droit ainsi que la lutte contre la haine, l’incitation à la haine et la désinformation dans le contexte de la Covid-19. C’est la première fois que le Conseil de l’UE se réunit depuis le début de la présidence allemande.

Ne transférez pas à vos contacts d’informations douteuses. Ne partagez pas les contenus douteux, et signalez ceux qui sont préoccupants. Soyez attentifs, ayez un regard critique et argumentez contre les fausses infos en étayant vos propos. (Pour plus d’informations, une description détaillée est disponible sous l’image.)

Informez-vous activement et protégez aussi les autres contre les fausses informations

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Photo : Bundesregierung

Les fausses informations ou la désinformation, c’est-à-dire les informations qui ont été manipulées de manière intentionnelle pour induire en erreur et nuire sciemment à l’intérêt public, sont un phénomène de plus en plus répandu au niveau international. La pandémie de Covid-19 notamment s’est accompagnée d’une vague massive de fausses informations et de tentatives d’influencer ou de fausser les débats de société.

Pourquoi la désinformation est-elle si dangereuse ?

Les fausses allégations et la désinformation peuvent menacer les processus démocratiques et avoir des répercussions ciblées sur une multitude de secteurs tels que la santé, les sciences, l’éducation ou encore la finance. Elles attisent souvent les peurs et renforcent les incertitudes présentes.

Dans un contexte de pandémie, la négation et la déformation des faits peut même mettre en péril des vies. Cela menace également le débat démocratique. Lorsque les gens fondent leur conduite sur de fausses informations et par exemple prennent des substances inefficaces voire nocives, les dangers qu’ils encourent eux-mêmes sont grands. Lorsque la désinformation nuit à la légitimité des mesures collectives, à l’instar des règles de distanciation et d’hygiène, elle représente également une menace pour l’ensemble de la société.

Les théories du complot qui ont surgi au sujet de la pandémie de Covid-19 sont en outre fréquemment accompagnées de discours haineux contre les personnes d’origine asiatique ou de propos racistes et antisémites.

Quel était l’objet de la réunion des ministres de la Justice de l’UE qui a eu lieu aujourd’hui par visioconférence ?

Afin de protéger la vie et la santé de leurs citoyens, les États européens se sont vus obligés d’apporter des restrictions profondes aux libertés fondamentales durant les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Ce faisant, ils ont suivi des approches différentes. Les ministres de la Justice ont discuté des réactions des citoyens face à ces restrictions de leurs droits. « Même dans des conditions difficiles, les parlements et les tribunaux ont été en capacité d’agir », a déclaré la ministre fédérale de la Justice Christine Lambrecht. « Aucune restriction aux libertés ne saurait rester en vigueur ne serait-ce qu’un jour de plus que strictement nécessaire », a-t-elle mis en avant.

En outre, les ministres de la Justice ont débattu de la manière dont les acteurs politiques ont réagi face aux critiques, aux conclusions scientifiques et aux décisions rendues par la justice. L’objectif est de renforcer la démocratie et l’État de droit pour qu’ils puissent mieux faire face aux crises comme celle déclenchée par la pandémie de Covid-19.

Prenaient part à cette réunion présidée par la ministre fédérale allemande de la Justice, Mme Christine Lambrecht, les 26 autres ministres de la Justice des États membres de l’Union européenne, ainsi que la vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Mme Věra Jourová, le commissaire à la Justice, M. Didier Reynders, le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, M. Gilles de Kerchove, ainsi que du Parlement européen les présidents de la commission des affaires juridiques (JURI), M. Adrián Vázquez Lázara, et de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE), M. Juan Fernando López Aguilar.

Comment les fausses informations se répandent-elles ?

En particulier en période de crise, il est courant que de fausses informations circulent et se répandent très rapidement. Les gens sont très en demande d’informations, c’est tout à fait normal. En début de crise, les autorités n’ont souvent pas d’informations précises. Avec la Covid-19, nous avons affaire à un nouveau virus et il a fallu du temps pour que les scientifiques puissent fournir des informations valables et dûment étayées. D’aucuns ont profité de cet intervalle pour diffuser de manière ciblée de fausses affirmations afin de déstabiliser sciemment le public. « Dans ce contexte de pandémie, des vies sont mises en danger lorsque l’on propage des absurdités sur les vaccins ou que l’on nie tout bonnement l’existence du virus », a déclaré Mme Lambrecht.

Les réseaux sociaux et les services de messagerie sont des outils très prisés à cet égard : les fausses informations s’y propagent comme un virus par les « like », les commentaires et les partages. Chacun d’entre nous peut arrêter les chaînes de désinformation. Portez un regard critique sur les contenus et en cas de doute, ne partagez pas. Signalez les contenus douteux ou illégaux sur les réseaux sociaux. Ainsi, vous pouvez protéger les autres en les empêchant de mettre leur santé en danger.

Comment reconnaître les fausses informations en 3 étapes ?

Sur les réseaux sociaux notamment, les fausses informations se répandent très rapidement. Elles sont un danger car elles menacent notre cohésion ainsi que notre santé. Les fausses informations qui se propagent sur les réseaux sociaux ou sur les services de messagerie comme WhatsApp ont l’air particulièrement crédibles car elles viennent de notre entourage. Il est donc d’autant plus important de savoir reconnaître les fausses informations et de ne pas les propager à son tour. Environ 85 % des Européens sont d’avis que les « fake news » sont un problème dans leur pays et 83 % y voient un problème pour la démocratie. Voici 3 étapes pour vous aider à reconnaître les fausses informations.

Étape 1 : vérifier les sources, les photos et l’auteur
Il est toujours utile de comparer les informations douteuses avec d’autres sources. Des sources sérieuses sont-elles citées ? Les chiffres donnés sont-ils corrects ? Renseignez-vous sur les portails officiels de la Fédération et des Länder et via les ressources médiatiques des chaînes publiques d’information et des journaux sérieux. Sur les réseaux sociaux, tenez-vous en aux comptes vérifiés des institutions et organismes officiels (reconnaissables à leur coche bleue) et consultez les mentions légales des sites internet. Celles-ci devraient comprendre le nom de la personne responsable du contenu du site ainsi qu’une adresse complète, et pas seulement une adresse électronique anonyme par exemple.

Avec une recherche d’image, on peut vérifier si un visuel a déjà été utilisé par le passé dans un autre contexte. Grâce à un outil spécialement conçu à cet effet, vous pouvez en outre déterminer si une image ou une vidéo a été manipulée.

Vérifiez s’il est fait mention de l’auteur du texte, et si les experts cités sont vraiment des spécialistes du sujet.

Étape 2 : utiliser les services de vérification
Quelques organisations publiques et privées ainsi que certains médias publics s’occupent de vérifier concrètement et de rectifier les fausses informations. Le coronavirus est un sujet de plus en plus important à cet égard. Parmi les services disponibles, on trouve notamment le podcast du Centre fédéral pour l’éducation politique sur les théories du complot, la campagne EU vs. Disinfo du Service européen pour l’action extérieure et Myth busters (en anglais), une offre de l’Organisation mondiale de la santé. Le site de la Commission européenne rectifie également les fausses informations courantes.

Étape 3 : en cas de doute, ne pas partager
Cette étape ne relève pas de la vérification mais sert à éviter la propagation des fausses informations. Souvent, les fausses informations ne sont pas propagées par les gens dans l’intention de nuire, mais parce qu’ils s’inquiètent. Lorsqu’il y a des doutes, les fausses informations amplifient les incertitudes ou sèment la panique. Plus une information est sensible du point de vue émotionnel, plus elle se diffuse. Il est alors d’autant plus important de ne pas participer à ce phénomène et de garder son calme. Il vaut mieux supprimer le message que de le diffuser à son tour.

Vous trouverez un récapitulatif détaillé de la marche à suivre pour détecter les fausses informations sur le site internet du Parlement européen.