Des sanctions seront adoptées contre le Bélarus

Angela Merkel au Conseil européen Des sanctions seront adoptées contre le Bélarus

À la suite des récents événements au Bélarus, les chefs d’État et de gouvernement ont décidé d’adopter des sanctions contre le pays. Ils ont exigé la libération du blogueur Roman Protassevitch et de sa compagne. La Russie, la protection du climat et la pandémie de Covid-19 étaient également à l’ordre du jour. Angela Merkel a parlé de discussions constructives et axées sur les résultats : une atmosphère qui a marqué l’ensemble de cette réunion du Conseil européen, selon la chancelière.

La chancelière fédérale Angela Merkel

L’UE a réagi promptement et fermement aux événements survenus au Bélarus, a affirmé la chancelière fédérale Angela Merkel à l’issue du Conseil européen de Bruxelles

Photo : Bundesregierung/Kugler

Le Conseil européen informel à Bruxelles devait se concentrer sur le changement climatique, la pandémie de Covid-19 et des questions de politique étrangère. Cependant, en raison de l’actualité, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont commencé par aborder un autre sujet lundi soir : la réponse de l’Europe aux récents événements au Bélarus. À l’issue du sommet, la chancelière fédérale Angela Merkel a exprimé son inquiétude quant aux événements entourant l’arrestation du journaliste Roman Protassevitch.

Dimanche, avec l’aide d’un avion de chasse, les autorités du Bélarus avaient forcé un avion de Ryanair qui effectuait la liaison entre Athènes et Vilnius à atterrir à Minsk. Le blogueur Roman Protassevitch, qui était internationalement recherché par les dirigeants du pays, comptait parmi les passagers de l’avion de ligne. Il a été arrêté peu après l’atterrissage de l’appareil à Minsk.

L’Organisation de l’aviation civile internationale doit mener une enquête sur l’incident

La chancelière fédérale Angela Merkel a déclaré mardi que le Conseil européen avait condamné cette action avec la plus grande fermeté et exigé la libération immédiate de M. Protassevitch et de sa compagne. Elle a également indiqué que l’Organisation de l’aviation civile internationale avait été priée d’enquêter de toute urgence sur cet incident « sans précédent » et « inacceptable ».

Les chefs d’État et de gouvernement ont également décidé de fermer l’espace aérien de l’UE aux compagnies aériennes bélarussiennes. De plus, leurs appareils ne seront plus autorisés à décoller et à atterrir dans les aéroports de l’UE. Les États membres ont également convenu de sanctions économiques supplémentaires et ont chargé les ministres des Affaires étrangères d’ajouter d’autres personnes et organisations à la liste des sanctions.

Débat stratégique sur la Russie

Les chefs d’État et de gouvernement ont aussi échangé leurs points de vue sur les relations entre l’UE et la Russie. Le Conseil européen de juin approfondira encore les discussions sur la base d’un rapport de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure (SEAE). « Nous étions d’accord pour dire que nous devons répondre ensemble et de manière coordonnée à la politique russe », a déclaré la chancelière. Il est également nécessaire, bien sûr, de « développer une vision commune du type de relation que nous envisageons », a-t-elle expliqué.

Dans une déclaration, les dirigeants ont condamné « les activités russes illégales, provocatrices et déstabilisatrices à l’encontre de l’UE, de ses États membres et au-delà ». Ils ont réaffirmé l’unité et la solidarité de l’UE face à de tels actes ainsi que son soutien aux partenaires d’Europe orientale.

« Nous avons réagi promptement, immédiatement et aussi, je crois, fermement », a déclaré Mme Merkel, qui a fait état de discussions constructives et axées sur les résultats : une atmosphère qui a marqué l’ensemble de cette réunion du Conseil européen, selon elle.

Proche-Orient, Royaume-Uni, États-Unis

Le plus récent conflit au Proche-Orient était également à l’ordre du jour. Le Conseil européen a salué le cessez-le-feu visant à mettre fin à la violence. Les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur ferme engagement en faveur d’une solution à deux États.

Le Conseil européen a également discuté de la relation avec le Royaume-Uni après le Brexit – notamment en ce qui concerne l’Irlande du Nord. Les dirigeants de l’UE ont appelé à la mise en œuvre intégrale de l’accord conclu. Ils se sont également entretenus du sommet UE – États-Unis du 15 juin.

Pandémie de Covid-19

La situation de la pandémie de Covid-19 était à l’ordre du jour du Conseil européen mardi matin. Les chefs d’État et de gouvernement ont salué l’accord sur un certificat de vaccination numérique. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour mettre en œuvre cette mesure, et l’Allemagne y travaille également, a déclaré Mme Merkel. « Cependant, la base juridique est maintenant en place, et cela est important. » En ce qui concerne les variants du virus, l’UE doit réagir encore « plus rapidement et de manière encore plus unie », a affirmé la chancelière. C’est pourquoi il est bon que le Conseil se soit mis d’accord la semaine dernière sur un mécanisme permettant de réagir rapidement et de manière coordonnée aux nouveaux variants.

Les chefs d’État et de gouvernement ont également abordé la question de la distribution des vaccins. « Nous savons que pour maîtriser la pandémie dans le monde entier, tous doivent avoir la possibilité de se faire vacciner », a souligné Mme Merkel. L’Union européenne en est un bon exemple, selon elle. En effet, une grande partie des vaccins produits dans l’UE est destinée à des pays tiers.

En outre, lors du sommet du G20 sur la santé qui s’est tenu à Rome vendredi dernier, l’UE s’est engagée à faire don d’au moins 100 millions de doses de vaccin à des pays tiers d’ici la fin de 2021, a-t-elle ajouté. Mme Merkel a rappelé qu’elle avait promis que l’Allemagne contribuerait à hauteur de 30 millions de doses.

Politique climatique de l’UE

Mardi après-midi, la protection du climat était au centre des discussions. La Commission européenne prépare actuellement le paquet climatique « Ajustement à l’objectif 55 », qu’elle entend présenter le 14 juillet. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a expliqué aux chefs d’État et de gouvernement le large éventail d’actes juridiques qu’il comprendra, a indiqué la chancelière. Une première discussion d’orientation a eu lieu et les propositions sont maintenant attendues. « L’étape intermédiaire était importante car chacun a pu exprimer une nouvelle fois les attentes de son pays vis-à-vis du paquet de la Commission », affirmé Mme Merkel.

Le Conseil européen avait décidé en décembre 2020 que les émissions de gaz à effet de serre devraient être réduites d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Le paquet concerne, entre autres, le système communautaire d’échange de quotas d’émission, la directive européenne sur les énergies renouvelables et les seuils d’émissions de CO2 pour les voitures particulières.

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