Renforcer les droits de l’homme en Europe

Discours de la chancelière Angela Merkel devant le Conseil de l’Europe Renforcer les droits de l’homme en Europe

La chancelière fédérale Angela Merkel a salué le rôle joué par le Conseil de l’Europe dans le renforcement des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit. L’Europe est aujourd’hui le continent où les normes des droits de l’homme sont les plus élevées, a-t-elle déclaré devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. L’Allemagne préside jusqu’en mai le Comité des ministres de l’organisation intergouvernementale.

La chancelière fédérale Angela Merkel pendant son discours

Angela Merkel : la prééminence du droit est une base indispensable pour que les citoyens aient confiance en leur État et en ses institutions

Photo : Bundesregierung/Steins

En ouverture de son discours devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, la chancelière Angela Merkel a évoqué l’adhésion de l’Allemagne à cette organisation il y a 70 ans. Quelques années seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la rupture de civilisation qu’a constitué la Shoah, une main a été tendue à l’Allemagne en signe de réconciliation. « Il s’agissait réellement d’une grande preuve de confiance », a déclaré Mme Merkel. Pour elle, cette adhésion était une étape importante pour que son pays puisse reprendre des responsabilités au niveau international.

Le Conseil de l’Europe est une organisation internationale dont le siège est établi en France, à Strasbourg. Première grande organisation européenne de l’après-guerre, il a été fondé en 1949 et vise principalement à défendre les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit. Il compte 47 États membres. L’Allemagne en fait partie depuis 1950. Elle a pris la présidence de son Comité des ministres en novembre 2020 et assumera cette fonction jusqu’en mai 2021.

Renforcer les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit

Le Conseil de l’Europe s’est toujours fixé pour mission de renforcer les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit, a mis en avant Angela Merkel. La chancelière a cité en exemple l’adoption de la Convention européenne des droits de l’homme en 1950, qui traduisait une nouvelle conception de l’être humain et du rôle de l’État. Elle a également qualifié de « révolutionnaire » la possibilité donnée aux citoyens de poursuivre leur propre pays en justice devant la Cour européenne des droits de l’homme pour faire respecter leurs droits et leurs libertés. « C’est une réalisation dont nous pouvons être fiers », a-t-elle ajouté.

Selon la chancelière, si l’on regarde aujourd’hui en arrière, bon nombre d’espoirs de l’après-guerre concernant un avenir meilleur se sont concrétisés. « L’Europe est aujourd’hui le continent où les normes des droits de l’homme sont les plus élevées. »

Les droits de l’homme mis à rude épreuve

La chancelière a souligné que la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité n’allaient absolument pas de soi dans l’est et aux frontières de l’Europe. Les droits de l’homme et les valeurs fondamentales dont notamment la liberté d’expression et la liberté de la presse sont mis à rude épreuve voire totalement bafoués dans des pays et régions comme le Bélarus, l’Ukraine orientale ou encore la Syrie.

« Autoriser ou simplement ignorer les atteintes aux valeurs et aux droits fondamentaux qui sont au cœur des constitutions des États démocratiques, ce serait accepter que le projet européen lui-même soit remis en question. » L’Allemagne a fait de l’État de droit une priorité notamment l’an dernier durant sa présidence du Conseil de l’Union européenne et fait aujourd’hui de même à la tête du Comité des ministres du Conseil de l’Europe.

La prééminence du droit, une base pour la confiance

L’État de droit est pour Angela Merkel une base indispensable pour que les citoyens aient confiance en leur État et en ses institutions. « La confiance est cependant fugace. Elle doit être regagnée et méritée chaque jour par les représentants de l’État », a-t-elle déclaré.

Selon elle, la confiance est primordiale pour surmonter les crises comme la pandémie de Covid-19. « La pandémie est sans nul doute aussi une épreuve décisive pour nos démocraties. » Les restrictions des libertés individuelles mises en œuvre pour pouvoir lutter contre la pandémie doivent respecter des critères stricts et requièrent une justification particulière. « Elles doivent être limitées dans le temps, nécessaires, adaptées et proportionnées. »

La nécessité d’un ordre mondial fondé sur des règles

Au vu des grands défis de notre époque, Angela Merkel a fait valoir la nécessité d’un ordre mondial fondé sur des règles. Outre la pandémie de Covid-19, elle a évoqué la protection du climat et le développement extrêmement rapide du cyberespace. Le Conseil de l’Europe est là aussi essentiel pour pouvoir défendre les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit, par exemple dans le cadre de l’utilisation de l’intelligence artificielle, qui est une des priorités de la présidence allemande du Comité des ministres.

« Les droits des femmes font partie des droits humains »

La chancelière a aussi parlé de la Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (« Convention d’Istanbul »). En mai aura lieu le dixième anniversaire de sa signature initiale. Mme Merkel regrette profondément le retrait de la Turquie de cette convention. « Les droits des femmes font partie des droits humains. Les violences faites aux femmes ne doivent pas être ignorées », a-t-elle souligné. Angela Merkel a appelé les autres États à promouvoir ce texte et son application systématique.

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