24e Conférence de l’ONU sur le climat à Katowice en Pologne

Adoption de mesures concrètes permettant mise en œuvre et transparence

Lors de la Conférence de l’ONU sur le climat (COP24), la communauté internationale s’est entendue sur des mesures concrètes afin de mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat de 2015. Dans le règlement d’opérationnalisation, les plus de 190 États ont notamment consigné des règles en matière de transparence et d’obligations de rapport.

Über die Köpfe einer Menschenmenge hinweg ist ein mit mehreren Personen besetztes Podium zu sehen, darauf die Flaggen der UN und Polens. Auf einem großen Schild dahinter steht "COP24 Katowice - United Nations Climate Change Conference - Poland 2018"

À Katowice, en Pologne, des étapes concrètes ont été adoptées pour mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat

Photo : Xinhua / eyevine / laif

Outre les mesures adoptées, la communauté internationale salue dans le document final de la COP24 le récent rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui réclame un engagement plus ferme afin d’atteindre l’objectif de 1,5 degré. Voici le détail des mesures convenues :

1) Afin de pouvoir comparer les progrès réalisés en matière de réduction des émissions de CO2, tous les États seront désormais soumis à des normes et à des règles de transparence unifiées. Les pays de l’hémisphère sud se voient octroyer une période de transition durant laquelle ils pourront créer les conditions techniques requises.

2) Les pays industrialisés veulent fournir 100 milliards de dollars par an de 2020 à 2025 afin de soutenir les pays de l’hémisphère sud dans la lutte contre le changement climatique. Cette enveloppe avait déjà été convenue à Paris. À présent, il a été décidé qu’un nouvel objectif de financement plus ambitieux devait être défini avant même 2025. Par ailleurs, les pays industrialisés se sont engagés à remettre tous les deux ans des rapports sur les aides financières pour offrir aux pays bénéficiaires une sécurité de planification.

3) À Katowice, les pays ont réaffirmé la décision prise dans le cadre de l’Accord de Paris d’examiner tous les cinq ans, à partir de 2020, les contributions nationales fixées par chaque pays en vue de réduire les émissions de CO2, et de les améliorer le cas échéant. Désormais, des normes minimales ont été instaurées concernant les informations que ces contributions doivent contenir afin de pouvoir les comparer entre elles.

Le succès des mesures de protection climatique sera lui aussi mesuré selon des règles unifiées et fera l’objet de rapports. Les nouvelles règles s’appliqueront aux pays industrialisés dès 2022 et aux pays émergents et en développement dès 2024. Cela permettra de mesurer à l’échelle mondiale les émissions de gaz à effet de serre selon des normes comparables et d’en rendre compte aux Nations Unies de manière transparente.

De surcroît, une « coalition de la haute ambition », dont font partie l’UE et donc l’Allemagne ainsi que certains États insulaires menacés, a annoncé qu’elle prendrait des mesures supplémentaires afin de revoir à la hausse les objectifs de lutte contre le changement climatique.

4) Déjà à Paris, il avait été décidé de vérifier de manière globale, deux ans avant la mise à jour des mesures nationales, si les objectifs de l’accord avaient été finalement atteints (le fameux Dialogue de Talanoa, connu auparavant sous le nom de « Global Stocktake »). À Katowice, les pays réunis se sont entendus sur les informations à intégrer dans cet état des lieux afin de fournir un tableau aussi complet et réaliste que possible de la situation. Les dommages et les pertes liés au changement climatique seront également pris en compte, ce qui est une bonne chose en particulier pour les États insulaires menacés par la montée du niveau de la mer.

Les États signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques se réunissent chaque année. C’est pourquoi cette convention est également connue sous l’abréviation COP (Conférence des Parties). Dans cette convention, tous les pays industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. C’est la troisième fois que la conférence se tient en Pologne après l’édition de 2008 à Poznań et celle de 2013 à Varsovie.

Le gouvernement fédéral renforce son engagement international

Durant la deuxième semaine de la Conférence de l’ONU sur le climat, le gouvernement fédéral a assuré qu’il élargirait son engagement pour la lutte contre le changement climatique : l’Allemagne augmente son soutien au partenariat pour la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (NDC) de 68 millions d’euros et vient ainsi en aide aux pays émergents et en développement. Telle est l’information communiquée par le ministère fédéral du Développement et le ministère fédéral de l’Environnement. 48 millions d’euros émanent du budget du ministère fédéral du Développement et 20 millions de celui du ministère de l’Environnement.

La ministre fédérale de l’Environnement Svenja Schulze a précisé : « La mise en œuvre des contributions nationales à la protection du climat est le noyau de l’Accord de Paris. Le partenariat NDC permet aux pays concernés de se soutenir mutuellement, d’échanger sur leurs expériences et de s’encourager les uns les autres. »

Depuis sa création par le Maroc et l’Allemagne en 2016, le partenariat NDC s’est étendu à 70 pays émergents et en développement, à 17 pays industrialisés ainsi qu’à 20 organisations internationales.

L’Allemagne renforce de 70 millions d’euros le Fonds d’adaptation

De même, dans la deuxième semaine des négociations sur le climat, Mme Schulze a consenti à ce que le ministère fédéral de l’Environnement débloque 70 millions d’euros supplémentaires pour le Fonds d’adaptation aux changements climatiques. « Par notre soutien au Fonds d’adaptation, nous émettons un signal fort de solidarité. Car ceux qui souffrent le plus du changement climatique sont aussi ceux qui y ont le moins contribué. »

Le Fonds d’adaptation soutient les personnes particulièrement touchées directement sur place à travers des projets innovants et efficaces. Le fonds a déjà approuvé plus de 80 projets et programmes, pour un volume d’aide de 532 millions de dollars américains au total. Des demandes ont été déposées pour 45 autres projets, d’un volume d’aide de près de 335 millions de dollars américains.


Contribution nationale de l’Allemagne

Le gouvernement fédéral exprime son attachement aux objectifs climatiques définis dans l’Accord de Paris sur le climat. Il a pour cela convenu, dans le plan de protection du climat à l’horizon 2050, de trains de mesures et d’objectifs pour tous les secteurs. Afin de mettre l’accord totalement en œuvre, il veut adopter en 2019 une loi garantissant le respect des objectifs de la lutte contre les changements climatiques à l’horizon 2030.

Le gouvernement fédéral a investi l’an passé 3,65 milliards d’euros au total dans la protection internationale du climat et l’adaptation aux changements climatiques

En application des objectifs climatiques, la production d’électricité à partir du charbon doit être progressivement réduite et, pour finir, abandonnée. Cela entraîne des changements structurels et économiques. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a instauré en juin la Commission de réflexion sur l’avenir du charbon allemand, également appelée « commission charbon », qui doit initier une feuille de route pour la sortie du charbon et le changement structurel.

Par ailleurs, l’Allemagne s’engage à l’échelle internationale pour que les prix des émissions de CO2 soient fixés de façon transfrontalière. Cela est également inscrit dans l’accord de coalition.

Doublement de la participation au Fonds vert pour le climat

À l’ouverture de la 24e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24), le gouvernement fédéral a en outre annoncé le doublement de la dotation au Fonds vert pour le climat, qui atteindra 1,5 milliard d’euros. Cette somme sera mise à disposition dès 2019.

Le Fonds vert pour le climat encourage les mesures de réduction et d’adaptation dans les pays émergents et en développement, comme l’aménagement à grande échelle d’énergies renouvelables et la mise en œuvre de solutions de mobilité moins polluantes. Il fait une priorité du soutien aux pays les moins développés, aux petits États insulaires et aux pays d’Afrique.

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