Se battre pour faire avancer le processus de réforme

Face à la crise gouvernementale, l'assertion selon laquelle on ne peut résister aux menaces extérieures qu'en étant stable à l'intérieur de ses frontières n'a jamais été plus vraie. En outre, les accords de Minsk doivent être mis en œuvre.

À son retour de Kiev, le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est exprimé à propos de la situation intérieure difficile en Ukraine : « Il est devenu clair, non seulement vu depuis Paris et Berlin mais aussi après de nombreux entretiens à Kiev, que rien n'est simple sur le plan de la politique intérieure ukrainienne et qu'il faut sans cesse réaliser des progrès dans le processus de réforme ».

Poursuivre rapidement le processus de réforme

Après les événements survenus la semaine dernière, il demeure incertain de savoir si une nouvelle majorité gouvernementale encline aux réformes pourra se former au parlement ukrainien, la Rada, et de quelle façon. « Certains réclament même déjà de nouvelles élections. Nombreux sont les projets de loi du gouvernement Iatseniouk déposés à la Rada qui attendent d'être examinés par le parlement », selon le ministre.

Le 16 février, le premier ministre Arseni Iatseniouk avait échappé à un vote de défiance contre son gouvernement à la Rada. Le 18 février, deux partenaires de la coalition s'étaient retirés du gouvernement : le parti Batkivchtchina (Patrie) de Ioulia Timochenko ainsi que le parti Samopomitch. M. Iatseniouk continue pour l'instant de diriger un gouvernement minoritaire.

M. Steinmeier s'était déplacé à Kiev avec son nouvel homologue français Jean-Marc Ayrault pour des entretiens. Depuis le début de la crise en Ukraine, l'Allemagne et la France coopèrent étroitement dans le but de parvenir à une solution politique pacifique. Les accords de Minsk du 12 février 2015 sont un ensemble de mesures visant à résoudre le conflit étape par étape.

Renoncer aux querelles internes

Dans ce contexte, le message franco-allemand a été une injonction claire à tous les responsables politiques de Kiev « de ne plus perdre davantage de temps maintenant, de renoncer aux querelles politiques et de se concentrer sur la mise en œuvre déterminée du programme de réformes », a résumé M. Steinmeier, cela « dans l'intérêt de l'auto-affirmation d'une Ukraine indépendante et libre ».

Garantir la souveraineté, appliquer les accords de Minsk

Le ministre a ajouté, en référence à la situation précaire dans l'est du pays, où le cessez-le-feu avec les séparatistes demeure encore et toujours fragile : « On ne le dira jamais assez : ce n'est qu'en étant stable à l'intérieur de ses frontières et en assurant l'avenir que l'on peut mieux résister aux menaces extérieures ».

C'est également dans cette perspective que le président américain Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine s'étaient entretenus la veille par téléphone. Ils avaient appelé les séparatistes à respecter le cessez-le-feu et à permettre aux observateurs de l'OSCE un accès complet à la zone frontalière en conflit, comme convenu dans les accords de Minsk. M. Obama a souligné l'importance de parvenir rapidement à un accord conforme aux normes de l'OSCE concernant les élections locales dans l'est de l'Ukraine.