« La coopération au développement est une politique de paix »

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Le chancelier à la réception annuelle de la GIZ « La coopération au développement est une politique de paix »

Lors de la réception annuelle de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), le chancelier fédéral Olaf Scholz a insisté sur la nécessité d’une coopération au développement forte et partenariale avec les pays du Sud.

Temps de lecture: 5 min.

Olaf Scholz s’exprime lors de la réception annuelle de la Deutsche Gesellschaft für internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Le chancelier fédéral Olaf Scholz auprès de la Deutsche Gesellschaft für internationale Zusammenarbeit : « Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons surmonter les grands défis mondiaux. »

Photo : Gouvernement fédéral/Bergmann

Concernant les évolutions mondiales, le chancelier fédéral Olaf Scholz a mis en avant que les pays de la communauté internationale étaient de plus en plus dépendants les uns des autres, que ce soit pour surmonter les conséquences de guerres, pour financer la protection du climat et de l’environnement ou pour prévenir les pandémies.

Des dépendances à l’échelle planétaire

Lors de la réception annuelle de la GIZ, il a déclaré que la pandémie de coronavirus avait par exemple montré qu’un virus ne s’arrête pas aux frontières nationales, mais qu’il avait ouvert de nouvelles discussions et coopérations, « sur des chaînes d’approvisionnement plus résilientes, plus durables, sur la production de vaccins en Afrique, sur un accord international sur la prévention des pandémies ».

La guerre d’agression russe brutale et impérialiste contre l’Ukraine a également mis en évidence le fait que les répercussions ne se limitent pas à l’Ukraine : « Le monde entier les ressent, car les prix de l’énergie augmentent, car les prix de l’alimentation augmentent, car les engrais manquent, car la faim et la pauvreté gagnent du terrain. »

Par ailleurs, des facteurs tels que le changement climatique, la perte de biodiversité, la pénurie d’eau ou les migrations sont intrinsèquement transfrontaliers et ne peuvent être contrés que par la coopération par-delà les frontières, selon M. Scholz.

La coopération au développement dans l’intérêt des deux parties

Pour les populations des pays émergents tels que l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, le Viet Nam, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte ou encore le Mexique, la mondialisation de ces dernières décennies a été un immense succès. Dans un monde multipolaire, ces pays ont désormais « les mêmes revendications de prospérité que nous », a relevé le chancelier.

L’Allemagne doit donc faire partie des pays qui montrent « comment fonctionnent la croissance et le développement socio-économique, sans détruire notre climat et notre environnement », en devenant en 2045 l’un des premiers pays industriels climatiquement neutres, en mettant au point des machines et des technologies de décarbonation et en partageant son savoir-faire propre avec le monde.

Le chancelier a cité pour exemples du potentiel d’une coopération rapprochée les énergies renouvelables, le déploiement d’une économie de l’hydrogène à l’échelle des pays et des continents et la diversification économique.

Créer de l’investissement

Olaf Scholz a fait référence à la nécessité, pour la transformation mondiale, d’investissements de plusieurs milliards provenant des seuls fonds privés : « Cela doit donc être une mission de coopération et de financement du développement que de créer des incitations pour de tels investissements. »

Dans ce contexte, le chancelier a salué le fait que les banques de développement multilatérales changent de cap pour lutter contre la pauvreté, « mais financent aussi davantage des biens publics mondiaux comme la protection du climat et de l’environnement ou la prévention des pandémies ».

Promouvoir le vivre ensemble fondé sur le partenariat

Le chancelier a évoqué ses efforts, sous la présidence allemande du G7 en 2022, pour intégrer d’importants partenaires asiatiques, africains et sud-américains ou encore pour faire de l’Union africaine un nouveau membre du G20 au nom de la « gouvernance mondiale ». Il a souligné à ce sujet : « Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons surmonter les grands défis mondiaux. » Pour cela, l’ensemble de la coopération doit reposer sur le respect et la reconnaissance.

Les reproches émanant des pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes face au paternalisme occidental ou à ses doubles standards ne sont certes pas toujours justifiés, cependant la relation aux pays émergents doit, selon M. Scholz, changer dans certains domaines.

Prenons, par exemple, le cas de la politique commerciale de l’UE : « Il est bien sûr dans notre intérêt que les normes environnementales et sociales soient élevées », a affirmé le chancelier. « Mais au-delà de cela, nous devons aussi prendre en compte les intérêts de nos partenaires et faire des offres attractives. »

Eu égard aux chaînes d’approvisionnement résilientes et à une diversification dans le secteur des matières premières, le chancelier a rappelé que l’offre européenne devait résider dans le partenariat, pas dans l’« extractivisme ». Selon lui, cela créera davantage de valeur sur place et amènera une plus grande sécurité économique en Allemagne, mais conduira aussi à déployer des capacités sur place et à poser un cadre national propice à l’investissement, « intégrant les droits de l’homme et les normes socio-écologiques ».

Poursuivre la consolidation de la coopération au développement

Olaf Scholz a mis en lumière l’important engagement dont l’Allemagne a déjà fait montre : « L’an passé, nous avons à nouveau atteint le taux de 0,7 % d’aide publique au développement. Cela n’est pas un but en soi, mais l’expression d’une politique prévoyante. » Qui plus est, l’Allemagne est d’ores et déjà le deuxième contributeur bilatéral au monde. De ce fait, le gouvernement fédéral est tenu en haute estime, comme on a pu le constater, encore récemment, la semaine dernière à New York.

Le chancelier a encouragé la GIZ à poursuivre sur la voie empruntée et « à rechercher encore plus qu’avant la coopération avec les partenaires européens et internationaux ». Il a cité pour mots d’ordre, outre les stratégies européennes Équipe Europe et Global Gateway, une coopération encore plus étroite avec les Nations Unies et l’adhésion à de nouvelles alliances telles que les partenariats pour une transition énergétique juste du G7.

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) est une organisation de coopération au développement qui agit à l’échelle internationale pour le compte des différents ministères de la République fédérale d’Allemagne. En tant qu’agent de la coopération internationale pour le développement durable et le travail de formation à l’échelon international, la GIZ coopère avec des entreprises, des acteurs de la société civile et des institutions scientifiques. Son principal donneur d’ordre est le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement. Pour plus d’informations : GIZ